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Dernier train pour Busan, critique

posté le 16/08/2016 FredP

PrĂ©sentĂ© en sĂ©ance de minuit Ă  Cannes, le corĂ©en Dernier train pour Busan s’arrĂȘte enfin sur les Ă©crans français pour nous apporter notre dose estivale de zombie survitaminĂ©s et c’est tout ce que l’on demandait en terme d’action et d’efficacitĂ©.

On a peut-ĂȘtre tendance Ă  l’oublier de temps en temps mais les corĂ©ens, influencĂ©s un temps par les blockbusters hollywoodiens, sont en passe de dĂ©passer leurs maĂźtres et le nouveau venu, Dernier Train pour Busan de Sang-ho Yeon, en est une nouvelle preuve. Car le film reprend tous les clichĂ©s du film catastrophe que l’on retrouvait encore derniĂšrement chez Emmerich avec une famille dysfonctionnelle que des Ă©vĂ©nements dramatiques et spectaculaires vont rapprocher, les personnes ĂągĂ©es un peu boulet, la femme enceinte, les ados amoureux et Ă©videmment le mĂ©chant homme d’affaires (il manque juste le chien Ă  sauver).

Et les Ă©vĂ©nements spectaculaires seront cette fois une attaque de zombies qui dĂ©vaste la CorĂ©e et arrive Ă  s’engouffrer in extremis dans le train, contaminant les wagons les uns aprĂšs les autres. Evidemment on fera vite le rapprochement avec le Snowpiercer du compatriote Bong Joon-ho pour le dĂ©cor du train mais avec tout de mĂȘme moins de portĂ©e sociale et une rĂ©alisation un peu moins Ă©laborĂ©e. Mais cela n’empĂȘche pas ce Dernier train pour Busan d’ĂȘtre un divertissement sacrĂ©ment efficace et sans temps mort du dĂ©but Ă  la fin.


En effet, le rĂ©alisateur ne perd pas son temps dans une longue introduction. AprĂšs avoir prĂ©sentĂ© ce pĂšre et sa fille qui ne se parlent plus, on rentre directement dans le train et la menace ne se fait pas attendre, permettant ainsi de suivre rapidement un petit groupe de survivants rĂ©fugiĂ©s dans un wagon et multipliant les pĂ©ripĂ©ties pouvant survenir Ă  l’arrĂȘt du train dans une gare par exemple. Le rĂ©alisateur repĂ©rĂ© avec le film d’animation the King of Pigs n’hĂ©site pas sur la violence et envoie valdinguer ses zombies dans des sĂ©quences de bagarre bien menĂ©es, le tout avec une rĂ©alisation efficace, parfois cartoonesque (avec ses tonnes de zombies qui courent ou tombent), typique du « trop plein»  du cinĂ©ma corĂ©en qui aime bien en faire des caisses.

Ce « trop plein»  et ces curseurs poussĂ©s Ă  fond, on les retrouve aussi Ă©videmment dans les sĂ©quences Ă©motions et les caractĂšres des personnages, jamais dans la demi-mesure. Mais c’est justement ce dosage un peu grossier qui nous permet de nous attacher rapidement aux personnages et Ă  l’histoire et de suivre tout cela avec un plaisir certain, mĂȘme si c’est au dĂ©triment du discours social. Si les zombies ont gĂ©nĂ©ralement reprĂ©sentĂ© une critique politique et sociale de notre mode de vie et systĂšme Ă©conomique mais ils sont ici surtout l’Ă©lĂ©ment servant de base pour aborder le genre du film catastrophe (on n’est pas dans le cinĂ©ma d’horreur ici) de maniĂšre bien plus efficace qu’un World War Z. Toutefois l’aspect social et critique n’est pas totalement ignorĂ© puisque l’ultracapitalisme et ses consĂ©quences globales et sur la vie de famille sont tout de mĂȘme Ă©voquĂ©es pour donner un peu plus de profondeur, mĂȘme superficielle, au film.

Avec Dernier train pour Busan, nous tenons donc lĂ  l’un des meilleurs blockbusters de l’Ă©tĂ© et un film catastrophe zombie d’une efficacitĂ© redoutable. On aimerait presque que nous voyages en train soient aussi divertissants !

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