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Steve Jobs, critique

posté le 28/01/2016 FredP

Prenez le sujet « Steve Jobs« , associez-y les noms de Danny Boyle, Aaron Sorkin, Michael Fassbender et Kate Winslet et vous obtenez forcĂ©ment un film intĂ©ressant qui a toute sa place aux oscars.

En 2013, tout juste 2 ans après la mort de Steve Jobs, un premier film lui Ă©tait consacrĂ© et si la prestation d’Ashton Kutcher Ă©tait tout Ă  fait louable, le film n’Ă©tait pas exceptionnel avec sa structure classique de biopic et la fin arrivait au moment oĂą le film pouvait enfin dĂ©coller. Mais qu’importe, on savait depuis un moment qu’un autre film serait fait puisque qu’Aaron Sorkin planchait sur le scĂ©nario.

A l’origine, le scĂ©nariste devait retrouver son associĂ© de the Social Network, David Fincher mais suite Ă  quelques soucis de production (diffĂ©rents artistiques, changement de studio, choix d’acteurs fluctuant de Leonardo DiCaprio Ă  Christian Bale…), c’est finalement Danny Boyle qui se voit mettre en scène l’audacieux script.

Et pour ĂŞtre audacieux, ça l’est complètement puisque le film ne se contente pas d’ĂŞtre un biopic mais un vĂ©ritable exercice de style pour un scĂ©nariste. Car Steve Jobs est ici composĂ© en 3 actes, chacun se dĂ©roulant dans les coulisses d’une confĂ©rence très importante qui a marquĂ© la vie de Jobs et d’Apple. A chaque fois ce sont donc 40 minutes de discussions Ă  un rythme effrĂ©nĂ© dans les coulisses, permettant de retrouver le gĂ©nie Ă©changer avec ses collaborateurs et donc de comprendre les personnages, leurs enjeux, leurs histoires sur plusieurs dĂ©cennie seulement Ă  travers des dialogues parfaitement Ă©crits.

En 3 actes et 3 confĂ©rences (le rĂ©vĂ©lation du Macintoch, la vengeance avec NeXT et la consĂ©cration avec l’iMac), le scĂ©nariste revient sur 3 pĂ©riodes phares et s’intĂ©resse aux personnages, Ă  la rĂ©volution technologique, aux dimensions stratĂ©giques et Ă©conomiques de l’entreprise tout en offrant une dimension théâtrale presque shakespearienne Ă  l’ensemble.

Il faut dire que Danny Boyle a parfaitement compris l’intention de Sorkin et va mettre ces dialogues en image de manière particulièrement intelligente. Ainsi, les 3 actes auront vraiment un traitement diffĂ©rent avec chacun son propre style d’image ou de musique mais gardant sans arrĂŞt ses personnages debout, parlant tout en marchant en Ă©tant suivis par une camĂ©ra aux aguets. Il nous entraĂ®ne avec Steve Jobs dans les coulisses des théâtres oĂą se jouent les moments les plus cruciaux de sa vie et nous ne pouvons qu’ĂŞtre absorbĂ©s par cette manière de faire.

Et cela ne pourrait ĂŞtre aussi marquant sans les prestations impeccables des acteurs qui arrivent Ă  sortir les lignes de dialogues de Sorkin de manière naturelle et ce n’est pas Ă©vident quand on voit le rythme auquel ils sont soumis. Michael Fassbender, si il ne ressemble finalement physiquement que peu Ă  Jobs, en restitue en tout cas toute l’intensitĂ© perfectionniste et machiavĂ©lique Ă  travers son interprĂ©tation alors qu’en face de lui, Kate Winslet se dĂ©marque particulièrement en bras droit qui n’a rien d’inutile, peut-ĂŞtre la seule attache humaine du gĂ©nie.

Avec Steve Jobs, Sorkin et Boyle nous offrent donc en plus de bons numĂ©ros de comĂ©diens un biopic qui sort complètement de l’ordinaire et se rĂ©vèle d’une intelligence et d’une audace Ă  la hauteur du personnage. Bravo.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 28/01/2016 Ă  19:44 | #1

    Aaaah, ça donne grave envie du coup :)