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White House Down, critique

posté le 04/09/2013 FredP

Roland Emmerich fait encore exploser la Maison Blanche ! Une vĂ©ritable manie chez l’allemand qui aime s’adonner au blockbuster bourrin. Et ici, White House Down mĂ©rite sa place sur l’Ă©tagère des plaisirs coupables.

A dĂ©faut d’avoir tentĂ© la Chute de la Maison Blanche d’Antoine Fuqua, la dernière prise d’otage de la Maison Blanche qui nous a marquĂ© est sans aucun doute celle de la 7e saison de 24. Et c’est bien de ce cĂ´tĂ©, ajoutant des Ă©lĂ©ments au film qui a tout donnĂ© au genre (le premier Die Hard Ă©videmment), que va se tourner Roland Emmerich qui revient Ă  l’action après avoir donnĂ© dans le thriller historique Anonymous. Reprenant tous les clichĂ©s du genre, il ne faudra pas attendre beaucoup d’originalitĂ© du scĂ©nario qui voit donc un garde du corps faire la visite de la Maison Blanche Ă  sa fille pour se rapprocher d’elle. Manque de chance, au mĂŞme moment un groupe de terroristes dĂ©barque dans l’intention de prendre le prĂ©sident en otage. Ce garde du corps auquel tout le monde va s’identifier mais qui reste un sacrĂ© dur Ă  cuire devra donc secourir sa fille mais aussi le prĂ©sident.

Sans jamais avoir la prĂ©tention de dĂ©livrer un film un tant soit peu intelligent, Roland Emmerich assume complètement la bĂŞtise du scĂ©nario et va mĂŞme carrĂ©ment en jouer pour amuser le spectateur et lui procurer un vrai plaisir coupable. Il faut dire que le rĂ©alisateur manie bien ces situations qu’il met en scène dans ses films depuis plus de 15 ans. Nous n’Ă©chapperons donc pas Ă  ses traitres qui se rebellent contre leurs pays, Ă  un patriotisme aigu appuyĂ© par des restes d’obamania, Ă  la gamine intelligente qui va devenir star des mĂ©dias, au hĂ©ros sans peurs qui va montrer sa valeur, au prĂ©sident super cool mĂŞme en baskets, aux vilains hargneux, Ă  la fausse mort de justesse, aux explosions et Ă©videmment, au rĂ©pliques d’une grand profondeurs telles que « touche pas Ă  mes Jordan’s» ), … Tout est attendu et se produit comme on le prĂ©voyait, ça fera un bon quizz entre amis Ă  sa sortie en vidĂ©o.

Mais comment peut-on accrocher Ă  un scĂ©nario aussi bĂŞte, simpliste et prĂ©visible ? Simplement par l’ironie que le rĂ©alisateur dĂ©gage du film avec un enthousiasme communicatif, aidĂ© en cela par Channing Tatum et Jamie Foxx qui semblent surtout ici s’amuser au milieu des gunfights et autres explosions. Alors que le premier se prend pour John McClane avec son marcel, le second endosse le costume d’un prĂ©sident Ă  la cool dont sa seule manière d’utiliser un lance-roquette est Ă  mourir de rire. L’autre atout d’Emmerich est Ă©videmment son sens du rythme. Sur 2h15, il enchaine les retournements de situations rocambolesques et fait monter l’histoire en pression, de simples combats jusqu’Ă  l’utilisation d’avions de chasse en passant par la poursuite en limousine dans les jardins de la maison blanche (oui, c’est ridicule, mais au 4e degrĂ© c’est très drĂ´le).

MalgrĂ© tout, on peut trouver des dĂ©fauts assez impardonnables pour une production de ce calibre avec un tel budget, et en particulier les effets visuels qui sentent le fond vert avec de très mauvaises incrustations, donnant alors au film un look assez pauvre et auquel le rĂ©alisateur ne nous a pas vraiment habituĂ© et nous renvoyant alors Ă  ce cinĂ©ma d’action des annĂ©es 90 dont le film est l’hĂ©ritier en ligne directe. Évidemment, ce qui fonctionnait Ă  l’Ă©poque oĂą on laissait facilement passer les nombreux dĂ©fauts que revendique le film ne fonctionne pas toujours mais force et d’avouer que, quand on peut apprĂ©cier des produits du type d’Expendables, White House Down est une perversion toute aussi rafraichissante mĂŞme si elle aurait gagnĂ© Ă  ĂŞtre plus piquante dans son propos ou mĂŞme graphiquement (ici, le tout public est visĂ©, sans une goutte de sang).

Empilement de clichĂ©s qui n’apporte absolument rien au genre, White House Down joue tellement dessus et dĂ©gage une telle bonne humeur qu’il en devient finalement assez plaisant. C’est dĂ©jĂ  pas mal non ?

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 17/09/2013 Ă  12:26 | #1

    Nul, du Emmerich pur jus oĂą tout ce qui ne doit pas ĂŞtre fait est Ă  l’Ă©cran (patriotisme exacerbĂ©, tire-larme, humour Ă  deux balles)… 0/4