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Culte du dimanche : Total Recall

posté le 12/08/2012 FredP

Alors qu’une nouvelle adaptation de la nouvelle de K. Dick arrive sur les Ă©crans, il Ă©tait temps de s’intĂ©resser au film original de Paul Verhoeven qui mettait fin Ă  une certaine idĂ©e du blockbuster des 80′s : Total Recall.

Après sa venue de Hollande pour rĂ©aliser Robocop, Paul Verhoeven a tout de suite Ă©tĂ© cataloguĂ© par Hollywood comme un rĂ©alisateur de SF un peu trash. C’est d’ailleurs grâce au succès de ce premier film sur le territoire amĂ©ricain qu’il arrive du jour au lendemain sur la production de Total Recall qui peinait Ă  se monter depuis près de 10 ans et le succès de Blade Runner malgrĂ© l’implication de la superstar Schwarzenegger, la faute Ă  un scĂ©nario qui a enchaĂ®nĂ© les versions sans trouver de point de chute. Lorsque le hollandais arrive sur le projet, sa première tâche sera de rĂ©Ă©quilibrer le scĂ©nario pour conserver son ambivalance entre le rĂŞve et la rĂ©alitĂ© jusqu’au bout, mais aussi pour porter Ă  l’Ă©cran une vision plutĂ´t audacieuse de l’univers de Philip K.Dick.

Car Total Recall s’inspire avant tout de la nouvelle Souvenirs Ă  vendre de l’auteur phare de la SF paranoĂŻaque. Dans le futur, Schwarzenegger entre dans la peau de Douglas Quaid, simple ouvrier qui rĂŞve d’aller sur Mars et qui va profiter de l’offre allĂ©chante que propose la sociĂ©tĂ© Rekall : implanter des souvenirs d’un voyage pour avoir l’impression de l’avoir vĂ©cu. Mais l’expĂ©rience ne va pas se dĂ©rouler comme prĂ©vu et les souvenirs souhaitĂ©s vont se mĂŞler Ă  la rĂ©alitĂ©, entraĂ®nant notre hĂ©ros en plein conflit sur la planète rouge.

Si Verhoeven ne garde que la trame basique de l’histoire dans le premier tiers avant de partir pour Mars et de faire de la femme de Quaid une espionne, le film n’en est pas moins tout Ă  fait fidèle Ă  l’esprit de l’auteur en gardant en permanence 2 degrĂ©s de lecture, jouant habilement avec la notion de fantasme ou de rĂ©alitĂ© et n’hĂ©sitant pas non plus Ă  jouer avec le rĂ©cit.  Ainsi, le rĂ©alisateur garde toujours Ă  l’esprit une paranoĂŻa latente comme l’a toujours vĂ©cu l’auteur.

Qu’est-ce qui est rĂ©el ou non ? Quels souvenirs forgent la personnalitĂ© et entrainent quelles actions ? Autant de questions qui amènent une vĂ©ritable rĂ©flexion sur la psychologie du personnage et sa perception du monde. D’autre part, Verhoeven joue sur cette notion avec une scène clĂ© (la rencontre avec le docteur Edgemar dans sa chambre d’hĂ´tel) oĂą il n’hĂ©site pas Ă  indiquer ce qu’il va se passer pendant tout le 3e  acte sans nuire pour autant au plaisir de suivre le rĂ©cit. Le rĂ©alisateur nous entraĂ®ne alors dans un jeu oĂą la psychologie garde autant d’importance que l’action.

Avec le recul que l’on a aujourd’hui, on se rend compte aussi que non seulement le propos du films fonctionne toujours aussi bien, mais en plus, Total Recall est aussi le tĂ©moin de la fin d’un certain cinĂ©ma d’action pour Hollywood. Car Total Recall est l’un des derniers film Ă  n’utiliser que très rarement (seulement pour les rayons X) les effets rĂ©alisĂ©s sur ordinateur, privilĂ©giant Ă  chaque instant le rĂ©el et palpable de la maquette et du maquillage qui fonctionne donc encore avec un certain charme aujourd’hui.D’ailleurs il faut vraiment saluer le talent du maquilleur Rob Bottin (Ă  juste titre rĂ©compensĂ© par un oscar) qui a rĂ©alisĂ© un superbe travail, donnant vie aux mutants de mars et contribuant Ă  rendre l’univers du film encore plus Ă©trange.

Avec en plus la violence exacerbĂ©e de Verhoeven qui a rĂ©ussi à conserver des bras coupĂ©s et des balles en pleine tĂŞte et les phrases instantanĂ©ment culte de Schwarzy (« Considère ça comme un divorce» ) ou encore la rĂ©vĂ©lation de Sharon Stone (qui retrouvera le rĂ©alisateur ensuite pour Basic Instinct), le film conserve du coup encore un cachet bien particulier propre Ă  la fin des annĂ©es 80, avant que le numĂ©rique ne vienne changer la donne pour les blockbusters des 90′s.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 13/08/2012 Ă  12:50 | #1

    Tellement bon. l’imaginaire de Philip Kindred Dick est vraiment Ă©tonnant

  2. CookieCookae
    19/08/2012 Ă  11:15 | #2

    Ah quel film !! Que de qualités.. du bel ouvrage en SF