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RIF, critique ciné

posté le 30/08/2011 ChrisC

Yvan Attal part à la recherche de sa femme soudainement disparue, dans un petit thriller sympa Made in South of France.

RIF, pour Recherche dans l’Intérêt des Familles. Introduit par quelques stats sortis tout droit du journal de 20h, le film RIF se lance avec la ferme intention de vous faire capter que chaque année, y’a plein de gens qui disparaissent et que parfois c’est parce elles l’ont décidées. Ou qu’elles sont mortes, torturées à mort par un psycho-killer dégénéré.

En tout cas, alors qu’il s’est absenté 20 minutes parce que sa voiture s’est arrêté toute seule mais repartira un peu plus tard (Yvan Attal a pas de bol du tout dans cette histoire, il sera cerné de coïncidences à la Lost !), sa gourde de femme s’est évanouie dans la nature. En plus, il se retrouve chez les péquenauds, alors en tant qu’inspecteur de police parigot avec 20 ans de fliquerie derrière lui (et la scène d’intro où il tire à travers l’otage, nous aura fait comprendre que c’est un nerveux Stéphane Monnereau, bien stressé, du genre à gueuler sans arrêt sur sa femme et pourrir son fils quand il lui montre un dessin), il va tout de suite se lancer dans ce qui lui semble d’emblée être un bon fait divers comme Aujourd’hui en France les aime en été ! Forcément, il voit le mal partout.

Comme on est à plus de 6 km du centre de Paris (donc en province = chez les ploucs), on n’échappera pas au classico gendarmes en uniformes vs policiers en vestes de cuirs. Cette opposition sera démantelée lorsque le Capitaine Barthélémy revêtira la sienne pour aller boire un godet avec Mr Monnereau. Signifiant d’ailleurs que le gendarme ne croit pas que ce dernier se soit débarrassé de sa femme. Comme quoi les apparences sont souvent trompeuses (pouah le lieu commun !).

Donc, Yvan Attal nous la joue keuf de paname qui enfonce les portes et les pifs à coups d’épaule, pas le temps de suivre la procédure, en balançant des « mais putain de merde»  ou autre « elle est sûrement avec un enculé à l’heure actuelle»  pour montrer que lui sait comment procéder. Il sait tellement comment faire qu’il n’aura de cesse que de vouloir dicter la poursuite de l’enquête au capitaine de gendarmerie (cela dit, à la Jack Bauer, à chaque fois son instinct se révèlera juste).

En bon militaire, l’excellent Pascal Elbé tiendra le coup face à ce flicaillon obséquieux qu’on a juste envie de terminer d’une balle dans la nuque à l’arrière de la station-service. Tellement il en fait des caisses, on arrive à un point où il nous saoule le Yvan, même si on l’aime beaucoup en tant qu’acteur. Ici, en tant que personnage, il n’est pas du tout attachant : trop pressé, trop vulgaire, trop à se croire à la maison !

Autour, tous les autres semblent se retenir dans leur « acting»  juste pour pas l’énerver. Bon, il a de quoi être vénère, il est également accompagné d’un marmot teubé qui n’entrave rien à la situation (« mais elle est où maman ?» , « elle va revenir ?» , mais t’as lu le pitch ou quoi ? pathos-o-mètre à 6/10).

C’est dommage parce que toute la petite troupe de campailloux qui s’active autour de notre héros détesté, est plutôt agréable ! Ca sent bon la campagne dans RIF. Entre Ne le dis à personne et Le Convoyeur, le drame ne sera jamais vraiment trop poussé. On croira plus à un mélo Made in Lozère d’un mari un peu trop con pour mettre sa femme au pas. Quand même, la petite histoire s’installe toute seule même si elle manquera d’un peu de rebondissements et d’accélération (mais c’est normal, on est à la campagne, la vie est plus tranquille à la campagne). Quoique des fois on fait des mauvaises rencontres… et je parle pas des champignons vénéneux ou des sangliers ! Même le petit retournement de situation qu’est la fuite de Stéphane Monnereau avec son fils, poursuivant son enquête dans la peau d’un fugitif, ne nous rassasiera pas (le film se terminant un petit quart d’heure après).

C’est un excellent point pour RIF que d’être un bon petit polar policier pour une fois localisé hors de Paris. Autre petite surprise : la BO de Louis Bertignac, toute en guitare électrique sobre dessinant les contours d’une atmosphère triste et de road-movie à l’americaine (comme quoi y’a du riff dans RIF).

Sans atteindre la noirceur de 36 quai des orfèvres ou Contre-enquête, RIF est un bon policier français (de terroir) qui nous fait dire que y’a pas que Navarro, Julie Lescaut ou les autres blaireaux de PJ, Les Bleus ou autres fake séries de policiers french touch. Allez Yvan, on croit en toi mais faut te détendre.

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