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Critiques express : Split, Grave, Trainspotting 2, Kong Skull Island

posté le 18/03/2017 FredP

Sans trop s’Ă©tendre, voici donc quelques critiques de films vus en salles rĂ©cemment et qui n’ont pas forcĂ©ment besoin qu’on en dise beaucoup plus. On parle donc en vrac de Split, T2 Trainspotting, Kong Skull Island ou encore Grave.

MĂȘme si on n’avait pas aimĂ© the Visit, force est de constater que la critique gĂ©nĂ©rale Ă©tait plutĂŽt enthousiaste et que le public rĂ©pondait aussi prĂ©sent. Charge donc Ă  M. Night Shyamalan de transformer l’essai pour son retour Ă  un cinĂ©ma plus intimiste et un thriller psychologique avec Split. Ici, il nous entraĂźne donc dans l’esprit d’un personnage au personnalitĂ© multiples qui enferme des jeunes filles. Ecrit par le rĂ©alisateur qui dispose avec un budget rĂ©duit de toute la libertĂ© qu’il souhaite, Split nous montre Ă  nouveau que Shyamalan est un bon rĂ©alisateur, qui retrouve ici son style particulier et fonctionne en laissant rĂ©guliĂšrement des indices. De ce cĂŽtĂ©, rien Ă  dire et en plus il dispose d’un autre atout, la prestation remarquable de James McAvoy qui aurait pu en faire trop dans ce rĂŽle Ă  plusieurs facettes et qui trouve pour chaque aspect de son personnage le ton juste, toujours borderline. Malheureusement, Ă  cĂŽtĂ© de cela nous avons un manque de tension confondant (tant le huis clos prĂ©vu n’est pas enfermĂ©), des personnages fĂ©minins sans grand intĂ©rĂȘt et qu’on aimerait bien voir passer sous les griffes de la fameuse bĂȘtes qui va se rĂ©vĂ©ler. Un retour donc en demi-teinte pour le cinĂ©aste qui tease dĂ©jĂ  sa suite d’Incassable (enfin !) que l’on espĂšre vraiment rĂ©ussie cette fois !

Du cĂŽtĂ© des suites qui arrivent 20 ans aprĂšs l’original, c’est Trainspotting qui a dĂ©barquĂ© timidement dans les salles. Toute l’Ă©quipe du film culte et gĂ©nĂ©rationnel de Danny Boyle qui a boostĂ© la carriĂšre d’Ewan McGregor est de retour et tout le monde a vieilli. Et comme pour l’original ce n’est pas forcĂ©ment du cĂŽtĂ© de l’intrigue qu’il faut chercher l’intĂ©rĂȘt du film mais tout simplement dans les thĂšmes gĂ©nĂ©raux qui sont abordĂ©s et les personnages. Ici c’est donc Ă  nouveau un film sur l’amitiĂ©, l’argent et la trahison avec cette fois un soupçon de nostalgie pour nous montrer que finalement, en 20 ans, pas grand chose n’a changer. Heureusement que l’on aime bien les personnages pour les suivre lĂ  dedans. De son cĂŽtĂ© Boyle trouve lĂ  l’occasion de s’amuser un peu comme au bon vieux temps du cĂŽtĂ© de la mise en scĂšne avec quelques nouvelles petites trouvailles. Au final cette suite n’Ă©tait pas forcĂ©ment indispensable, mais elle n’est pas dĂ©shonorante et on retrouve donc avec plaisir toute la troupe.

