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the Revenant, critique

posté le 18/02/2016 FredP

Quand l’un des plus grands acteurs d’Hollywood et l’un des plus grands réalisateurs contemporains s’associent et luttent pour nous offrir un survival qui a beaucoup de chose à dire dans ses silences, the Revenant est déjà l’un des grands chocs de l’année.

Alors même qu’il n’avait pas encore été couronné d’Oscars avec Birdman, le mexicain Alejandro G. Inaritu était parti en plein tournage pour son film suivant, the Revenant, avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy. Un an après son sacre, il revient donc nous montrer le film choc qu’il a tourné au Canada en lumière naturelle. L’histoire tout autant que le jeu intense des acteurs et la réalisation vous nous emporter dans ce qui pourrait se révéler comme l’un des films les plus importants des dernières années sur l’Amérique.

Adapté du roman de Michael Punke (devenu une vraie légende urbaine du folklore US), the Revenant parle donc simplement d’un homme attaqué par un ours et laissé pour mort par ses compagnons après lui avoir pris tout ce qui lui restait, mais contre tout attente, il survit, sort de terre et va devoir affronter les tempêtes de neige et les clans d’indiens pour accomplir sa vengeance. Une histoire qui tiendrait comme ça sur un bout de papier, mais comme l’ont démontré certains des plus grands chef d’oeuvre, si cette simplicité est bien racontée, cela peut faire toute la différence, et d’autant plus quand cela évoque en filigrane des choses bien plus intéressantes et cet aspect, Alejandro G. Inaritu l’a bien compris.

En effet, si le réalisateur mexicain a choisi avec son talentueux directeur de la photo Emmanuel Lubezki (oscarisé pour Gravity et Birdman et qui pourrait récidiver cette année) de tourner en lumière naturelle et dans des conditions extrêmes, c’est pour nous offrir une immersion dans les conditions que va connaître le personnage mais aussi les plus beaux plans de cinéma que l’on ai vu ces derniers temps (rappelant donc immanquablement Malick avec qui a déjà collaboré Lubezki, mais avec une dimension plus viscérale) et cela fonctionne à merveille.
De la scène de bataille d’ouverture, toujours à hauteur humaine jusqu’au duel final, nous serons toujours en train d’accompagner notre héros même à ras du sol dans des plans d’une parfaite fluidité dont le grand morceau de bravoure reste sans conteste l’attaque de l’ours, une scène éprouvante pour tous les spectateurs et qui nous permet de voir la maîtrise du réalisateur entre la l’horreur et la violence qu’il doit retranscrire tout en montrant la performance de l’acteur et éviter au spectateur de détourner le regard.

Une maîtrise totale de la réalisation donc, mais au service d’un récit prenant qui, sur plus de 2h30 va nous captiver. Car nous avons ici un homme qui doit tout faire pour survivre et accomplir sa vengeance dans un contexte difficile. Il y a alors beaucoup de choses racontées sur la nature humaine dont peuvent naître des sentiments aussi noirs que la lâcheté, la cruauté, la vengeance, mais aussi l’amour, l’espoir et la rédemption. Et chacune de ces facettes est mise en image de manière brutale ou poétique tout au long du film. Et cela sans oublier de raconter également la grande histoire derrière ce récit.
Car the Revenant remet également en lumière la manière dont ont été traité les natifs et les méfaits qu’ont apportés les envahisseurs anglais ou français. Un véritable discours à charge qui reste d’actualité quand on sait que le réalisateur est mexicain et qu’il a donc sans doute aussi voulu dire des choses sur les conditions de vie et l’impérialisme américain sur son propre pays. Tout cela rend alors le film véritablement fascinant et bien plus grand que ce que l’histoire de base propose.

Avec tout cela on n’oublierait presque de parler de la performance des acteurs. Mais il est en fait inutile de dire que Leonardo DiCaprio est comme d’habitude brillant et mérite encore et toujours un Oscar pour son interprétation de ce survivant affrontant des conditions extrême et animé par un désir de vengeance et de survie mais aussi un amour pour ses proches qui se lit intensément dans ses yeux à chaque plan. Et à ses côtés, Tom Hardy marmonne toujours avec un regard fou à lier tandis que Domhnall Gleeson semble être la seule personne un peu sensée au milieu de ce blizzard violent.

Grandiose et violent dans ses images comme dans son discours, the Revenant est sans doute l’un des films les plus importants de ces dernières années, un véritable choc cinématographique comme on en voit peu, une comète de passage qui devrait nous marquer pour longtemps.

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