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Jane got a Gun, critique

posté le 02/02/2016 FredP

5 ans après son Oscar pour Black Swan et sa grossesse, Natalie Portman revient enfin dans un premier rôle qui ne pouvait que lui coller à la peau dans Jane got a Gun, un western sans grandes fulgurances.

Alors qu’elle a enchaĂ®nĂ© les rĂ´les secondaires dans Thor ou le dernier Malick, on se disait bien que Natalie Portman nous manquait et qu’il Ă©tait temps de la revoir au premier plan. Mais Jane got a Gun qu’elle produit Ă  bout de bras a connu tout de mĂŞme pas mal de galère avec un changement rĂ©alisateur et d’acteurs Ă  la dernière minute (permettant ainsi de retrouver le duo de Warrior, le rĂ©alisateur Gavin O’Connor et l’acteur JoĂ«l Edgerton) et cela se ressent bien pendant tout le film.

Western mettant en avant son hĂ©roĂŻne, Jane got a Gun raconte Ă©videmment comment une femme va devoir prendre les armes pour dĂ©fendre son foyer pour faire face Ă  un bandit vraiment très mĂ©chant (presque mĂ©connaissable Ewan McGregor que l’on aurait aimĂ© avoir plus de temps Ă  l’Ă©cran). PrĂ©parer la maison Ă  cette attaque avec un mari alitĂ© et son ex qui revient dans le jeu, ce n’est pas forcĂ©ment facile.

ResserrĂ© autour de son trio de personnages qui passent 2 tiers du film retranchĂ©s dans la maison, Jane got a Gun va donc forcĂ©ment s’intĂ©resser Ă  leurs Ă©tats d’âme et surtout dĂ©velopper leur histoire Ă  travers une sĂ©rie de flashbacks intempestifs qui vont interrompre le rĂ©cit toutes les 10 minutes. Il faut dire qu’il faut bien ça pour alimenter une histoire qui n’aurait sinon pas grand chose Ă  raconter. Une maladresse de scĂ©nario qui donne alors un cĂ´tĂ© très anecdotique au film et Ă  ses personnages.

Tout cela est bien dommage car on sent dans ce scĂ©nario la volontĂ© d’avoir un personnage fĂ©minin fort, celui d’une femme Ă  la vie compliquĂ©e, passĂ©e par des Ă©tapes difficiles (perte de l’enfant, exploitation sexuelle, …), qui s’est maintenant rangĂ©e mais qui aurait enfin l’occasion de se venger. Mais tout cela est bien trop propre et Natalie Portman est bien trop entourĂ©e d’hommes pour mener cette quĂŞte de manière marquante et faire de son personnage quelqu’un de vraiment mĂ©morable, passant ici plus pour une femme qui oublie rapidement son passĂ© ou ou comme une chouineuse de première classe Ă  la place de la mère vengeresse au caractère complexe (qui Ă©tait sans doute la volontĂ© première du scĂ©nario pour quelle veuille Ă  ce point le produire).

Et c’est d’autant plus dommage que la rĂ©alisation de Gavin O’Connor est plutĂ´t propre, faisant ce qu’il faut pour donner la majestĂ© qu’il faut aux dĂ©cors naturels et l’impact souhaitĂ© aux action des personnages, nous gratifiant de belles sĂ©quences et de scènes d’action efficaces, mais qui, sans histoire et personnages forts, se rĂ©vèlent finalement assez vains.

Jane got a Gun avait donc un sacrĂ© potentiel, mais les soucis de scĂ©nario et de production l’empĂŞchent donc d’assumer les balls que porte le titre et d’aller bien loin, si ce n’est vers un lĂ©nifiant happy end qui annonce ensuite la petite maison dans la prairie.

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