Accueil > Cinéma, Critiques ciné > Room, critique

Room, critique

posté le 10/03/2016 FredP

Petite sensation indĂ© prĂ©sente aux Oscars, Room n’a pas volĂ© son oscar pour Brie Larson et chamboule immanquablement les coeurs.

Cela fait 7 ans que Joy a Ă©tĂ© enlevĂ©e et enfermĂ©e dans une pièce par son ravisseur, et 5 ans qu’elle a donnĂ© naissance Ă  un petit garçon qui n’a connu que cette pièce toute sa vie.  Voici comment dĂ©bute Room, s’inspirant de faits divers connus pour nous placer du cĂ´tĂ© de la victime qui doit faire sa vie dans ces horribles conditions pendant tant d’annĂ©es, rĂ©gulièrement maltraitĂ©e et  et violĂ©e. Mais encore plus que cela, nous dĂ©couvrons ici cela par les yeux de ce petit garçon encore rempli d’innocence pour qui le monde n’est que c’est pièce et oĂą tout le reste n’existe pas. Entre moments touchants et d’autres particulièrement difficiles car c’est Ă©videmment horrible d’Ă©lever un enfant dans ces conditions, pendant le premiers tiers du film, nos Ă©motions sont rĂ©gulièrement chamboulĂ©es.

Mais lĂ  oĂą le rĂ©alisateur Lenny Abrahamson (qui avait rĂ©alisĂ© l’Ă©trange Frank) se montre encore plus douĂ© que dans cette contrainte d’espace, c’est lorsque l’on doit en sortir. Car Joy dĂ©cide qu’il est temps de retrouver le monde et va se servir de son enfant pour retrouver la libertĂ©. Ainsi, après quelques prĂ©paratifs douloureux, nous avons droit Ă  l’une des plus belles scènes d’Ă©vasion ou le petit doit appliquer ce que sa mère lui a dit tout en dĂ©couvrant en mĂŞme temps qu’il y a un monde bien plus vaste Ă  l’extĂ©rieur. Une sĂ©quence Ă©prouvante et libĂ©ratrice autant pour le personnage que pour le spectateur !

S’enclenche alors la seconde partie du film, très diffĂ©rente de la première dans laquelle nous dĂ©couvrons du coup les consĂ©quences que cet enfermement a pu avoir sur l’enfant et sur Joy. Loin du thriller ou du film de procès, c’est ici un drame intimiste et psychologique sur le fait d’ĂŞtre une mère et d’Ă©lever son enfant dans des conditions extraordinaires. Nous sommes alors tĂ©moins de la dĂ©couverte Ă©merveillĂ©e du monde par le petit Jack de manière particulièrement touchante alors que sa mère doute et ressent le contre-coup de cet enfermement de 7 ans, se demandant si elle a bien fait d’Ă©lever son fils dans cet environnement.

Dans le rĂ´le de cette jeune mère, Brie Larson (que l’on avait dĂ©couvert dans States of Grace oĂą elle rayonnait dĂ©jĂ ) est formidable de justesse, vĂ©hiculant toutes les Ă©motions qu’il faut sans jamais trop en faire dans la dĂ©pression pour que l’on s’attache Ă  elle. A ce titre, elle mĂ©rite amplement l’oscar de la meilleure actrice obtenu il y a quelques jours. Mais elle n’aurait sans doute pas pu autant se donnĂ© si son jeune partenaire Jacob Tremblay n’Ă©tait lui aussi particulièrement talentueux en se montrant aussi irritable qu’adorable.

Film audacieux, très bien maĂ®trisĂ© pour dĂ©livrer toutes les Ă©motions voulues (oppression, libertĂ©, tendresse, doute), Room est une petite pĂ©pite sur le monde vu Ă  travers les yeux d’un enfant et la difficultĂ© de devenir mère et d’assumer ses choix d’Ă©ducation. Un petit film fort dont on ressort forcĂ©ment bouleversĂ©.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. Pas encore de commentaire