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BlacKkKlansman, critique

posté le 13/08/2018

Grand Prix dĂ©livrĂ© par le jury du Festival de Cannes cette annĂ©e, ce n’est pas parce qu’il sort en plein coeur de l’Ă©tĂ© que BlacKkKlansman devrait ĂȘtre ignorĂ©. En effet, Spike Lee y montre toujours son engagement. Au delĂ  de la coolitude parfois hilarante du film se cache une rĂ©alitĂ© toujours glaçante !

RĂ©alisateur engagĂ© depuis le dĂ©but de sa carriĂšre, Spike Lee n’a eu de cesse d’Ă©tudier et dĂ©montrer dans son cinĂ©ma comment vivent les minoritĂ©s, opprimĂ©e par la classe WASP des Etats-Unis qui ne se sont jamais remis de la guerre de secession. Et mĂȘme si il lui arrive de remplir des commandes (comme Inside Man ou rĂ©cemment le remake de Old Boy), ce n’est que pour mieux financer ensuite ses films au discours plus marquĂ©.

Et BlacKkKlansman arrive Ă  marier ses deux aspects. D’un cĂŽtĂ© nous avons un film dĂ©calĂ© avec cette situation inconoclaste oĂč un flic noir arrive Ă  inflitrer l’organisation du Ku Klux Klan. De l’autre nous un film social adaptĂ© d’une histoire vraie et qui rĂ©sonne avec l’actualitĂ© rĂ©cente et trumpesque.

 

L’enquĂȘte Ă  la cool

Fin des 70’s, Ron Stallworth est le premier flic afro-amĂ©ricain de Colorado Springs et sa prĂ©sence dans les forces de l’ordre n’est pas toujours bien vĂ©cue par ses Ă©quipiers. Cela donne dĂ©jĂ  lieu Ă  un dĂ©calage qui faire rire jaune. Mais Ron ne se laisse pas abattre et devient rapidement membre du bureau d’enquĂȘte. Il se lance alors comme mission de faire bouger les lignes et entre en contact avec le Ku Klux Klan. C’est le dĂ©but d’une enquĂȘte qu’il va mener avec son compĂšre Flip Zimmerman.

Tout de suite, l’usage d’une BO cool, de rĂ©fĂ©rences Ă  la blackxploitation, et le trait Ă  peine forcĂ© sur les rĂ©actions de collĂšgues ou remarques ultra-racistes des suprĂ©masistes face au stoĂŻcisme de Ron dĂ©tendent l’atmosphĂšre. L’enquĂȘte improbable devient aussi passionnante qu’hilarante lorsque ce flic noir est forcĂ© d’adopter une posture de grand raciste. Les Ă©changes tĂ©lĂ©phoniques sont Ă  ce titre d’une drĂŽlerie folle et sacrĂ©ment osĂ©e. En utilisant ce ton de maniĂšre parfaitement maĂźtrisĂ©e, Spike Lee nous invite facilement dans son film et trouve le moyen de entrainer dans son combat.

Rappel d’une actu glaçante

Mais il ne faut pas oublier que Spike Lee a un message Ă  faire passer. Si il mentionne la blackxploitation c’est pour mieux en dĂ©monter le principe, tout comme les rires de la situation incitent aussi Ă  y rĂ©flĂ©chir. Il montre aussi la difficultĂ© pour un flic noir de trouver sa place entre les mouvent de revendiction des droits et son appartenance aux forces de l’ordre.

Ainsi, BlacKkKlansman est un film particuliĂšrement riche qui donne Ă  voir plusieurs aspects de cette lutte. D’un cĂŽtĂ© cette lutte ouverte d’un mouvement, de l’autre l’infiltration pour changer le systĂšme de l’intĂ©rieur. Et il rappelle aussi que le KKK n’est pas que contre les noirs mais que les juifs sont Ă©galement visĂ©s. Et bien aprĂšs la blague et les instants trĂšs drĂŽles ou Ă  la cool qui nous sont offerts, le rĂ©alisateurs nous ramĂšne dans son final Ă  une brusque rĂ©alitĂ©. Des images actuelles qui font froid dans le dos et nous rappellent Ă  cette lutte qui n’est absolument pas terminĂ©e.

ComĂ©die cool au premier abord pour mieux faire passer le choc de la rĂ©alitĂ©, BlacKkKlansman est une bonne rĂ©ussite de Spike Lee en pleine forme qui trouve le parfait dosage pour faire rĂ©flĂ©chir son public. Un prix cannois qui n’est pas volĂ©.

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