Soyons honnĂȘtes, que ce soit le projet d’Ă©tablir un nouvel univers cinĂ©matographique Ă  base de monstres gĂ©ants aprĂšs le bancal Godzilla de Gareth Edwards ou la bande-annonce, rien ne nous laissait penser que Kong Skull Island allait ĂȘtre rĂ©ussi. Et autant le dire, ce n’est pas une grande rĂ©ussite tant le film oublie totalement le King Kong de 1933 ou encore le magistral remake de Peter Jackson et leur poĂ©sie pour se concentrer sur le divertissement pur. Il ne faut donc pas attendre quoi que ce soit du scĂ©nario, des dialogues ou encore des personnages qui n’ont mĂȘme pas le temps d’ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s sur pourtant 2h de film (mĂȘme les acteurs s’en fichent sont lĂ  juste pour le chĂšque et le dĂ©paysement). Tout simplement parce que la star, c’est le Kong gĂ©ant 30 mĂštres qui doit se bastonner avec d’autres grosses crĂ©atures. On perd donc complĂštement en histoire ce que l’on gagne en plaisir coupable de voir un singe dĂ©foncer des lĂ©zards et des hĂ©licos ou encore des araignĂ©es gĂ©antes transpercer du soldat, le tout dans une ambiance guerre du Vietnam des 70′s (tubes du juke box Ă  l’appui) avec des rĂ©fĂ©rences Ă  peine appuyĂ©es Ă  Apocalypse Now. Oui, ça ne raconte rien mais il n’empĂȘche que Jordan Vogt-Roberts (dont c’est le premier gros film) s’en sort plutĂŽt bien pour livrer un film d’aventure un peu con mais visuellement impressionnant et Ă  la patte pulp assumĂ©e. Du coup ça passe bien.

Enfin, intĂ©ressons-nous au cas de Grave, film de genre français qui fait le buzz depuis sa rĂ©vĂ©lation en sĂ©lection parallĂšle Ă  Cannes. Les rumeurs font Ă©tat d’un film insupportable, d’e malaises dans les salles, d’un film presque rĂ©volutionnaire … et bizarrement ce n’est pas du ce tout ce que l’on a ressenti dans cette histoire d’ado vĂ©gĂ©tarienne qui devient cannibale aprĂšs un bizutage qui ne se passe pas trĂšs bien Ă  son entrĂ©e en Ă©cole vĂ©tĂ©rinaire. L’ambiance se veut assez rĂ©aliste et la progression du mal-ĂȘtre de notre hĂ©roĂŻne nous fait plonger dans une vĂ©ritable descente aux enfers qui figure l’Ă©veil sexuel de la jeune femme. Oui, sauf que ce message par le prisme de l’horreur n’a strictement rien de novateur et va mĂȘme jusqu’Ă  Ă©voquer une dangerositĂ© des femmes en gĂ©nĂ©ral dans sa chute finale (ce qui est assez vomitif comme discours, surtout venant d’une femme rĂ©alisatrice qui se voit un peu trop filmer). Et cĂŽtĂ© horreur, ce n’est pas forcĂ©ment le choc attendu. Alors certes, il y a bien quelques sĂ©quences fortes dans le cadre de l’histoire, mais il ne faut pas s’attendre Ă  un grand spectacle gore (le plus trash Ă©tant notre hĂ©roĂŻne qui commence Ă  lĂ©chouiller un doigt coupĂ©) et Ă  de grandes sĂ©quences de malaise, d’autant que notre attachant aux personnages ne passe pas et que l’on aimerait bien qu’ils finissent tous dans notre assiette. Finalement, mĂȘme la gentille sĂ©rie Santa Clarita Diet serait plus trash et subversive, c’est dire !

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 18/03/2017 Ă  12:49 | #1

    J’ai adorĂ© « Split»  mais par contre je te rejoins sur « Grave»  qui est vraiment surestimĂ©. Mais je ne pense pas que le message final soit celui que tu donnes, c’est plutĂŽt l’influence nĂ©faste du monde extĂ©rieur sur la construction de la femme. Elle est d’abord victime avant d’atteindre cet Ă©tat bestial.
    Par contre je suis tout Ă  fait d’accord sur les effets horrifiques qui ne fonctionnent que rarement et des dĂ©monstrations vaines Ă  la mise en scĂšne comme le fameux plan sĂ©quence dans la soirĂ©e oĂč tout est trop mĂ©canique, calculĂ©.
    Mais bon, ça reste une proposition singuliÚre et relativement solide pour le genre dans notre pays.

  2. FredP
    26/03/2017 Ă  10:56 | #2

    Oui, pour Grave, en effet on peut aussi l’interprĂ©ter comme ça mais comme j’Ă©tais en mode facepalm devant le film, je n’ai pas cherchĂ© Ă  aller plus loin. Toutefois, je serai tout de mĂȘme heureux qu’il fonctionne si ça peut aider le cinĂ©ma de genre français Ă  Ă©merger Ă  nouveau

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