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1917, critique dans les tranchées

posté le 24/12/2019

Première grande claque de l’année, 1917 est l’un de ces films dont l’expérience sur grand écran sera marquante à plus d’un titre. Un grand choc physique et émotionnel autant qu’une performance technique époustouflante. Oui, l’année commence bien !

Le parcours de Sam Mendes est étonnant. Démarrant en brocardant l’Amérique avec American Beauty ou Jarhead, il n’hésite pas non plus à explorer les fêlures d’un couple mythique dans les Noces Rebelles et nous aura offert le plus bel épisode de James Bond avec Skyfall avant de s’embourber un peu avec sa suite, Spectre. Après deux blockbusters, il revient avec un film plus personnel mais qui n’en est pas moins ambitieux.

En effet, c’est avant tout le souvenir de son grand-père qui l’incite à se lancer dans la production de 1917 et l’on sentira bien cet aspect « histoire vécue » dans le film. Sur une histoire simple, deux soldat devant traverser le front pour délivrer un message de première importance, le réalisateur nous immerge dans l’horreur des tranchées avec une intensité folle.

 

Mendes et Deakins sur tous les fronts

Bien entendu, tout de suite, c’est la performance technique qui va frapper. L’histoire se déroule en temps réel et en presque un seul (faux) plan séquence. L’épopée des deux soldats est une course contre la montre qui doit tout au génie du directeur photo Roger Deakins. Si le procédé pourrait être un gimmick, il est toutefois indispensable pour véhiculer comme jamais cette impression d’immersion. Et même si on voit les transitions et raccords, certaines scènes sont en elles-mêmes incroyables et l’on se demande bien comment tout cela a pu être filmé, et avec une lumière aussi superbe.

Le pari de Sam Mendes est tenu et nous immerge à chaque instant au cœur de l’horreur. Les tranchées, le no man’s land, les souterrains secrets des allemands ou encore les ruines d’une ville fantôme dévastée et en flammes, tout cela est traversé sans temps mort et avec une caméra qui capte autant la richesse des décors que la sueur des deux soldats qui vont souffrir pendant tout leur voyage.

Immersion et émotion

Mais au delà de la performance technique et de l’immersion, le film ne nous clouerait pas au fauteuil si il n’y avait non plus l’émotion qui s’en dégage. 1917 s’avère aussi intense en nous attachant rapidement à ces deux jeunes soldats qui n’ont jamais demandé à être là et qui vont tout sacrifier pour transmettre un message pouvant sauver 1600 autres combattants, dont un frère perdu de vue. La fraternité entre les soldats ou purement familiale est donc le coeur émotionnel d’un récit qui est aussi traversé d’instants de pure poésie.

Ainsi, la rencontre d’une jeune femme se cachant au coeur des ténèbres, cette image de soldat allemand fantôme dans l’antichambre de l’enfer, ces fleurs de cerisiers sur une rivière amenant à des cadavres sont autant d’instant de repos ou de tension qui marquent les esprits et apportent une émotion qui nous prendra par surprise dans les dernières minutes.

Alternant des plans épiques et d’autres purement intimistes apporte une dimension grandiose à la destinée de deux petits soldats qui portent un poids trop grand. Révélant toute la folie et l’absurdité de cette guerre et apportant une réflexion humaine sur les soldats, 1917 pourrait donc presque être le Soldat Ryan de Première Guerre Mondiale et n’a justement pas à rougir tant il a à offrir. Oui, l’expérience au cinéma est déjà l’un des plus grands chocs de l’année.

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