Accueil > Cinéma > Culte du dimanche : La Dame de Shanghai d’Orson Welles

Culte du dimanche : La Dame de Shanghai d’Orson Welles

posté le 04/11/2018

Alors que Netflix sort le film inachevé d’Orson Welles, De l’Autre Côté du Vent, le meilleur éditeur de films cultes, Carlotta, en profite pour nous offrir un nouveau coffret collector remarquable autour de la Dame de Shanghai. L’occasion de plonger dans le film noir et toruteux de Welles avec Rita Hayworth en femme fatale.

Après une période théâtrale, Orson Welles était revenu au cinéma avec la commande Le Criminel. L’un des films que le réalisateur assume le moins mais qui sera tout de même un beau succès en salles. Il poursuit alors avec l’adaptation du polar If I Die Before I Wake de Sherwood King qui sera surtout pour lui l’occasion de tourner avec sa femme, celle qui attire toute les coinvoitises, Rita Hayworth.

Pourtant, ce n’était pas forcément un tournage entre amoureux puisqu’ils étaient justement en pleine séparation, mais toujours emprunte d’un respect mutuel et d’une véritable reconnaissance professionnelle. L’actrice trouve alors auprès de son futur ex-mari un rôle plus complexe que ce qui lui était donné précédemment, plus éloigné de l’image de pin-up qui a pu lui faire défaut.

Il faut dire que, comme à son habitude, Welles va partir d’un structure classique de film noir à base de manipulation dans le couple et meurtre pour décrire des personnages plus complexes pris dans un enchaînement d’événements qui vont déraper. Ainsi, Michael O’Hara, campé par Welles himself fait la connaissance de la ravissante Elsa Bannister (Hayworth), qu’il sauve peu après d’une agression. Elle le fait alors embaucher sur le yacht de son riche avocat de mari. Mais évidemment les inconnus vont tomber amoureux, mais l’associé  de Bannister va proposer à O’Hara d’assassiner Bannister contre une grosse somme d’argent et la garantie d’échapper à la prison (et en prime, pourquoi pas récupérer Elsa).

Le reflet sombre de Rita Hayworth

Pour faire d’Elsa une figure classique de femme fatale de film noir, Welles ose transformer l’actrice que son rôle de rousse flamboyante dans Gilda a rendue culte. Au grand dam du producteur, la rousse devient une blonde aux cheveux courts. Mais son rôle d’amoureuse manipulatrice à la voix grave n’en devient alors que plus passionnant. Le réalisateur s’octroie lui le rôle du héros qui montre tout de même bon nombre de failles et contre qui les éléments se déchaînent jusqu’à un procès qui vire à la foire.

Sur seulement 1h30, le film nous plonge à la fois dans une romance et une intrigue noire efficace qui culmine dans son final qui se révèle être l’une des plus belles idées de cinéma apportées par Welles. Il s’agit d’une fusillade dans un palais des glaces. Teinté d’expressionnisme et avec une dramaturgie forte, le couple s’entretue à travers les miroirs qui dégagent une puissance graphique folle. Une scène qui fait tout de suite entrer le film dans la légende.

Cependant, Welles ne sera pas forcément satisfait du film. Alors que son premier montage faisait près de 2h30, c’est 1h de film qui est passée à la trappe après visionnage des producteurs et projections tests, rendant le plus moins expérimental et osé qu’il n’aurait pu être. Mais il en ressort tout de même des moments forts et le magnétisme de Rita Hayworth magnifiée par Welles, toujours amoureux.

Face à ce film qui ne lui appartient pas vraiment mais qui assoit le statut de l’actrice ainsi que son génie visuel, Welles retour vers son amour théâtral en allant adapter ensuite 2 chef d’oeuvre de Shakespeare : Macbeth et Othello.

publié dans :Cinéma

  1. Pas encore de commentaire