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Grand Budapest Hotel, critique

posté le 24/02/2014

Wes Anderson est de retour avec un nouveau casting hallucinant pour nous offrir un nouveau flm dont l a le secret : Grand Budapest Hotel.

AprĂšs avoir prĂ©sentĂ© son Moonrise Kingdom Ă  Cannes en 2012, le plus français et dandy des rĂ©alisateurs indĂ©pendants amĂ©ricains est de retour avec un nouveau long mĂ©trage dĂ©jĂ  rĂ©compensĂ© Ă  Berlin. Dans Grand Budapest Hotel, Wes Anderson remonte dans le temps pour nous raconter dans les annĂ©es 30, la petite histoire du concierge Monsieur Gustave et de son lobby boy, le jeune Zero, qui deviendra pus tard propriĂ©taire de l’hĂŽtel interrogĂ© par un Ă©crivain. Au programme de cette chronique Ă  la Agatha Christie : des clients originaux, un hĂ©ritage, un tableau volĂ©, de la prison, une prise de pouvoir de l’armĂ©e …

Poussant toujours plus loin son style, le rĂ©alisateur compose son film comme une poupĂ©e gigogne, dĂ©marrant son film sur l’Ă©crivain racontant comme, dans le passĂ©, il a rencontrĂ© le vieux gĂ©rant du Grand Budapest Hotel, celui-ci lui racontant alors sa jeunesse. Ce dernier flashback occupant tout de mĂȘme l’essentiel du film dans un travail trĂšs poussĂ© sur la narration. Wes Anderson manie la plume autant que la camĂ©ra pour dĂ©livrer un rĂ©cit intĂ©ressant, une aventure comme d’habitude remplie Ă  la fois de fraicheur poĂ©tique et de mĂ©lancolie dont la noirceur semble innocente mais reste pourtant bien prĂ©sente jusqu’Ă  la fin.

Mais surtout, c’est sa mise en scĂšne qui se montre encore une fois d’une prĂ©cision Ă  tomber. Filmant ce qu’il se passe dans son hĂŽtel comme si c’Ă©tait une maison de poupĂ©es (style poussĂ© cette fois Ă  son paroxysme), il compose toujours ses cadres de maniĂšre symĂ©trique, les personnages centrĂ©s restant une perpĂ©tuelle obsession. Il n’y a pas Ă  dire, le film est maitrisĂ© et reste un magnifique Ă  voir, comme si l’on naviguait Ă  travers les cases d’une superbe bande-dessinĂ©e franco-belge des annĂ©es 60, et l’utilisation du stop-motion sur une sympathique descente Ă  ski ne fait qu’ajouter Ă  cette impression.

FidĂšle Ă  son style, Wes Anderson est Ă©galement fidĂšle Ă  ses amis comĂ©diens. Et il a tentĂ© ici d’en placer dans toutes les chambres de son hĂŽtel. En vrac on retrouve donc les habituĂ©s du rĂ©alisateurs Bill Murray, Edward Norton, Jason Schwartzman, Adrien Brody, Tilda Swinton, Jeff Goldblum, Owen Wilson, Willem Dafoe (excellent bad guy), Harvey Keitel, les petits nouveaux Ralph Fiennes (au centre du rĂ©cit), Saoirse Ronan, Jude Law et les franchies Mathieu Amalric et LĂ©a Seydoux (pour une courte apparition heureusement) sans oublier le jeune hĂ©ros Tony Revolori. Un casting de rĂȘve oĂč chacun trouve parfaitement sa place et prend vĂ©ritablement plaisir Ă  jouer.

Cependant, si Grand Budapest Hotel est d’une prĂ©cision sans failles, techniquement impeccable et pousse le style de son rĂ©alisateur Ă  bout, ce contrĂŽle extrĂȘme du cadre attĂ©nue du coup l’Ă©motion qu’il peut se dĂ©gager du film. Car l’Ă©motion dĂ©coule aussi en gĂ©nĂ©rale de l’imperfection, d’une petite faille Ă  laquelle on s’attache, ce qui n’est pas le cas puisque l’on regarde finalement seulement des personnages manipulĂ©s dans une maison de poupĂ©es.

Ainsi, impossible de nier que Wes Anderson nous offre encore un trĂšs beau film, Ă  l’emballage parfait, avec une magnifique et intelligente vision, mais il manque seulement la petite Ă©tincelle qui nous y attache pleinement pour en ressortir bouleversĂ©.

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