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Culte du dimanche : Garden State de Zach Braff

posté le 10/08/2014

Avec la sortie de son nouveau film, Le R√īle de ma Vie, c’est l’occasion de revenir sur le premier film de Zach Braff sorti il y a d√©j√† 10 ans et devenu le portrait culte d’une g√©n√©ration sous anti-d√©presseurs : Garden State.

Au d√©but des ann√©es 2000, Zach Braff commence √† se faire connaitre gr√Ęce au succ√®s de la s√©rie Scrubs due, en grande parie, √† sa personnalit√© dr√īle et en m√™me temps m√©lancolique. L’acteur va alors en profiter pour r√©aliser son premier long-m√©trage de mani√®re ind√©pendante. Un premier film dans lequel il va beaucoup se livrer en jouant √©galement le personnage principal, acteur rat√© et serveur de retour dans sa bourgade natale du New Jersey pour les fun√©railles de sa m√®re. Il va alors devoir renouer avec son p√®re avec qui il a toujours entretenu une relation difficile, retrouver d’anciens camarades qui n’ont pas vraiment grandit ou fait des choix de carri√®re bien int√©ressant, et surtout rencontrer une jeune fille qui semble avoir les m√™mes soucis √©motionnels que lui.

Beaucoup d’√©l√©ments auto-biographiques se retrouvent dans le film qui font √©cho aux soucis d’une g√©n√©ration de jeunes de la vingtaine qui peinent √† trouver un sens √† leur vie, se remettant souvent en question quand √† leur carri√®re ou leurs relations. Ici, il montre un jeune homme qui a finalement les m√™mes soucis que tout le monde. En soi, cette histoire n’a pas grand chose original puisqu’il s’agit d’une traditionnelle histoire de retour aux sources pour un nouveau d√©part (Rencontres √† Elizabethtown de Cameron Crowe jouera sur ce m√™me registre l’ann√©e suivante). Cependant, Zach Braff y glisse tellement de sinc√©rit√©, qu’il ne peut √™tre que touchant et r√©sonner dans l’esprit des spectateurs.

Pour un premier film, le r√©alisateur arrive √©galement √† trouver un casting impeccable qui fera vivre chacun des personnages secondaires l√©g√®rement excentriques loin des clich√©s. Ainsi Natalie Portman (qui cherchait alors √† s’√©chapper un instant de Star Wars), Ian Holm et Peter Sarsgaard sont tour √† tour remplis d’un spleen m√©lancolique et de regards touchants sur leur vie peu palpitante du New Jersey, des r√™veurs qui se refusent √† vivre leurs r√™ves en restant coinc√© dans leur ville natale, n’arrivant pas √† sortir du cocon. Oui, il s’agit d’une petite s√©ance chez le psy pour le r√©alisateur qui devient finalement le portrait d’une g√©n√©ration qui n’a finalement rien d’exceptionnel et doit apprendre √† vivre ainsi.

On remarquera √©galement que Zach Braff opte tout de suite pour un style tr√®s m√©lancolique avec une r√©alisation pr√©cise qui fourmille de d√©tails et qui travaille la composition des plans pour obtenir des effets tristement comiques ou qui permettent de mieux cadrer les personnages et les instant qu’ils vivent, comme si ils √©taient uniques. Son film b√©n√©ficie donc d’un grand soin dans ses images, autant qu’avec la bande-originale qu’il utilise. Ici, les titres de Coldplay, Simon & Garfunkel, the Shins, … servent √† suspendre certains moments et nous laisser dans cette atmosph√®re n√©vros√©e et tendre pendant tout le film en faisant ais√©ment passer une love story plus conventionnelle.

Le r√©sultat est tr√®s appr√©ci√© et m√™me grandement salu√© pour un premier film parfaitement ma√ģtris√©. Le succ√®s public sera √©galement pr√©sent puisqu’en ayant co√Ľt√© seulement 2,5 millions de dollars, il en rapportera plus de 35 millions, b√©n√©ficiant d’un excellent bouche √† oreille et d’une belle reconnaissance dans les festivals de films am√©ricains ind√©pendants, offrant alors rapidement et de mani√®re bienveillante √† Garden State le statut de film culte et √† son r√©alisateur-acteur Zach Braff une v√©ritable base d’inconditionnels qui le soutiendront encore aujourd’hui pour son nouveau film.

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