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DOUX DUR ET DINGUE et débile

posté le 20/01/2011 ChrisC

Trouver un mauvais film avec Clint Eastwood n’est pas une mince affaire tant l’acteur/réalisateur est une légende. Mais incarner un personnage qui est une sorte de cow-boy loser des temps modernes se trainant dans les rues ensoleillées de Los Angeles, aux côtés d’un orang-outang : les indices étaient en place pour découvrir un nanar.

Depuis 20-30 ans, l’acteur Clint Eastwood était déjà une star du ciné américain (un certain cinéma américain, sans trop de réflexion, plutôt brutal, sans trop d’engagement politique, un brin cynique etc…) et puis il devint un maître du cinéma comme réalisateur hors pair où chaque production mêle émotion, portrait social, drame intergénérationnel. Mais, bien enfouis, certains écueils parsèment sa brillante (voire exemplaire) carrière devant et derrière la caméra. C’est le cas de DOUX DUR & DINGUE (1978), grosse blague de 1H50 sans histoire et aux personnages bien naïfs (crétins diront les plus déterminés).

Dans ce film, Clint est un camionneur (enfin, seule la séquence d’ouverture nous montrera son personnage livrer un chargement, on présumera donc cela, et puis la pochette du film le dit…) qui arrondit ses fins de mois en prenant part à des combats de boxes à mains nus. Combats qu’ils gagnent à chaque fois tel un Walker Texas Ranger désabusé. Outre le fait d’attirer et d’essuyer les caractères les plus bagarreurs des environs, le personnage principal a la fâcheuse tendance de relever chaque prétexte à la castagne (les personnages qu’il croise prenant la mouche au bout de 2 répliques). Et il est accompagné d’un orang-outang… (sigh) nommé Clyde (re sigh) ! Mais typiquement 70’s donc film elliptique, la présence de l’animal dans l’histoire ne sera jamais vraiment expliquer.

Ah oui, c’est parce qu’une histoire, il n’y en a pas vraiment. Au hasard d’une descente de bières dans un bar, Clint (oui sinon son personnage s’appelle Phil Obdeo mais même ça c’est assez agaçant) va flasher sur une « jolie » chanteuse neurasthénique quasi albinos venue chanter une seule chanson sur scène (véridique). S’en suit une drague en version accélérée où le magnétisme foudroyant de Clint (c’est ironique car dans ce film, plutôt has-been, Clint Eastwood tient plus du cabot facétieux dans le genre blagueur collégien que du terrible mâle aventurier qu’on connaît de lui) laissera place à une séduction version sorcière effectuée par sa copine du moment (Sondra Locke) qui prend les choses en mains (en avance pour l’époque ? bousculement des mœurs ? non pas vraiment).

Puis, laissé sur le bord du chemin de cette relation qui se sera consumé trop rapidement (oui, on a pas le temps de voir la chose s’installer), Clint ne s’avouera pas éconduit comme une vielle chaussette (bien qu’il a 50 balais alors jouer les trentenaires solitaires c’est plus tellement possible) et mettra tout en œuvre pour retrouver la jeune femme qui s’avérera n’être pas si désespérée que ça. Voilà pour le gros de l’histoire. Ajouté à cela de multiples bagarres dans des bars avec des policiers, avec un gang de motards aussi laids qu’abrutis, ou avec toute personne incorrecte croisant le chemin du trio dans sa quête (oui car Clint sera accompagné d’un fidèle copain assez bébète et d’une gonzesse rencontrée sur le bord de la route) ainsi que des combats organisés, voilà le joyeux bazar dans lequel se noie DOUX, DUR et DINGUE !!

Certes, le ton préconisé est la comédie légère, mi fleur bleue, mi burlesque mais avec Clyde l’orang-outang sorti de nulle part, ce ménage à 4 tournera vite au cirque lourdingue. Très sympathique et jamais cruel ni vilain (sauf pour la déconvenue sentimentale que se prend Clint en pleine face), le film est une catastrophe, une idiotie même pas marrante pour la honte qu’a du avoir Clint Eastwood à la revoir, un navet dans lequel même Adam Sandler refuserait le remake !!

A vouloir mettre de l’humour, de l’amour et de l’amitié, et plein de bons sentiments dans un film sans trop de rythme, DOUX, DUR et DINGUE est un long moment a passé qui parviendra même pas à répondre à la question tenant le spectateur en haleine : au même titre que l’indien des Black Eyes Peas, à quoi sert cet orang-outang ?

Ne cherchez pas trop, le film s’interrompt bien abruptement alors que Clint semblera avoir appris une chose : autant dans ce film que dans la vie, on ne doit pas toujours tout accepté. Pourtant, une suite avec les mêmes acteurs verra le jour. Certains y voient une parodie du Clint Eastwood classique, ou un hommage à l’Amérique profonde, ou encore un contraste entre une société non matérialiste face à l’avènement d’une société de business et de distraction monnayable… non, ce film est nul et autant j’aime personnellement beaucoup certains chef d’œuvres du maître, il faut aussi pouvoir reconnaître une patte de mouche d’un trait de génie.

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