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La Forme de l’Eau – the Shape of Water, critique

posté le 10/02/2018

Guillermo Del Toro est un magicien et il le montre encore en dĂ©but d’annĂ©e avec La Forme de l’Eau (the Shape of Water en vo), autant hommage que film personnel, histoire d’amour monstrueuse Ă  juste titre rĂ©compensĂ©e Ă  Venise en Septembre dernier !

Les films de Guillermo Del Toro se suivent et ne se ressemblent pas, tout en partageant toujours le mĂŞme univers et une passion commune pour les monstres. Du blockbuster au film intimiste, de l’adaptation de comics Ă  l’hommage au film gothique, des fantĂ´mes aux crĂ©atures plus humaines que les humains, le rĂ©alisateur mexicain fait Ă  chaque fois preuve d’autant d’audace que de respect pour ceux qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©.

Vous l’aurez compris, Ă  travers ces quelques lignes, on adore les films et l’univers fantastique de Guillermo, et ce n’est pas son prochain film, the Shape of Water qui va nous faire changer d’avis. Cette fois, il prend place au dĂ©but des annĂ©es 60 et prend pour hĂ©roĂŻne Elisa, jeune femme de mĂ©nage muette qui travaille dans un laboratoire secret et dans lequel est enfermĂ©e une Ă©trange crĂ©ature. Entre ces deux ĂŞtres perdus, une romance va naitre.

Le meilleur de Guillermo Del Toro

Évidemment nous restons ici dans l’univers du rĂ©alisateur avec un rĂ©cit articulĂ© comme un conte de fĂ©es dans un monde en mutation (une introduction en voix off et nous indiquant ce qui nous attend, Ă  l’instar du Labyrinthe de Pan ou de Crimson Peak), une crĂ©ature fortement influencĂ©e (un habile hommage Ă  l’Étrange CrĂ©ature du Lac Noir), des ĂŞtres toujours un peu en marge (dans le cadre des 60’s, s’intĂ©resser Ă  une femme muette, Ă  une femme de couleur et un voisin homosexuel loin des clichĂ©s est un choix fort) et un monstre qui se cache forcĂ©ment dans un ĂŞtre humain. Tous les passionnĂ©s du cinĂ©aste seront donc dans leur Ă©lĂ©ments et plongeront avec plaisir dans ce rĂ©cit.

Et du cĂ´tĂ© de l’histoire, Del Toro sera toujours aussi efficace, Ă©pousant en permanence « la forme de l’eau », avec un rĂ©cit d’une fluiditĂ© dĂ©sarmante qui ne se contente pas de voir une romance dans un laboratoire mais va aussi la rendre secrète dans un appartement, mĂŞlant habilement le monstre et l’espionnage de la guerre froide pour nous offrir quelque chose d’unique et sincère. Et pour cela, le rĂ©alisateur enchaĂ®ne des sĂ©quences d’une beautĂ© romanesque folle et parfois mĂŞme inattendue.

Aussi fluide que les cours d’eau

AppuyĂ© par une bande-originale rĂ©ussie d’Alexandre Desplat aussi fluide que le film, the Shape of Water est alors un fantastique hommage au cinĂ©ma classique (l’hĂ©roĂŻne habite au dessus d’un cinĂ©ma, l’esprit du film musical habite le film) avec une interprĂ©tation personnelle toujours aussi sincère et passionnante. C’est sans doute aussi pour cela que le film a remportĂ© le Lion d’Or Ă  Venise et qu’il sera très certainement mis en avant pour les Oscars.

L’autre raison, c’est son casting impeccable et touchant. Sally Hawkins est ici incroyablement touchante en femme blessĂ©e qui trouve dans cette crĂ©ature un alter ego et c’est parce qu’elle croit Ă  cette romance que nous allons aussi y croire et qu’elle nous paraitra naturelle. Face Ă  ce visage rempli d’innocence, Michael Shannon campe l’un des personnages les plus monstrueux du cinĂ©aste alors qu’Octavia Spencer et Richard Jenkins excellent en points de repères et appuis dans cette histoire.

Rempli d’Ă©motion et d’idĂ©es qui dĂ©notent derrière une rĂ©alisation en apparence classique, la Forme de l’Eau est donc un fantastique film qui rĂ©sonne en tĂŞte et dans lequel on replongera rĂ©gulièrement. Merci Mr Del Toro.

publié dans :Cinéma Coup de Coeur Evenement

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