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Bohemian Rhapsody, critique

posté le 24/10/2018

Freddie Mercury et sa destinée flamboyante au sein du groupe légendaire Queen a enfin le droit à son biopic. Et si Bohemian Rhapsody est réalisé avec une certaine classe et remet en lumière tout le génie du chanteur, il se révèle par contre trop lisse pour convaincre pleinement.

Voilà un projet qui a connu un véritable development hell depuis 8 ans. Passé entre les mains de Sasha Baron Cohen qui voulait quelque chose de trash, de Dexter Fletcher (Eddie the Eagle) avec Ben Wishaw ou enfin de Bryan Singer finalement renvoyé en plein milieu de tournage (mais tout de même crédité alors que Fletcher est finalement revenu à la barre), empêtré dans des affaire scabreuses et une mésentente avec son comédien principal Rami Malek.

Mais tout de mĂŞme, Bohemian Rhapsody finit par voir le jour et nous est maintenant offert. Et le pari est grand puisqu’il s’agit de rĂ©ssuciter Freddie Mercry, son gĂ©nie et son charisme, sur grand Ă©cran, de la naissance du groupe jusqu’au concert lĂ©gendaire du Live Aid, soit 15 ans d’exploration musicale et d’errance personnelle pour le leader du groupe.

Evidemment la première question qui se pose, Rami Malek est-il Ă  la hauteur pour interpĂ©ter le showman le plus queer et rock’n’roll d’angleterre ? Clairement oui. L’acteur de Mr Robot retranscrit bien les manières, la diction, mais surtout le body language sur scène du chanteur, tout autant que ses manies crĂ©atrices. Il n’y a pas Ă  dire, il est bien investi et son Ă©nergie se ressent pendant tout le film. Sa sexualitĂ© et le Sida ne sont d’ailleurs pas du tout Ă©vacuĂ©s du film et sont mĂŞme traitĂ©s avec une certaine dĂ©licatesse, sans jamais ĂŞtre vulgaire.

Le souci se trouve d’un autre cĂ´tĂ©, car si les acteurs sont bien Ă  leur place et ressemblent clairement Ă  leurs modèles sans les singer, dès qu’il s’agit de musique, c’est plus dĂ©licat. Effet, jamais nous n’avons l’impressions qu’ils jouent vraiment. Voix en playback de Freddie Mercury, très peu de plans sur les doigts jouant de la guitare, … on a ici rĂ©gulièrement l’impression que les acteurs ne savent pas jouer (en tout cas ce n’est pas montrĂ©), et c’est très frustrant pour un film oĂą la musique est primordiale. Les notes de transpirent jamais Ă  travers l’Ă©cran. Alors certes, entendre les titres les plus connus de Queen Ă  fond fait toujours plaisir (et lĂ  on est bien servis), mais ça semble assez superficiel.

Comment rendre Queen superficiel ?

Ca l’est d’autant plus que cĂ´tĂ© histoire, si les principaux aspects de la vie de Mercury sont abordĂ©s, on a par contre l’impression que tout se passe facilement pour le groupe. Un succès immĂ©diat, pas de dispute sur le nom, ou des altercations rĂ©glĂ©es en 30 secondes pour concevoir des morceaux. C’est beaucoup trop simple pour un groupe de gĂ©nies passionnĂ©s de musique et on sent bien que les survivants de Queen sont Ă  la production et ne dĂ©sirent pas Ă©corner leur image et prĂ©fèrent justement glorifier un peu plus Mercury. Et au bout d’un moment, le cirage devient un peu trop voyant.

Un cirage qui est accentuĂ© par des choix de rĂ©alisation qui sentent bien le changement de rĂ©alisateur et quelques reshoots. En effet, il y a parfois des sĂ©quences Ă  la rĂ©alisation inspirĂ©e, des instants mĂŞme poĂ©tiques ou qui rappellent l’ambiance un peu psychĂ© des 70’s et surtout, un ensemble qui reste assez classe. Et Ă  d’autres moments, on sent que quelque chose n’est pas terminĂ© et reste un peu plat. Et c’est malheureusement le cas du concert final oĂą l’on sent un peu trop la rĂ©alisation resserrĂ©e avec parfois des plans d’ampleur, d’autre fois des plans qui ont l’impression de se concentrer sur un plateau tv avec un fond vert et des milliers de figurants bien virtuels. Cela alterne donc le chaud et le froid.

Au final ce Bohemian Rhapsody galvanisĂ© par les titres des Queen et des acteurs qui ont envie de bien faire nous fait passer un moment fort agrĂ©able et nous donne clairement envie de rĂ©Ă©couter le best of du groupe. Mais pour les puristes du groupe et de cinĂ©ma, l’ensemble se rĂ©vèlera trop lisse pour convaincre.

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