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Maps to the Stars, critique

posté le 03/06/2014 FredP

David Cronenberg Ă©tait de retour Ă  Cannes pour dĂ©noncer le système hollywoodien avec Maps to the Stars … ok, ça dĂ©nonce mais un peu dans le vent non ?

Il y a deux ans, David Cronenberg nous avait bien dĂ©concertĂ© avec son Cosmopolis qui lui permettait d’aborder le sujet de la crise du point de vue d’un yuppie en limousine. Toujours pas assagi contre le système, cette fois c’est aux dĂ©rives d’Hollywood qu’il s’intĂ©resse Ă  travers ce film choral oĂą se croisent une vieille actrice en pleine thĂ©rapie, un gourou d’on ne sait pas trop quoi, un fiston-star Ă  la grosse tĂŞte et le retour d’une mystĂ©rieuse jeune brĂ»lĂ©e qui va bouleverser la vie de tout ce petit monde et les mettre face Ă  leurs contradictions.

Pendant un long moment, le film multiplie les scènes de ses personnages nĂ©vrosĂ©s qui oscillent tous entre le dĂ©testable et le pathĂ©tique. C’est clair, le discours de Cronenberg sur ces habitants un peu spĂ©ciaux du Los Angeles du luxe n’est pas complaisant et il va mĂŞme en dresser le portrait d’une famille consanguine aussi surprenant que rebutant et dĂ©concertant.

Maps to he Stars dĂ©clenche ainsi plusieurs sentiments Ă©trange. D’un cĂ´tĂ© il y a l’ennui provoquĂ© par une mise en scène qui prend son temps, qui laisse traĂ®ner les choses, comme pour mieux nous faire mal. D’un autre cĂ´tĂ©, cette lenteur et ces personnages auxquels on  a du mal Ă  s’identifier ont Ă©galement un aspect fascinant et l’on se demande bien jusqu’oĂą ils pourraient aller pour tenir le rĂ´le qui fera d’eux des stars. C’est clair, le film va diviser et pourtant il se rĂ©vèle peut-ĂŞtre plus en y repensant une fois qu’on l’a vu, d’autant plus que les deniers instant oĂą Cronenberg va Ă©videmment placer la violence qu’il fallait pour faire bouger les choses.

Le destin du personnage de Julianne Moore, actrice maudite qui souhaite jouer un personnage dans le remake d’un film dont sa mère Ă©tait la star est donc un Ă©trange miroir de cette famille qui doit faire face aux nĂ©vroses de son gamin-star surprotĂ©gĂ© par une mère qui n’en peu plus de garder ses secrets. Un double portrait malsain qui ne peut que mal se terminer, comme une malĂ©diction qui se rĂ©alise, dans dans lequel il y a aussi quelques instants de nostalgie Ă©trange qui rendent le film intĂ©ressant.

Evidemment, on peut saluer le talent de ses stars magnĂ©tiques qui apportent  toute leur Ă©trangetĂ© et malsaine vision de l’espoir dans ce film. Julianne Moore nĂ©vrosĂ©e y est comme très souvent impeccable, Ă  la fois radieuse et particulièrement noire. Après Stoker, Mia Wasikowska commence Ă  apprivoiser les rĂ´les de personnages borderline Ă©paulĂ©e par un John Cusack faible comme il se doit alors que le jeune Evan Bird est une belle rĂ©vĂ©lation du film.

Tous sont bien lĂ  pour donner un consistance complexe Ă  ce portrait au vitriol d’un Hollywood consanguin. Le portrait d’une malĂ©diction parfois un peu vain mais qui reste tout de mĂŞme assez fascinant.

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