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Culte du dimanche : Ratatouille de Brad Bird

posté le 06/07/2014 FredP

Puisqu’une nouvelle attraction innovante lui est maintenant dĂ©diĂ©e Ă  Disneyland Paris, il est bien normal de revenir sur le plus frenchie des films Pixar, ode Ă  la cuisine mais aussi Ă  l’art en gĂ©nĂ©ral : Ratatouille.

Dans les annĂ©es 2000, si Pixar avait toujours revendiquĂ© aimer la culture française, le studio n’avait pas encore eu l’occasion de le prouver dans un film. C’est donc le scĂ©nario de Ratatouille Ă©crit par Jan Pinkava qui allait faire enfin pouvoir lui rendre hommage. Alors adepte des histoires originales, le studio en tenait une plutĂ´t savoureuse avec ce rat qui va commencer Ă  travailler dans la cuisine d’un grand restaurant français. Mais le scĂ©nariste sera remplacĂ© derrière la camĂ©ra par l’une des valeur sĂ»res du studio, Brad Bird, oscarisĂ© pour sa vision Ă  la fois dynamique et nostalgie des super-hĂ©ros avec les Indestructibles.

Le rĂ©alisateur du GĂ©ant de Fer s’embarque alors avec entrain dans cette histoire en lui confĂ©rant un caractère en plus tout en souhaitant rendre hommage Ă  la culture française. Il nous offre donc un vĂ©ritable Paris de carte postale avec sa vue des toits de la capitale avec la Tour Eiffel sur un coucher de soleil. Oui, c’est clichĂ©, mais cela correspond parfaitement Ă  l’esprit rĂ©tro du film Ă  la vision que l’on peut en avoir en Ă©voquant sa cuisine de grands chefs.

Mais le rĂ©alisateur est aussi lĂ  pour mettre ce rĂ©cit improbable en mouvement et confère de la personnalitĂ© Ă  son attachant rat, RĂ©mi, et Ă  son compère humain Linguini. A leurs cĂ´tĂ©s, on peut trouver toute une galerie de personnages qui ont bien leur rĂ´le Ă  jouer, du chef de cuisine agaçant Ă  Colette Ă  la prĂ©sence plus dĂ©veloppĂ©e que dans le scĂ©nario d’origine. MĂŞme les autres rats ou le cuisiner dĂ©cĂ©dĂ© sont toujours dans les esprits et forment une Ă©quipe de film qui fonctionne parfaitement. A cela il faut ajouter la maĂ®trise de Bird en terme d’images avec une technique irrĂ©prochable et surtout une vĂ©ritable plongĂ©e dans la cuisine. La camĂ©ra virevolte sans arrĂŞt pour nous montrer l’aisance de RĂ©mi dans son milieu naturel et l’on est plongĂ© dans un vĂ©ritable festival d’images colorĂ©e que l’on aurait bien envie de goĂ»ter … il ne manquerait plus que l’odorama pour ĂŞtre complètement immergĂ©.

Comme d’habitude chez Pixar, derrière la carte postale et l’image idĂ©alisĂ©e de la cuisine française et de Paris, le film cache un message bien plus universel. Tout d’abord, celui qui est serinĂ© tout le long du film et qui est prouvĂ© par RĂ©mi, Ă  savoir « tout le monde peu cuisiner»  qui lui permet alors de se transcender et de trouver sa voie. Le film parle ainsi d’amitiĂ© impossible entre un humain et un rat, d’assumer sa diffĂ©rence et d’assumer sa volontĂ© d’aller au bout de ses rĂŞves car c’est ainsi que l’on peut y arriver. Mais dans un sens plus large, il propose Ă  tout le monde d’exercer l’art qu’il a envie de pratiquer… plus que de la cuisine, « tout le monde peut devenir un artiste» . Une vision toute Pixarienne puisque le studio est un adepte de l’originalitĂ©, un goĂ»t qu’il dĂ©fend, toujours contre le formatage des idĂ©es.

Enfin, l’autre message de Pixar Ă  travers Ratatouille et le personnage du critique culinaire très exigeant qu’est Anton Ego est adressĂ© au critiques artistiques et Ă©videmment aux critique de cinĂ©ma. Alors qu’Ă  l’Ă©poque Pixar est le chouchou de tous les critiques de film, le studio n’hĂ©site pas Ă  prendre la dĂ©fense de films ou de rĂ©alisateurs qui n’ont pas la mĂŞme reconnaissance et rappelle Ă  ces journalistes leur fonction, celle de dĂ©couvrir de nouveaux talents, oĂą qu’ils soient, et les rĂ©vĂ©ler au public, les soutenir mais aussi de rĂ©aprendre les plaisirs simple de la cuisine comme de voir des films. Car au delĂ  de cet amourdel’art, c’est celui de le dĂ©fendre sous toutes ses formes qui est aussi important.

Avec ses multiples niveaux de lecture et sa perfection technique, Ratatouille est donc Ă  nouveau une vĂ©ritable rĂ©ussite critique pour le studio, mais aussi un succès public (alors que l’on pouvait penser le sujet de la cuisine et l’utilisation d’un rat pour hĂ©ros plus clivants). La suite, ce sera Andrew Stanton qui emmènera le studio dans les Ă©toiles avec Wall-E et Brad Bird ira vers le film live avec succès en prenant en mains Mission Impossible 4.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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