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Paradise Lost, critique

posté le 03/11/2014 FredP

Dans Paradise Lost, il semblerait que personne n’√©chappe √† Pablo Escobar. Et pourtant le film a bien du mal √† simposer car derri√®re certains aspects passionnants se cache une histoire sans grand int√©r√™t et c’est bien dommage. Une d√©ception.

Le jeune Nick d√©barque en Colombie avec son fr√®re et r√™ve d’y devenir prof de surf. Il tombe rapidement sous le charme de Maria et il deviennent vite ins√©parables. Mais la jeune femme est √©galement la ni√®ce du patron de cartel le plus intelligent, m√©galo, violent, du pays, Pablo Escobar. Rapidement, il va arriver √† se faire une place dans cette nouvelle famille … mais √† quel prix ? et est-il vraiment accept√© par son oncle ? Voil√† l’histoire de Paradise Lost, m√™lant √† la fois des √©l√©ments de fiction et de r√©alit√© pour offrir un film qui r√©fl√©chit sur la folie d’un homme de pouvoir, √† l’instar du Dernier Roi d’Ecosse.

On sent d’ailleurs bien qu’Andrea Di Stefano (dont c’est le premier film en tant que sc√©nariste et r√©alisateur) s’est bien document√© sur Pablo Escobar, ressortant r√©guli√®rement de v√©ritables faits sur sa vie priv√©e, sa r√©sidence et son mode de pens√©e. Il se montre particuli√®rement audacieux en ne montrant jamais frontalement le trafic de drogue (car partant du point de vue de Nick), mais va constamment se pencher sur la personnalit√© de ce patron de cartel se prenant pour Dieu et r√©gnant sur la Colombie. Le portrait qui est fait de cet homme, qui peut se montrer adorable avec a famille et en m√™me temps impitoyable d√®s que l’univers qu’il a construit est menac√©, est tr√®s int√©ressant.

Il faut dire que le r√©alisateur a l’occasion de diriger l’une des seules personnes qui √©taient capables de jouer Pablo Escobar, √† savoir Benicio Del Toro. L’acteur est, comme √† son habitude, impressionnant et impr√©visible. Il apporte √† son personnage autant d’humanit√© que d’inhumanit√©, et montre ainsi plusieurs facettes fascinantes qui nous donnent bien envie de plonger plus amplement dans la psych√© et l’histoire d’Escobar.

Malheureusement, malgr√© tout l’int√©r√™t du personnage et la d√©couverte progressive de sa personnalit√© effroyable, le film est plomb√© d√®s le d√©but par les cinq premi√®res minutes qui √©voquent d√©j√† en flash forward tout ce qu’il va se passer √† la fin. L’intention de l’auteur √©tait d’√©voquer les trag√©dies grecques montrant un √©l√©ment cl√© et nous interrogeant alors sur la mani√®re dont on va y arriver. Mais ici, √ßa ne fonctionne pas et savoir ce qui va arriver ne nous fait qu’attendre sagement ce moment fatidique, car en attendant, il n’y a rien de surprenant. Aucun √©v√©nement ne va nous d√©vier de l’histoire, aucune surprise n’est l√† pour apporter un peu de tension ou de suspense. En plus de cela, ces sc√®nes nous d√©crivent d√©j√† la mani√®re de penser d’Escobar et notre d√©couverte progressive du personnage, de sa lumi√®re √† son ombre, n’a donc plus aucun int√©r√™t. Ce choix maladroit pour d√©buter le film va donc nous porter pr√©judice tout le long, attendant que les s√©quences cl√©s se d√©roulent sans grand myst√®re.

Par ailleurs, si on s’identifie facilement au personnage de Nick qui est un peu passe-partout et si quelques sc√®nes avec Benicio Del Toro sont bien √©crites (celle de la chambre est un excellent moment d’√©change entre les 2 personnages), jamais on ne sent d’ampleur dans le film qui est tr√®s resserr√© sur certain moments de ces 2 protagonistes. En effet, beaucoup d’√©l√©ments sont survol√©s. Le point de vue de Maria qui aurait pu apporter plus d’√©motion et de choc (car faisant partie de la famille proche d’Escobar) est purement ignor√© (et on ne parle m√™me pas de la rapidit√© de l’histoire d’amour), et le fr√®re pourtant jou√© par Brady Cobert est presque ignor√© alors qu’il aurait pu faire na√ģtre plus de moments de tension. La galerie de personnages secondaires n’est jamais exploit√©e alors qu’il y avait pourtant de la mati√®re √† cr√©er une grande fresque.

Cela dit, malgr√© ses d√©fauts, il faut se rappeler que Paradise Lost est un premier film et √† ce niveau c’est tout de m√™me d√©j√† louable d’arriver √† livrer un film tout de m√™me assez os√© (on verra des morts et il n’y aura peut-√™tre pas de happy end) avec de belles sc√®nes d’√©changes entre les personnages et un troisi√®me tiers centr√© sur l’action un peu plus efficace. Mais vu le sujet prometteur, c’est tout de m√™me une d√©ception.

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