Accueil > Critiques SĂ©ries, SĂ©ries > Buffy contre les vampires, saison 1

Buffy contre les vampires, saison 1

posté le 26/04/2012 FredP

Entre la sortie d’Avengers et de la Cabane dans les Bois, impossible de passer Ă  cĂ´tĂ© de Joss Whedon cette annĂ©e. C’est pourquoi nous allons remonter le temps et redĂ©couvrir sa sĂ©rie phare qui a influencĂ© nombreux de crĂ©ateurs Ă  la tĂ©lĂ©vision mais qui a aussi laissĂ© son empreinte dans la culture populaire : Buffy contre les Vampire. Retour en 1997 avec la première saison qui faisait venir la Tueuse Ă  Sunnydale

A force de regarder des films d’horreur oĂą les jeunes filles Ă©tait naĂŻve et ne faisait que crier, poursuivies par les mĂ©chants, Joss Whedon en a eu assez. Il dĂ©cide alors d’inverser la tendance et de faire de cette victime une hĂ©roĂŻne. Lui vient alors l’idĂ©e de Buffy contre les Vampires, une lycĂ©enne qui se voit dotĂ©e d’une mission : dĂ©truire les vampires et autres forces dĂ©moniaques. Le script est très apprĂ©ciĂ© par la profession et la rĂ©alisatrice Fran Rubel Kuzui dĂ©cide alors de le porter Ă  l’Ă©cran en 1992. C’est la catastrophe, malgrĂ© la prĂ©sence de Donald Shutherland et Rutger Hauer au gĂ©nĂ©rique (sans oublier Luke Perry), le film est un catastrophe bien Ă©loignĂ©e de la vision qu’en avait Whedon.

Mais le crĂ©ateur ne va pas se laisser abattre et va proposer un projet de sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e Ă  la Fox qui prend directement la suite du film. Après l’incendie du gymnase de son lycĂ©e de Los Angeles dans le film, la Tueuse (Sarah Michelle Gellar) a dĂ©mĂ©nagĂ© et se retrouve maintenant seule avec sa mère dans la petite bourgade de Sunnydale. Elle y fait alors la connaissance de Xander (Nicholas Brendon) et Willow (Alyson Hannigan). Alors qu’elle pensait sa vie de tueuse de vampires derrière elle, les monstres la rattrapent très vite puisqu’elle fait la connaissance son observateur, Giles (Anthony Stewart Head), qui lui explique qu’elle se trouve sur la « bouche de l’enfer» , un point mystique qui a une maudite tendance Ă  ramener tous les ĂŞtres malĂ©fiques dans le coin.

DiffusĂ©e par le network naissant the WB, la première saison ne compte que 12 Ă©pisodes mais c’est largement suffisant pour planter l’univers et s’attacher aux personnages tout Ă©tablissant clairement des enjeux Ă  venir. Bien sur, ces premiers Ă©pisodes ont plutĂ´t vieilli et peuvent faire sourire en les revoyant aujourd’hui (en particulier lorsque la sĂ©rie se met Ă  parler informatique) mais au delĂ  de la nostalgie, ces Ă©pisodes font dĂ©jĂ  preuve d’une grande qualitĂ© d’Ă©criture. Ici sont posĂ©es les bases de Buffy avec un format imposant des Ă©pisodes indĂ©pendants mais une trame plus large avec une menace parcourant sur toute la saison. Buffy est dès le dĂ©part conçue comme une sĂ©rie non pas « adolescente»  mais une sĂ©rie sur l’adolescence et le passage Ă  l’âge adulte avec ce que cela implique de responsabilitĂ©s grandissantes, le tout au travers de nombreuses mĂ©taphores.

Les mĂ©taphores, c’est lĂ  l’une des composantes essentielles de Buffy qui permettent Ă  la sĂ©rie de parler de bien plus de chose que seulement l’adolescence. Et au delĂ  des « monstres de la semaine»  qui peuvent ĂŞtre l’apanage des Ă©pisodes plus indĂ©pendant, la sĂ©rie Ă©gratigne rĂ©gulièrement le système Ă©ducatif (montrant la vacuitĂ© des pom-pom girls, un enfant maltraitĂ© par son professeur de sport) ou l’Ă©ducation des parents (une mère qui rĂ©gente la vie de sa fille) tout en jouant avec les codes du film d’horreur (en dĂ©tournant par exemple l’idĂ©e de la marionnette malĂ©fique).

Dès ces premiers Ă©pisodes, Joss Whedon et son Ă©quipe de scĂ©naristes font preuve d’un talent singulier pour l’Ă©criture. En effet, au delĂ  des mĂ©taphores, ils imposent aussi leur patte dans des dialogues affutĂ©s, remplis de second degrĂ©, de double sens et de rĂ©fĂ©rences Ă  la culture populaire qui permettent tout de suite de rendre palpable cet univers. Il est d’ailleurs d’autant plus palpable que les hĂ©ros ne sont pas les star du lycĂ©e mais des personnages en marge, moyens Ă  l’Ă©cole, pas forcĂ©ment populaires simplement plongĂ©s dans des situations pas ordinaires auxquels on s’attache immĂ©diatement. Car si Buffy est la battante qui pourrait ĂŞtre la reine du lycĂ©e au mĂŞme titre que sa pimbĂŞche rivale CordĂ©lia, Willow est une jeune rĂŞveuse, Xander un loser et Giles a le nez plongĂ© dans ses livres.

Ces 12 premiers Ă©pisodes se conclurons Ă©videmment par la fin de la menace du « MaĂ®tre»  et la sĂ©rie aurait pu s’arrĂŞter lĂ . Mais le public a suivi et la critique a apprĂ©ciĂ©. Sans poser de questions, la chaĂ®ne a demandĂ© une seconde saison deux fois plus longue. IdĂ©al pour approfondir le passĂ© du gentil vampire Angel dont s’est Ă©prise l’hĂ©roĂŻne, mais aussi Ă©tudier d’autres facettes des relations entre les personnages et explorer l’univers de la Tueuse. Les bases maintenant posĂ©es, l’esprit de Whedon parfaitement saisi pour ne pas faire de Buffy une farce, il n’y a maintenant plus qu’Ă  aller plus avant, vers l’âge adulte.

A suivre : Buffy contre les Vampire, saison 2.

publié dans :Critiques Séries Séries

  1. 28/04/2012 Ă  13:01 | #1

    Hâte de lire la suite. Personnellement j’ai ma prĂ©fĂ©rence pour la saison 6 (ainsi que la 5).

  2. FredP
    30/04/2012 Ă  11:04 | #2

    @wilyrah Moi aussi la 6 est ma prĂ©fĂ©rĂ©e et j’ai dĂ©jĂ  hâte de parler de l’excellente 3e saison

  3. 13/05/2012 Ă  20:32 | #3

    Buffy reste ma sĂ©rie favorite. Une leçon pour tout auteur. A partir de la saison 4, c’est une merveille ! A revoir sans modĂ©ration. Ma rĂ©fĂ©rence. Je viens d’ailleurs de dĂ©couvrir la sĂ©rie de romans « MĂ©diator»  de Meg Cabot, qui s’inspire pas mal de Buffy. Très sympa.

  4. 21/07/2012 Ă  16:51 | #4

    Excellente critique qui retranscrit vraiment ce qu’est la première saison de Buffy, et aussi ce que je ressens face Ă  celle-ci. De plus, je suis bien contente de voir une critique totalement positive de cette saison, c’est rare..