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Lucy, critique

posté le 11/08/2014 FredP

Luc Besson est de retour Ă  la SF et va tenter d’Ă©tendre notre esprit. Ultra prĂ©tentieux, bavard, lourd et particulièrement bĂŞte, rien ne pourra sauver Lucy.

Après son weekend ratĂ© en Normandie avec Robert DeNiro et Michelle Pfeiffer, Luc Besson revient dĂ©jĂ  avec ce qui s’annonce comme le plus gros budget d’Europacorp (il faudra d’ailleurs nous expliquer oĂą il est passĂ©), un film de SF avec la star Scarlett Johansson que le rĂ©alisateur imagine particulièrement intelligent et posant des tas de questions sur l’humanitĂ© et le sens de la vie (apparemment, produire the Tree of Life de Terrence Malick et des docus comme Home lui a donnĂ© quelques nouvelles vellĂ©itĂ©s en mĂŞme temps qu’un bon lot de stock shots Ă  intĂ©grer dans son film). Mais n’allons pas trop vite car le film dĂ©bute pendant 30 minutes avec une traditionnelle histoire de mafia Ă  la Besson que l’on pourrait croire tout droit sortie du Transporteur. Scarlett avec une mallette qui doit faire face Ă  une bande de mafieux taĂŻwanais. Elle devient alors une mule pour ramener de la drogue au pays mais le sachet implantĂ© dans son estomac se dĂ©chire et la drogue se rĂ©pand dans son corps, faisant d’elle une surhumaine qui pourrait accĂ©der Ă  100% de ses capacitĂ©s cĂ©rĂ©brales.

Pendant ce temps, depuis 30 minutes, Morgan Freeman tient une confĂ©rence sur cette fumeuse thĂ©orie selon laquelle l’ĂŞtre humain n’utilise que 10% de son cerveau en long, en large et en travers pour qu’on comprenne bien ce qui arrive Ă  notre hĂ©roĂŻne qui va accĂ©der Ă  un nouveau niveau de connaissances et de conscience. En soi, utiliser cette hypothèse pour un film de SF est plutĂ´t sympathique et permet d’explorer pas mal de choses, le problème est que Besson le fait avec beaucoup de maladresse et de prĂ©tention avec des tics de rĂ©alisation souvent irritants qui gâchent toujours les quelques bonnes idĂ©es qu’il pouvait avoir.

Ainsi, on n’Ă©chappe pas au cĂ´tĂ© mafieux dont on se fiche rapidement dans la seconde partie du film et qu’il se traĂ®ne comme un boulet, on aura une poursuite auto dans les rue de Paris rĂ©alisĂ©e comme du vulgaire Taxi et il ne cesse d’expliquer sans arrĂŞt ce qu’il se passe pour notre hĂ©roĂŻne, prenant toujours son public pour des idiots. Pourtant il y a de bonnes choses comme cette envie de remonter aux origines de notre espèce et de voir au delĂ , de transformer Lucy en semi-dĂ©esse (avant qu’elle ne finisse en vulgaire clĂ© USB) avec tout ce que cela implique d’oubli de sentiments humains pour une cause supĂ©rieure : la transmission du savoir. Il y a mĂŞme de bonnes idĂ©es visuelles Ă  certains instants. Et ces bonnes idĂ©es confèrent Ă  Besson une trop grande confiance qui donne Ă  son film une prĂ©tention qui atteint parfois le sommet du ridicule.

Car Ă  force de vouloir montrer toute son intelligence, le film n’a finalement plus grand chose d’original Ă  raconter et oublie toutes les maladresses qu’il se traĂ®ne Ă  cĂ´tĂ© et qui le font plutĂ´t ressembler Ă  un gloubiboulga dans lequel le rĂ©alisateur a voulu caser un maximum de concepts sans aller au bout des choses. On retiendra alors surtout de certaines sĂ©quences, la mauvaise exploitation des capacitĂ©s de Lucy, des effets visuels trop voyants et des rĂ©actions qui n’ont rien de naturel de la part des personnages, … bref, beaucoup de choses qui rendent le film particulièrement ridicule alors qu’il montre sans cesse qu’il veut se prendre au sĂ©rieux. MĂŞme Scarlett Johansson pense alors jouer dans un grand film, futur classique de la SF alors qu’il sera vite rangĂ© dans les bacs Ă  promo de supermarchĂ© Ă  cĂ´tĂ© des autres productions Besson comme Taken.

Prenant sans arrĂŞt son public pour des attardĂ©s en voulant dĂ©montrer une intelligence qu’il n’a certainement pas malgrĂ© quelques bonnes idĂ©es, Lucy se vautre donc lamentablement dans le ridicule d’une histoire qui n’Ă©chappe jamais aux tics de son rĂ©alisateur. Il est bien loin le temps oĂą Besson maĂ®trisait ses histoires et ses personnages avec un respect du public.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. E.T
    12/08/2014 Ă  19:39 | #1

    Un nanar de plus, d’autant que s’il l’on utilisait seulement que 10% de nos capacitĂ©s on arriverait mĂŞme pas Ă  manger un yaourt.. @+ dans une autre galaxie !!!

  2. FredP
    12/08/2014 Ă  20:12 | #2

    complètement. Donc si ils voulait utiliser cette hypothèse fumeuse, il aurait mieux fait de la traiter d’une autre manière ;)

  3. moi
    23/08/2014 Ă  14:16 | #3

    mais vous etes vraiment dĂ©bile, faut vous renseigner hein, l etre humain n utitlise que 10% de ses capacitĂ© et c vrai… bande d’inculte…

  4. FredP
    23/08/2014 Ă  15:06 | #4

    je ne sais pas trop si la remarque est humoristique lĂ . Dans le doute > http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_l‘utilisation_incompl%C3%A8te_du_cerveau ;)

  5. Brain
    24/08/2014 Ă  23:17 | #5

    oh mon dieu que d’intelligence je suis Ă©bloui vite mes lunettes de soleil !!!!