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Wonder Woman, critique

posté le 05/06/2017 FredP

Après des annĂ©es d’attente et de projets avortĂ©s, elle arrive enfin au cinĂ©ma ! Wonder Woman plonge en pleine guerre pour nous raconter ses origines, entre pur ridicule et totale badasserie. Un film bancal et finalement sans grande originalitĂ© qui reste un honnĂŞte divertissement.

Après Man of Steel et Batman v Superman froidement reçu et un Suicide Squad catastrophique, il Ă©tait temps que l’univers cinĂ©matographique parte sur des bonnes bases. VoilĂ  tout l’enjeu de Warner avec cette adaptation de Wonder Woman. Et quoi de mieux pour retrouver le public que de lui raconter une origin story somme toute classique mais qui permet au moins de ne pas se disperser. Car si l’amazone est apparue de manière mystĂ©rieuse dans BvS en faisant au passage plus forte impression que les deux hĂ©ros masculins, elle n’Ă©taient qu’un cadeau bonus et il Ă©tait temps de se plonger dans son histoire. D’autant plus que cela fait plus de 70 qu’elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e et mĂ©rite tout autant que les autres les honneurs du grand Ă©cran.

Après une courte introduction dans le monde contemporain faisant le lien avec l’Aube de la Justice, le film plonge directement sur Themyscira pour nous raconter l’enfance de Diana et l’origine des amazones, leur mode de vie, le but de leur crĂ©ation par Zeus, leur entrainement perpĂ©tuel au combat. Un passage assez long, classique et laborieux particulièrement plombĂ© par une photographie saturĂ©e rendant tout cela encore plus kitsch que Troie avec force de fonds verts et effets visuels ratĂ©s.  DĂ©barque alors sur cette Ă®le secrète Steve Trevor, l’homme qui va chambouler les idĂ©es de Diana et l’inviter dans le monde extĂ©rieur pour mettre fin Ă  la première guerre mondiale. La quĂŞte de Diana est alors simple, arrĂŞter Arès, le dieu de la guerre qui se cache sans doute derrière tout cela.

La première partie est ainsi catastrophique et la gĂŞne perdure jusqu’au passage londonien oĂą Diana dĂ©couvre le mode de vie des femmes moderne avec des yeux d’enfant, très ingĂ©nue, parfois carrĂ©ment dĂ©bile, ne rendant pas alors justice Ă  l’honneur du personnage. Il faut bien attendre le milieu du film pour que cela change avec une superbe scène. Car c’est dans les tranchĂ©es que le personnage va enfin gagner en caractère, dĂ©couvrant toutes les horreurs de la guerre qui mettent Ă  mal son idĂ©al, elle va trouver le courage et vĂ©ritablement illuminer le film en se rĂ©vĂ©lant sur le champs de bataille. Une sĂ©quence iconique qui rĂ©vèle toute la force physique et de caractère de la jeune femme qui offre au milieu du film, d’habitude ventre mou, ses meilleures scènes. Il est alors dommage que cela doit fortement amoindri par un dernier tiers complètement lambda qui voit enfin notre hĂ©roĂŻne affronter Arès après un petit retournement de situation très prĂ©visible dans moult explosions assez gĂ©nĂ©riques.

Car il faut bien le dire la mise en scène de Patty Jenkins est finalement sans grands Ă©clats, pas si personnelle que cela et la seule lumière viendra surtout de Gal Gadot qui, quand elle ne campe pas une Diana potiche qui dĂ©couvrir le monde, est particulièrement juste et vĂ©hicule bien l’idĂ©al de Wonder Woman, femme forte luttant pour la paix et l’amour. C’est peut-ĂŞtre un peu naĂŻf, mais par les temps qui courent, rappeler ce type de valeur fait tout de mĂŞme chaud au coeur. Il suffit d’un regard de l’amazone pour reprendre confiance dans l’humanitĂ© autant qu’elle. Par contre du cĂ´tĂ© fĂ©ministe, si l’on attendait pas quelque chose de trop forcĂ©, on regrettera tout de mĂŞme que tous ses actes et rĂ©flexions soient rĂ©gulièrement dĂ©finis par ceux des hommes, que ce soit Steve Trevor qu’elle suit partout ou dĂ©fie gentiment (mĂŞme si Chris Pine forme un bon duo avec l’actrice) ou son face Ă  face avec Arès. On espère alors qu’elle gagnera en indĂ©pendance par la suite.

Tout cela fait donc de Wonder Woman un film encore bancal, qui applique des recettes connues et lui retirent donc pas mal de personnalitĂ© et d’originalitĂ© et gâchĂ© par certains moments du plus mauvais effet. Mais il y a tout de mĂŞme une poignĂ©e d’instants mĂ©morables et iconiques Ă  ne pas rater qui redonnent du cachet Ă  l’ensemble, et surtout Gal Gadot qui illumine le film en vĂ©hiculant un idĂ©al auquel on a vraiment envie de croire. Il n’y a alors plus qu’Ă  espĂ©rer qu’elle illuminera autant la Justice League !

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