Retro : James Cameron
Cette semaine, pas de culte du dimanche. Mais, Avatar oblige, c’est pour mieux le remplacer par une retro spéciale James Cameron.
Les années 80 : les bases du cinéma de James Cameron
La carrière de celui qu’on appellera plus tard sur les plateaux de tournage « Iron Jim » comme en 1981 avec Piranha 2. Un petit film de commande, « le meilleur film de piranhas volants » selon son réalisateur qui oubliera vite cette expérience pour se consacrer au projet qui lancera véritablement sa carrière.
Ce film, c’est Terminator. James Cameron y pose les bases de son cinéma : SF, vision pessimiste de l’avenir de l’homme, femme forte. Pour la première fois à l’écran, nous découvrirons donc un véritable cyborg et Arnold Schwarzenegger. Deux composantes qui deviendront aussi célèbres l’une que l’autre. La première grâce au maquillage perfectionné du robot puis grâce à la découverte de ce squelette de métal qui fait froid dans le dos. Le second par sa prestation qui en impose. Cette histoire de course-poursuite sur fond de voyage dans le temps et de fin du monde technologique lancera aussi la renommée de la désormais célèbre Sarah Connor. Au final le film est un bonne surprise pour les aficionados de SF et son statut culte se développera avec le temps.
Fort de ce premier succès et ayant fait ses preuves en matière de SF, James Cameron se voit alors confier la suite du Alien de Ridley Scott. Très vite, il laisse donc tomber l’aspect horrifique pour se concentrer sur l’action. Il fait évoluer le personnage de Ripley au côté de militaires menés par Michael Biehn. Ce que l’ont retiendra du film, c’est évidemment la reine des Aliens créée par Stan Winston et la phrase culte lâchée à son encontre par une Sigourney Weaver au top : « Get away from her bitch ! » mais aussi cette maitrise de Cameron dans l’action et les gros budgets. Si bien que son prochain film sera très attendu.
Le dernier film des 80 de Cameron sera directement lié à l’une de ses passions : les fonds marins. En 1989, il nous envoie dans les Abyss. Il rappelle une nouvelle fois son acteur fétiche Michael Biehn qui tiendra cette fois le mauvais rôle au côté d’un couple en crise mais tellement fort dans les profondeurs de la Terre. On peut aussi déceler un profond message écolo dans ce film, bien avant les documentaires d’Al Gore et compagnie. Mais l’espoir règne malgré tout.
Encore une fois, ce récit prenant est également l’occasion d’innover en matière de technique avec le pseudopode fait d’eau et prenant le visage des acteurs. Un instant saisissant dans ce film fort qui restera dans les mémoires.
Les années 90 : l’homme de tous les records
Après le succès d’Abyss, et à la demande générale des fans, James Cameron va enfin donner une suite à son premier succès. T2 – le Jugement Dernier est né. Sarah Connor ne veut plus avoir le rôle de victime et, après Sigourney Weaver dans les années 80, Linda Hamilton campera la femme forte des années 90. Évidemment Schwarzie est de retour mais sera cette fois le gentil pour lutter contre un nouveau modèle de robot, le T-1000. Ce nouveau cyborg de métal liquide sera une révolution pour les effets numériques, un vrai personnage en synthèse dont le film dépend. Si il ne fonctionnait pas, le film ne marcherai pas. Mais avec le budget record de 100 millions de dollars, on est rassuré, c’est une réussite. La réflexion sur l’avenir de l’homme est plus sombre, les poursuites plus impressionnantes. Au final une grande réussite plébiscitée par le public et considérée comme l’une des meilleures suites du cinéma.
Après ce phénomène, Cameron décide de se détendre un peu et nous offrira la comédie d’action True Lies, remake de La Totale. L’ambition n’est pas aussi grande que ses films précédents, mais son budget et son investissement technique n’en sont pas moins impressionnants pour ses retrouvailles avec l’acteur autrichien et sa rencontre avec Jamie Lee Curtis. Une pause qu’il a bien fait de prendre avant ce qui s’annonce comme l’un des grands défis de sa carrière.
