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Alien Covenant, critique

posté le 07/05/2017 FredP

Les xénomorphes sont de retour au cinéma ! C’est en tout cas ce que promet l’affiche d’Alien Covenant. Mais Ridley Scott se penche finalement toujours sur les mêmes questions que dans Prometheus. Voici donc un nouveau film hybride qui commence à apporter des réponses.

Il y a cinq ans, Ridley Scott replongeait dans l’univers d’Alien en nous présentant Prometheus. L’enthousiasme avait laissé la place à une grande déception tant le film n’avait pas grand chose à voir avec les xénomorphes, traité avec une mise en scène efficace mais un scénario bancal et des personnages transparents. Sans horreur, il se permettait néanmoins d’évoquer le thème de la création et de la relation entre la créature et le créateur à différentes échelles qui étaient plutôt intéressantes.  Mais même si déception il y a eu, le réalisateur n’a toutefois pas laissé tomber son idée et profite du grand succès de Seul sur Mars pour revenir à la suite de Prometheus en nous promettant cette fois de se rapprocher de l’Alien original.

Quelques années après les événements de Prometheus, nous nous retrouvons cette fois aux côtés de l’équipage du Covenant qui a pour mission de coloniser une planète lointaine. Mais un problème va survenir, permettant alors de se rendre compte qu’il y a peut-être une planète habitable plus proche … mais est-elle sans dangers ? Et comment est-elle liée à ce qui était arrivé au Dr Elizabeth Shaw et à l’androïde David du Prometheus ? De nouvelles réponses vont se poser et surtout une menace sanglante va faire son apparition.

Si vous pensiez voir enfin un nouvel épisode d’Alien, attention, vous risquez d’être fort déçus. En effet, Ridley Scott est un auteur têtu qui a ses propres obsessions et ce Covenant s’apparente bien plus à une suite de Prometheus qu’à un épisode des aventures de Ripley. Il pose même le ton dès le départ avec un dialogue entre l’androïde David et son créateur qui met donc le thème de cette nouvelle saga initiée précédemment au centre des question : la création immortelle n’est-elle pas supérieure à son créateur mortel ? Ceci va donc permettre de nous interroger pendant 2h sur ses intentions qui étaient floues dans le 1er volet et qui deviennent maintenant plus claires et morbides (Michael Fassbender étant de retour dans la peau d’un nouveau modèle nommé Walter), l’être artificiel ayant bien dérivé de sa programmation (comme c’était le cas de celui d’Alien d’ailleurs). Tout ce sujet et ces expériences sont bien le sujet le plus intéressant de Covenant avec ses multiples références à la mythologie et au grandes citations classiques.

Mais ce sujet de pure SF sur la création peine encore une fois à se marier avec l’univers d’Alien, la faute à un scénario encore une fois bancal. Ici on retrouve encore quelques clichés, un groupe de personnages qui nous indiffèrent (et à qui on a envie de donner un bon coup de pied au cul pour qu’ils arrêtent de chouiner) et plus de questions que de réponses. Pendant tout le film on se demande bien où Ridley Scott veut nous emmener alors qu’on connait le point d’arrivée (Alien). Toutes les déviations qu’il prend pour y arriver (puisqu’il prévoit encore quelques films pour apporter toutes les réponses) ne font donc que jouer avec notre impatience et c’est assez lassant. On se dit alors qu’il aurait peut-être mieux fait de poser une série tv dérivée de l’univers d’Alien qui aurait permit de répondre à toutes ses questions avec plus de libertés.

Toutefois, il y a tout de même questions qui trouvent enfin leur réponses, donc l’origine de la conception des aliens. Et si c’est inattendu, cela a au moins le mérite de donner au film un ton adulte et violent qui fait plaisir à voir. Car Alien Covenant ne va pas lésiner sur les images choc, en particulier lorsque quelques membres de l’équipages vont souffrir en libérant une nouvelle créature sanguinaire. C’est l’occasion pour le réalisateur de renouer avec l’aspect horrifique de la saga en jouant adroitement sur les ombres, le sang et les membres et têtes amputés, jusqu’au dernier quart d’heure qui rappelle enfin le premier film mais sent alors le déjà vu.

Même si on n’aime pas l’orientation qu’a pris la saga avec le retour de Ridley Scott aux commandes, on ne peut pas lui enlever le fait de proposer quelque chose d’original, voyant plus grand ‘un simple film d’horreur dans l’espace. En ce sens, on ne sait pas forcément à quoi s’attendre et c’est tout de même réalisé toujours avec efficacité. Il faudrait seulement le faire avec un scénario et des personnages qui soient mieux travailler pour nous emmener avec lui dans ses questionnements et ses enjeux importants mais qui manquent pourtant ici d’envergure et pourrait faire de cette saga un grand space opéra épique et horrifique. Reste à savoir ce qu’il a prévu pour les suites, en espérant que ce soit plus maîtrisé.

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