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Quand vient la Nuit, critique

posté le 17/11/2014 FredP

Petit polar de quartier, Quand vient la Nuit n’a pas grand chose d’original mais grâce Ă  Tom Hardy et son petit chien, devient tout de suite très attachant.

Après la grosse claque de Bullhead, le rĂ©alisateur belge MichaĂ«l R. Roskam s’exporte dĂ©jĂ  aux Etats-Unis pour mettre en scène un petit polar se dĂ©roulant dans le quartier de Brooklyn d’après une nouvelle de Dennis Lehane (Ă  qui on doit dĂ©jĂ  les histoires de Mystic River, Gone Baby Gone et Shutter Island, rien que ça) qui Ă©crit d’ailleurs lui-mĂŞme le scĂ©nario. Et pour couronner le tout, il a le droit Ă  un casting Ă  moitiĂ© europĂ©en qui ne manque pas de caractère avec Tom Hardy, James Gandolfini (pour son dernier rĂ´le), Noomi Rapace et Matthias Schoenaerts (fidèle Ă  sont rĂ©alisateur).

Pourtant l’histoire n’est pas follement originale. Ici, nous faisons la connaissance de Bob, un barman solitaire qui tente d’Ă©viter de se meler des histoires des mafieux locaux tout en faisant partie du système. Un soir, il recueille un chiot cachĂ© dans un poubelle. Lorsque son propriĂ©taire dĂ©barque pour le rĂ©cupĂ©rer, ça commence Ă  mal tourner, d’autant plus que son patron qui en a marre d’avoir la mafia sur le dos de son bar manigance un sale coup.

L’histoire n’est donc pas incroyable, et manque clairement d’ampleur, se dĂ©roulant presque toujours entre le bar et le domicile de Bob et alignant les clichĂ©s comme le flic, la femme dont Bob pourrait tomber amoureux, les petits mafieux menaçants. Le rĂ©alisateur a du mal Ă  trouver le moyen d’installer une atmosphère menaçante, une ambiance qui donnerait vraiment de la personnalitĂ© Ă  son film pour se dĂ©marquer de toutes les autres histoires du genre. Le rĂ©cit plutĂ´t tranquille ajoutĂ© Ă  cette mise en scène relativement transparente qui fait simplement le boulot sont donc clairement pas les points forts du film.

Mais lĂ  oĂą le film s’en sort, c’est grâce  ses personnages, tous solitaires et tous en recherche d’une certaine reconnaissance, de Gandolfini Ă  Schoenaerts, ils veulent tous se faire une place, montrer qui ils sont et cela peut avoir des consĂ©quences tragiques. Et au milieu de ses personnages ressort Ă©videmment Bob, incarnĂ© par un Tom Hardy qui lui confère une sensibilitĂ© comme on en a rarement vu chez lui, accompagnĂ© de son chien trop mignon pour ĂŞtre vrai. L’acteur donne Ă  son personnage une attitude qui le ferait presque passer pour un simplet, qui semble ĂŞtre passĂ© Ă  cĂ´tĂ© de sa vie, et qui pourtant est beaucoup plus lucide qu’il n’y parait sur la vie de son quartier et la manière de garder sa petite vie. On s’y attache donc tout de suite et c’est bien ce qui nous permet de suivre tout le film, malgrĂ© ses longueurs.

Il n’y a donc au final pas grand chose Ă  dire sur Quand vient la Nuit qui n’a rien d’original, de surprenant, que ce soit dans son rĂ©cit ou son travail de rĂ©alisation juste au service de ses personnages. Mais il y a tout de mĂŞme ce personnage campĂ© par Tom Hardy qui est suffisamment attachant pour le suivre pendant 1h45. C’est dĂ©jĂ  ça.

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