En effet, James Cameron s’apprête à réaliser l’un des chef d’œuvre de la fin du XXe siècle : Titanic. Pour la seconde fois de sa carrière, il établit un nouveau record de budget pour un film. La bateau coulant coutera 200 millions de dollars. Mais c’est un investissement payant pour la Fox. Le film est dès sa sortie un grand classique du 7e art. Un monument qui engrangera près de 2 milliards de dollars au box-office mondial et 11 oscars bien mérités pour cette fresque remplie d’émotions et d’instants grandioses où les effets sont là pour toujours servir l’histoire humaine dans un contexte de lutte des classes. C’est aussi l’occasion pour Cameron de tester de nouvelles innovations techniques comme les figurants virtuels et de renouer avec les profondeurs.
Évidemment, les 2 personnages forts que sont Jack et Rose vont booster la carrière de leurs interprètes. Et si Leonardo DiCaprio aura mit quelques années à trouver une respectabilité (grâce à Spielberg et Scorcese), Kate Winslet trouvera elle des projets toujours à hauteur de son talent.
Les années 2000 : un homme discret avant un retour en fanfare
Après le tournage sous pression et le succès sans précédent de son Titanic, le « roi du monde» Cameron décide de prendre un peu de repos. Il va donc s’attacher à des projets plus personnels.
Tout d’abord, il va produire la série télé Dark Angel, renouant avec le futur imparfait des hommes et révélant une Jessica Alba dans le rôle habituel de la femme d’action. La série est très intéressante à suivre mais n’ira malheureusement pas au delà de 2 saisons pour des raisons d’audiences insuffisante et de budget trop élevé pour la Fox.
Cameron décide alors de retourner dans les profondeurs des océans. Après certaines scènes de Titanic, le revoilà parti au font des abysses pour y tourner trois documentaires (sur ses fonds propres) : Expedition Bismark, Les Fantômes du Titanic et Aliens of the Deep. Il y trouvera ainsi des sources d’inspiration pour les décors de son prochain film. Mais surtout il développera à cette occasion un caméra relief spéciale avec laquelle il pourra filmer les profondeurs comme jamais et ainsi préparer son Avatar.
Après ces 3 documentaires et après avoir remarqué les avancées technologiques qui ont été développées en matière de personnages de synthèse (notamment le Gollum du Seigneur des Anneaux), « Iron Jim » décide de ressortir de ses tiroirs le script d’Avatar qui y trainait depuis plus d’une dizaine d’années. Maintenant que la technologie est au point il décide de se lancer dans ce projet hors du commun.
Encore une fois, il battra son propre record de budget investi dans le film (on parle de 300 à 400 millions de dollars, hors marketing) pour faire d’incroyables avancées dans la performance capture (jusqu’alors fortement utilisée par Robert Zemeckis sur Pôle Express ou Beowulf), le plateau de tournage virtuel, et la technologie 3D relief. Il repousse donc encore une fois toutes les limites de la technologie pour raconter son histoire de SF et emmener les spectateur sur Pandora. 4 ans de travail intense auront été nécessaires pour donner vie à Pandora et aux Na’Vi. Un projet fou que l’on peut aujourd’hui apprécier sur nos écrans.
Maintenant, un question se pose. Après un tel projet monumental, James Cameron va-t-il à nouveau prendre une pause ? A priori, pas question. Le réalisateur ne manque pas de projets avec notamment 2 suites à Avatar pour explorer davantage Pandora. Mais surtout, son projet le plus immédiat et sur lequel la pré-production serait déjà bien avancée est l’adaptation du manga Battle Angel. Nouveau chef d’œuvre et nouvelle évolution des effets numériques en perspective ? Wait and see.




