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A la Poursuite de Demain (Tomorrowland), critique

posté le 25/05/2015 FredP

La magie de Walt Disney était toujours de combiner progrès technique et émerveillement, apportant alors à tout le monde l’espoir de vivre dans un monde meilleur. C’est cet esprit que Brad Bird retrouve avec A la Poursuite de Demain (Tomorrowland en vo), pour rallumer la flamme de l’imagination chez les rêveurs. Un film original et optimiste indispensable dans notre présent qui broie du noir.

Quand Walt Disney créé Disneyworld, il propose plusieurs univers dont celui de Tomorrowland, inspiré par la science-fiction et les avancées technologiques. En Floride, il ira même jusqu’à concevoir Epcot, qui aurait dû devenir une cité où tous les plus brillants esprits de la Terre auraient pu mettre leurs connaissances en commun pour imaginer de quoi serait fait notre avenir. Malgré toute son ambition et son savoir-faire, ce rêve ne sera jamais devenu réalité mais son esprit visionnaire restera tout de même dans toutes les mémoires.

C’est en tombant sur une boite d’archives datée de 1952 que le scénariste Damon Lindeloff (Lost, Prometheus, qui, je vous rassure tout de suite, maîtrise cette fois bien mieux son histoire) a alors l’idée d’un film nous amenant à retrouver cet esprit et à explorer un nouveau monde de connaissance. Le studio a alors l’excellente idée de proposer cette histoire à Brad Bird qui a déjà excellé avec les optimistes et rétros le Géant de Fer et les Indestructibles tout en montrant qu’il maîtrisait le live et l’action avec Mission : Impossible Protocole Fantôme. Tout est sur les rails pour nous faire rêver et avoir l’un des projets les plus originaux de l’année de la part des gros studios hollywoodiens.

Et c’est bien le cas. Dès le début du film, deux visions s’affrontent, celle d’un adulte cynique et désabusé qui tente de nous avertir sur la fin du monde puis celle d’une adolescente encore optimiste et qui se demande surtout comment faire pour remédier à tout ce qui va mal plutôt que d’en faire le triste constat de manière résignée. Puis nous replongeons dans le passé de cet adulte, à la foire internationale de New-York en 1964 à laquelle avait d’ailleurs beaucoup participé Disney (en y présentant notamment It’s a Small World). Il y avait alors un véritable enthousiasme pour le futur, une vision optimiste qui s’est depuis perdue. Et c’est cette vision que va s’évertuer à retrouver le film au travers du regard de cette jeune fille qui n’a pas vécu les chocs pétroliers et la guerre froide des années 70-80 qui on détruit cet optimisme.

Avec un rythme étrange ne correspondant pas au standard des blockbusters actuels (le morceau de bravoure se trouve surtout au milieu du film avec ce décollage magique de la Tour Eiffel que vous pouvez déjà voir dans la bande-annonce), le film privilégie surtout ses personnages cherchant à se rendre à Tomorrowland pour découvrir ce qui cloche dans notre monde. Entre robots, références disneyiennes mais aussi et surtout à l’esprit des grands inventeurs comme Eiffel ou Edison et saupoudré d’un esprit Amblin bienvenu, A la Poursuite de Demain émerveille régulièrement et n’hésite pas à égratigner l’image des geeks robots pour rappeler qui sont les véritables rêveurs qui ont construit le monde.

Si le final semble un peu expédié avec un « méchant»  qui n’est pas un grand obstacle et une cité qui ne sera pas du tout explorée, il n’empêche pas que ce Tomorrowland brille par la réalisation de Brad Bird qui se montre tour à tour efficace ou émouvante, par la prestation d’un George Clooney impeccable, par la révélation d’une Britt Robertson attachante et déterminée et par un esprit inventif qui ne s’arrête jamais (la première découverte de Tomorrowland est fantastique). On ressort du coup du film avec cette volonté de rêver à nouveau à un futur meilleur, tout en se disant qu’on a surement vu le plus bel hommage à l’esprit de Walt Disney.

Dans Interstellar, Nolan posait maladroitement la question sur l’abandon de la conquête spatiale en faisant un film sombre et pessimiste, ici Brad Bird retrouve l’émerveillement qui est le premier moteur des rêveurs pour nous faire regagner les étoiles. Et même si c’est un peu naïf de le dire, si il y avait plus de film de ce genre, nul doute que le monde s’en porterait mieux.

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