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Power Rangers, critique

posté le 05/04/2017

Go Go, ils sont de retour dans un vrai film ! Les Power Rangers vont maintenant devoir faire leur preuves sur grand √©cran avec un ¬ę¬†gros¬†¬Ľ budget. R√©sultat, une ambition certaine pour un kitsch pas toujours bien assum√©. Reste que si l’on n’attendait strictement rien, c’est une relativement bonne surprise.

Depuis 1993, les Power Rangers, justiciers du kitsch en costumes moulants et accompagn√©s de robots luttant contre des monstres en latex ridicule font le bonheur de certains programmes jeunesse. Et ils ont m√™me eu droit √† 2 films au cin√© dont le dernier est sorti il y a maintenant 20 ans ! A l’heure des super-h√©ros s√©rieux, il √©tait donc temps de r√©habiliter le destin de ces ados. Et cela a commenc√© en 2015 avec un court-m√©trage de Joseph Khan qui montrait les Rangers sous un nouvel angle ! Gros carton sur le net, il n’en fallait pas plus pour rappeler aux studios hollywoodiens qu’il y avait l√† le potentiel d’une nouvelle franchise √† exploiter. Et c’est LionsGate qui se jette dessus, esp√©rant redorer son blason apr√®s la chute de Divergente.

Confi√© √† Dean Israelite, le r√©alisateur de Projet Almanac, le film commence √† attiser la curiosit√© avec des premi√®res images surprenantes qui font bien plus la part belle aux personnages et √† la volont√© de proposer une atmosph√®re s√©rieuse, sombre et un message d’union et d’amiti√©, ne d√©voilant que tr√®s peu les costumes, zords et m√©chants. On d√©c√®le alors une certaine ambition et la volont√© d’en faire quelque chose de diff√©rent tout en inscrivant le film dans la mouvance actuelle des films de super-h√©ros. Et surtout, comment ce ton va-t-il pouvoir cohabiter avec le cahier des charges qui va imposer de l’action et du fan service √† base de combats, ce combis moulantes, de monstres et robots g√©ants ?

Alors que le film commence avec une blague graveleuse et s’oriente clairement vers le teen movie avec des personnages au premier abord compl√®tement clich√©s, on commence √† d√©velopper un certain int√©r√™t d√®s la d√©couverte des m√©daillons des rangers qui vont permettre √† nos 5 h√©ros d’en savoir plus sur leur futur destin et combat. S’en suit alors, √† bon rythme, un v√©ritable petit drama qui se concentre surtout les liens qui doivent se tisser entre les personnages. Et c’est l√† que le film est le plus int√©ressant, avec un esprit ann√©es 80 assum√© et surtout des personnages qui sortent des cases, en marge (un personnage LGBTQ, un autre autiste), et donc plus touchants que d’habitude. C’est bien l√† la v√©ritable force du film qui r√©ussit √† d√©passer ses acteurs interchangeables pour d√©livrer un petit message sympa sur l’amiti√© et l’acceptation de chacun.

C’est ensuite que le film s’effondre. Car il ne faut pas oublier qu’il s’agit de Power Rangers et qu’on demande forc√©ment certaines choses ! Il faudra donc attendre le dernier tiers pour voir enfin les rangers en costume, l’utilisation des zords, leur combat contre Rita Repulsa et √©videmment un monstre g√©ant √† abattre. Une derni√®re demi-heure d’action o√Ļ toute l’entreprise de s√©rieux pr√©c√©dente en prend un coup car effectivement nous avons le droit √† certains effets sp√©ciaux assez cheap, une cam√©ra qui n’arrive pas un instant √† d√©tailler les combats sans inventivit√© et les zords (qui reconna√ģtra la forme du zord du ranger noir ?), une Elizabeth Banks en roue libre (en m√™me temps, elle est bien oblig√©e d’y aller √† fond). C’est l√† qu’on commence √† bien saisir la diff√©rence entre un r√©alisateur lambda et un Michael Bay qui a toujours r√©ussi √† valoriser ses Transformers dans l’action.

Au final, ce Power Rangers est donc finalement une bonne surprise dans le traitement s√©rieux et touchant de ses personnages mais il ne sait ensuite plus trop quoi faire du kitsch impos√© par le concept m√™me du film et de la s√©rie d’origine. Un √©trange hybride de s√©rieux et de fan service cheap qui n’a rien √† raconter. Si ne courra pas voir les suites d√©j√† pr√©vues mais si la nouvelle g√©n√©ration nourrie de TPMP capte d√©j√† bien le message de tol√©rance et d’amiti√©, on aura fait un pas.

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