Accueil > Cinéma, Culte du dimanche > Culte du dimanche : Star Wars – Episode 2 – L’Attaque des Clones

Culte du dimanche : Star Wars – Episode 2 – L’Attaque des Clones

posté le 05/04/2015 FredP

Le grand événement ciné de la fin d’année sera le retour de Star Wars. Du coup, tous les 2 mois, on revient sur l’un des épisodes de la saga. Et après le difficile épisode 1 en février, on attaque logiquement le mois d’avril avec l’Episode 2 – l’Attaque des Clones. Ça commence à devenir intéressant, mais c’est loin d’être encore passionnant.

Malgré des critiques mitigées, surtout auprès des fans de la première heure, le succès énorme au box office de la Menace Fantôme a conforté George Lucas dans son entreprise de trilogie préquelle de Star Wars. Comme prévu, le second volet peut donc voir le jour en étant déjà presque remboursé afin de raconter de quelle manière la République déjà corrompue va se transformer petit à petit en Empire galactique. Ce Star Wars – Episode 2 – l’Attaque des Clones est donc un volet de transition vers le grand final qui nous attendra dans un 3e épisode qui verra enfin tous les événements basculer.

Mais nous n’en sommes pas encore là et ce 2e film sorti en 2002 débute quelques années après la mort de Qui-Gon Jinn et le retour des Siths dans les méandres de la Force. Padmé Amidala maintenant sénatrice est victime d’un attentat et Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker (qui a bien grandi) sont chargés de sa protection. Un premier événement qui va les conduire à découvrir de nombreux secret comme une armée de clones en construction ou la révélation d’un nouveau seigneur sith qui programme déjà une guerre.

L’intrigue politique de Star Wars commence ici à devenir intéressante. En effet, alors que ce n’était que vaguement abordé dans le premier volet, ici nous plongeons dans les méandres du sénat et dans les machinations du côté obscur qui manipule les politique de la république tout comme les séparatistes afin de créer les condition d’une guerre et parvenir ainsi au pouvoir. On sent bien que les choses se mettent en place (parfois laborieusement, Lucas étant toujours un peu brouillon dans son écriture) et, si cela était mieux écrit et mis en scène, nul doute que cela pourrait vraiment être passionnant. D’autant plus que les Jedi commencent à révéler leur faiblesse, les forçant à redoubler de vigilance alors qu’ils avaient peut-être une trop grande confiance en eux.

Si le contexte est intéressant, il ne faut toutefois pas oublier que cette prélogie conte aussi l’histoire d’Anakin Skywalker qui est maintenant un padawan talentueux mais trop ambitieux pour devenir un véritable noble jedi. Le jeune homme a trop de colère et de passion en lui, ce qui en fait un combattant redoutable mais imprévisible. On sent bien qu’il peut basculer du côté obscur et la mort de sa mère et le massacre qui s’en suit ne va faire que tracer cette route malgré les sentiments bienveillants de son mentor et de sa dulcinée. Joué comme un ado en pleine crise par un Hayden Christensen anti-charismatique jamais dirigé par un George Lucas qui n’a que faire de ses acteurs (Ewan McGregor et Natalie Portman sont les premiers à s’en plaindre, devant se débrouiller comme ils peuvent pour apporter un peu de consistances à leurs personnages).

Lucas n’est d’ailleurs pas plus à l’aise avec ses acteurs qu’avec la romance. En effet, l’Attaque des Clones est l’occasion de raconter l’histoire d’amour passionné (qui verra une fin forcément tragique ensuite) entre Padmé et Anakin. Mais chaque scène de cet aspect se révèle instantanément ridicule, des dialogues aux situations (un pique-nique à la petite maison dans la prairie ridicule, un tête à tête gêné au coin du feu) en passant par des acteurs sans alchimie, tout cela franchit régulièrement la limite du ridicule et donne à la saga certaines de ses scènes les plus embarrassantes, aux côté de celles avec Jar Jar Binks. Une fois encore, seul John Williams arrive à donner un tant soit peu de noblesse à ces sentiments avec le magnifique thème musical Across the Stars.

Et George Lucas n’a pas finit de tourner les choses en ridicule. Autant l’apparition de Django Fett (père de Boba Fett) est acceptable et les jedi livrant bataille dans une arène était une moment attendu, autant le passage beaucoup trop long dans la fabrique de droïdes ou le combat au sabre laser de Yoda sautant comme un cabri sont parfois très limites. Et c’est dommage car à côté de ces moments gênants, il y en a d’autres qui ont toute leur place. Le design de planètes comme Kamino est intéressant, le duel entre Anakin et Dooku est sombre comme il faut et la poursuite entre Fett et Obi-Wan dans un champ d’astéroïdes est parfaitement orchestrée, tout comme la grande bataille finale entre les armées des séparatistes et des droides digne d’un grand film d’animation épique réalisé par ILM fait presque office de film dans le film.

Il y a donc de très bons moments dans ce 2e Star Wars qui n’hésite pas à faire dans des cadeaux aux fanboys et à développer un contexte politique de plus en plus intéressant. Cependant, encore une fois, George Lucas s’est pris les pieds dans le tapis en travaillant tout seul sur un scénario brouillon, avec une réalisation toujours aussi plate qui ne doit son dynamisme qu’aux techniciens d’ILM particulièrement bons pour livrer ce qu’il faut comme moneyshots, en tournant en ridicule une romance qui aurait pu être l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma et en laissant ses acteurs à la dérive. Il faudra alors attendre la fin de cette trilogie pour vraiment retrouver un film dense et tenu avec ce qu’il faut d’émotion et d’intrigues.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. Pas encore de commentaire