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Dans l’Ombre de Mary, critique

posté le 21/02/2014 FredP

Les studios Disney rĂ©vèlent  l’histoire qui se cache derrière la conception de Mary Poppins avec Dans l’Ombre de Mary. Gros mĂ©lo poussif, prĂ©visible, tire-larme au programme.

Si tout le monde (ou presque) connait Mary Poppins au point d’entonner Supercalifragilisticexpialidocious dans la seconde, on ne sait pas forcĂ©ment que le projet menĂ© par Walt Disney en personne mit longtemps Ă  aboutir en raison de nĂ©gociations compliquĂ©es avec l’auteur et crĂ©atrice du personnage, Pamela Lyndon Travers. En effet, pour celle-ci, les aventures de Mary Poppins sont bien plus personnelles qu’on ne pourrait le croire et elle n’a absolument pas envie de voir une partie d’elle devenir une nouvelle attraction du crĂ©ateur de Mickey. C’est sur cette pĂ©riode de production du film culte que revient donc John Lee Hancock (auteur du larmoyant Blind Side qui valu un oscar Ă  Sandra Bullock, sorti directement en vidĂ©o chez nous) avec Dans l’Ombre de Mary.

A la fois film racontant les coulisses de la production de Mary Poppins et biopic racontant la vie de son auteur, l’auteur joue sur deux tableaux complĂ©mentaires pour prĂ©senter le personnage  de Pamela Travers. Mais très vite on sent bien un malaise s’installer, un dĂ©sĂ©quilibre qui va occuper tout le film. Il navigue en permanence entre pĂ©riode contemporaine et le passĂ© au travers de flashbacks interrompant le rĂ©cit toutes les 5 minutes (ce dĂ©coupage est alors très agaçant) pour raconter l’enfance difficile de l’auteure avec son père alcoolique alors que ce qui nous intĂ©resse plus, c’est bien la production tumultueuse de Mary Poppins. Si l’on s’intĂ©resse Ă  ce petit bout d’histoire du cinĂ©ma, on sera donc forcĂ©ment déçu puisque la conception des chansons, des phases animĂ©es ne sont racontĂ©es que comme des anecdotes et parfois tout juste Ă©voquĂ©es.

La vĂ©ritable hĂ©roĂŻne, c’est ici Pamela Travers, Ă©crivain australo-britannique coincĂ©e qui va devoir apprendre Ă  vivre avec son passĂ©, Ă  le laisser Ă©chapper, avec l’appui de ce très bienveillant et presque irrĂ©prochable Monsieur Walt Disney. Évidemment, Ă  la fin, le film sort sur les Ă©crans, l’auteur s’est un peu lâchĂ©e et on a bien compris le trauma qui la traversait depuis son enfance et dont on connaissait l’issue depuis les cinq premières minutes du film. Mal Ă©crit, très prĂ©visible et sortant les gros violons Ă  chaque scène pour nous faire pleurer tout en ravivant nos souvenir d’enfance du film Mary Poppins, la sauce ne prendra finalement jamais tant tous ces Ă©lĂ©ments sont superficiels et faciles, sans enjeux dans un biopic incroyablement lisse et d’un ennui abyssal.

De ce gros mĂ©lo au final sans intĂ©rĂŞt et surtout très agaçant, on retiendra Ă©galement la performance beaucoup trop poussĂ©e d’une Emma Thompson en faisant des caisses pour interprĂ©ter Pamela Travers. Multipliant les postures outrĂ©es et coincĂ©es, poussant l’accent anglais Ă  son paroxysme du hautain, elle nous apparait dès les 5 première minutes comme particulièrement antipathique et il sera alors difficile de s’attacher Ă  elle. Et comme c’est d’elle que doivent venir les larmes, forcĂ©ment, ça ne fonctionne qu’Ă  moitiĂ©. En face d’elle, Tom Hanks, plus en retenue et donc impeccable, campe un Walt Disney fort sympathique, tellement sympathique que l’on sent que la production a dĂ©cidĂ© d’en faire le Jiminy Criquet de Pamela, sans dĂ©fauts, plein de bonnes intentions, qui a lui aussi vĂ©cu un passĂ© difficile, bref, l’entrepreneur amĂ©ricain dans toute sa bienveillance. Et on ne parlera pas de Colin Farrell assez pathĂ©tique dans le rĂ´le du mauvais père apparaissant dans toutes les scènes de flashback.

On l’aura compris, Dans l’Ombre de Mary, en plus de passer Ă  cĂ´tĂ© de son sujet pour n’ĂŞtre qu’un gros mĂ©lo tire-larme Ă©tirĂ© en longueur avec ses cartons de flashbacks sortis de la cave est Ă©galement un film produit pour conserver l’image de Monsieur Disney, gĂ©nial crĂ©ateur respectueux de toutes les Ĺ“uvres qu’il a transformĂ© Ă  sa sauce. Non, vraiment, la pilule a bien du mal a passer cette fois.

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