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Culte du dimanche : le Crime était presque parfait

posté le 11/11/2012 FredP

Si Universal vient de sortir un coffret regroupant les plus grands chef d’œuvre d’Hitchock, il ne faut pas oublier non plus la sortie en parallèle chez Warner de l’une des œuvres phares du maître du suspense. En effet, l’éditeur ressort le Crime était presque parfait dans une édition remasterisée et surtout en 3D, telle que l’aurait voulu le réalisateur. Un film culte à redécouvrir et à savourer sans modération.

Alors qu’il était déjà particulièrement reconnu et un auteur à succès, c’est généralement à partir de 1954 et de la sortie du Crime était presque parfait que beaucoup considèrent que la carrière d’Alfred Hitchcock atteint son meilleur niveau. Il faut dire qu’en adaptant la pièce de théâtre écrite par Frederick Knott, il fait une démonstration de mise en scène et de découpage grandiose en plus de raconter une histoire au suspense encore une fois bien mené et qui n’hésite pas à bousculer la morale.

Le Crime était presque parfait raconte ainsi l’histoire d’un homme qui  apprend que sa femme l’a trompé. Il va alors la faire assassiner pour hériter de sa fortune. Le plan qu’il a imaginé est parfait sur le papier et rien ne pourra le rendre coupable … mais c’était sans compter sur une montre capricieuse et une paire de ciseaux qui vont tout faire basculer.

On le voit ici, la morale est ambigüe, entre un homme qui cherche à tuer sa femme et la femme qui a trompé son mari, lequel des deux mérite vraiment d’être puni ? Impossible de choisir et le réalisateur va alterner les points de vue pour que le spectateur ne sache plus qui aider. Ainsi nous aimerions que le plan se déroule correctement et chaque grain de sable va faire monter le suspense mais d’un autre côté, on s’identifie également à la victime que l’on veut voir se sortir d’un plan aussi machiavélique. Une question de points de vue que le cadre de l’histoire ne fait qu’embrouiller.

Car le film est aussi un huis-clos et nous enferme pendant 1h40 dans l’appartement du couple. On sait le réalisateur particulièrement attaché aux histoires dans des lieux uniques et fermés (comme le montrera ensuite Fenêtre sur cour ou comme il l’a fait avec La Corde ou Lifeboat) et il ici fait une pleine démonstration de sa maîtrise du genre. En effet, il ne fait qu’adapter une pièce de théâtre mais sa manière de la mettre en scène, de la filmer donne ton son cachet à l’histoire. Par ses choix de plans travaillés, par ce qu’il choisit de montrer ou non et par le rythme qu’il impose et l’importance particulière qu’il donne aux objets (les ciseaux, la clé, le téléphone, …), jamais on ne se lasse de l’unicité du lieu et, sans pour autant rechercher l’oppression, il entretient un suspense permanent.

C’est aussi l’occasion pour Hitchock d’utiliser une nouvelle technologie pour appuyer certains moments de l’histoire. En effet, le réalisateur a tourné le film en 3D. Il démontre ainsi une gestion de l’espace telle que l’on se croirait avec les personnages dans l’appartement. Mais il nous accroit certains effets pour mieux impliquer le spectateur dans les actions des personnages comme la main de Grace Kelly qui ne demande qu’à être attrapée par le spectateur lorsqu’elle se fait agresser.

Le Crime était presque parfait marque aussi la première collaboration du réalisateur avec Grace Kelly avec qui il tournera 2 autres films dans la foulée. Même si elle n’est pas la première, elle incarnera pour toujours l’archétype de la blonde hitchockienne par excellence, beauté froide à la fois coupable et innocente. L’actrice resplendissante sera d’ailleurs récompensée pour le rôle mais il ne faut pas oublier ses partenaires de jeu et particulièrement Ray Milland dans la peau du mari aux idées noires, particulièrement méticuleux et machiavélique sous le masque de l’époux parfait et imperturbable.

Huis clos surprenant au suspense bien mené et avec des personnages  sur lesquels on aime se questionner, Le Crime était presque parfait reste donc l’une des œuvres majeures du cinéaste qui fait une véritable démonstration de mise en scène sans jamais oublier le plaisir du spectateur.

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