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Grand Piano, critique

posté le 22/04/2014 FredP

Elijah Wood revient dans Grand Piano, un thriller musical qui porte bien l’empreinte d’Hitchcock et qui sortira chez nous directement en vidĂ©o le 30 avril.

Imaginez le suspense insoutenable du final de l’Homme qui en savait trop du maĂ®tre Hitchcock avec un intrigue Ă  la Phone Game et vous obtiendrez  grosso modo le pitch de Grand Piano. Le film est donc un huis cos en plein concert pendant lequel le pianiste surdouĂ© va avoir une pression en plus de son trac habituel puisqu’il est menacĂ© par un inconnu. Si il fait la moindre fausse note, sa femme se trouvant dans le public mourra. Une histoire très simple ici resserrĂ©e sur moins d’une heure trente.

Après un gĂ©nĂ©rique nous mettant dans l’ambiance et une rapide prĂ©sentation du personnage incarnĂ© par Elijah Wood, pianiste encore traumatisĂ© par son Ă©chec cinq ans plus tĂ´t, l’intrigue a le mĂ©rite de dĂ©marrer assez vite et de ne laisser aucun temps mort. Tout se passe presque en temps rĂ©el avec une unitĂ© de lieu qui sera toujours respectĂ©e. A partir de lĂ , il faut forcĂ©ment trouver quelques moyens pour dynamiser l’intrigue et on ne peut pas se contenter de voir le pianiste lire les menaces figurant sur sa partition. C’est alors que tout s’emballe.

Car pour faire bouger le personnage et lui donner des interactions, les scĂ©naristes vont multiplier les invraisemblances. Allers-retours dans les coulisses pendant les morceaux, utilisation du portable, oreillettes, le pianiste qui parle en mĂŞme temps qu’il joue (il est vrai très douĂ© oui), beaucoup de ficelles semblent ici assez Ă©normes pour vraiment fonctionner, mĂŞme si on peut comprendre pourquoi elles sont lĂ . Et pourtant, si on fait l’impasse sur leur artificialitĂ©, ça fonctionne plutĂ´t bien grâce Ă  un rythme particulièrement soutenu grâce auquel l’ennui ne pointe jamais le bout de son nez alors que Wood ne fait qu’une choses, les doigts sur le clavier (et en ce sens, il fait bien passer sa dĂ©tresse).

Mais surtout, Grand Piano est bien le film qui dĂ©coule d’une grande influence d’Hitchcock. Impossible ici de ne pas voir l’hommage rendu Ă  l’Homme qui en savait trop et l’on retrouve bien ici tous les archĂ©types du maĂ®tre du suspense, du mac guffin aux dĂ©tournements d’attention en passant par les femmes blondes ou un montage recelant quelques idĂ©es assez efficaces (un Ă©gorgement Ă©voquĂ© par le passage de l’archet sur le violoncelle, …). Et l’on pourra aussi reconnaitre au film cette tendance Ă  utiliser de longs plan de camĂ©ra aux mouvements amples, rendant toute l’action parfaitement lisible et faisant Ă©tat de l’esprit paniquĂ© de Wood.

Si l’on pourra regretter le final vite achevĂ© avec un John Cusack pas très inspirĂ©, le film se termine sur la note de mystère qu’il faut et on aura au final passĂ© un bon moment devant ce Grand Piano qui joue avec le code du maitre sans avoir la prĂ©tention de lui arriver Ă  la cheville et l’assume parfaitement. C’est pas dĂ©sagrĂ©able.

publié dans :Cinéma

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