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Culte du dimanche : Raging Bull

posté le 19/01/2014 FredP

Robert De Niro reprend les gants pour un Match Retour face Ă  Sylvester « Rocky»  Stallone au cinĂ©ma. L’occasion de revenir sur l’un de ses plus grands rĂ´les devant la camĂ©ra de Martin Scorsese, Raging Bull.

A la fin des annĂ©es 70, Martin Scorsese travers une très mauvaise passe. Accro Ă  la cocaĂŻne, complètement Ă©puisĂ©, il pourra heureusement compter sur son ami Robert De Niro pour le sortir de cette situation en le poussant Ă  rĂ©aliser un film sur le destin du boxeur maudit Jake LaMotta. C’est en effet l’acteur qui lui apporte le film sur un plateau et ils se jettent alors tous deux dans ce projet, plus rien ne compte Ă  cĂ´tĂ©. En effet, Ă  cette pĂ©riode, le sujet ne pouvait qu’intĂ©resser les deux amis, Ă  la fois par les origines italiennes du personnages, son vĂ©cu dans le Bronx mais aussi par la chute qu’il va connaitre après ses victoires, reflĂ©tant alors d’une certaine manière ce que Scorsese Ă©tait en train de vivre et qu’il a donc l‘opportunitĂ© d’exorciser Ă  l’Ă©cran.

Car l’histoire de Jake LaMotta est faite de contradictions et mĂŞme si il n’adapte pas Ă  la lettre près l’autobiographie du boxeur, il est loin d’en faire le portrait d’un modèle. LaMotta est dĂ©peint comme un boxeur modeste qui ne rĂŞve que de victoire mais aussi un jaloux maladif, ne laissant jamais sa femme tranquille, qui a une certaine propension Ă  s’autodĂ©truire et ce n’est pas le coaching houleux de son frère qui arrange les choses.

Pour raconter ce destin, Scorsese fait des choix radicaux et va s’inscrire dans un style assez dĂ©pouillĂ© pour raconter des scènes intimes, quotidiennes du boxeur en famille. C’est presque du cinĂ©ma vĂ©ritĂ©, du documentaire, accentuĂ© par un noir et blanc brut. Le rĂ©alisateur passe plus de temps proche de ses personnages dans leurs appartements que sur le ring et dresse alors un portrait passionnant de ce boxeur violent.
Mais il n’en oublie pas pour autant de montrer ce qu’il se passe lorsque la compĂ©tition est lancĂ©e avec, en toile de fond, les problèmes personnels de LaMotta. Alors le style prend de l’envergure et on sent la rage et le dĂ©sespoir transpirer des images. Scorsese rĂ©vèle alors la violence des images des matchs et du personnage, s’inspirant de la scène de la douche de Psychose pour montrer les coups portĂ©s comme des coups de couteau, et donne un vĂ©ritable uppercut au spectateur qui pourrait presque se croire dans un cauchemar lorsque les ralentis se font presque diaboliquement oniriques.

Si Scorsese donne tout ce qu’il a pour rĂ©aliser le film, son compère Robert De Niro n’est pas en reste et va s’investir comme jamais dans son rĂ´le, prenant des cours de boxe, passant du temps avec LaMotta pour l’interprĂ©ter au mieux, mais aussi en prenant 30 kilos pour illustrer sa dĂ©chĂ©ance de manière plus vĂ©ridique, sans faire appel au maquillage. Dans Raging Bull l’acteur, que l’on voit Ă  chaque instant, se montre magnĂ©tique et nous fait aimer son personnage autant qu’on va le dĂ©tester pour son comportement avec sa femme et son frère. Ce n’est donc pas pour rien que cette vĂ©ritable performance sera rĂ©compensĂ©e par l’oscar du meilleur acteur.

PortĂ© par la rage salvatrice de son rĂ©alisateur, Raging Bull devient alors un film intime passionnant mais aussi l’un des films de boxe les plus marquants grâce Ă  une rĂ©alisation coup de poing dont on ne ressort pas indemne lors des derniers matchs du champion avant sa chute dĂ©finitive et solitaire dans les sous-sols du show business.
MalgrĂ© ces immenses qualitĂ©s et le « you fuck my wife»  dĂ©jĂ  sur toutes les lèvres, le film ne sera pas un grand succès en salles mais devant les critiques positives, il devient petit Ă  petit complètement culte au point d’ĂŞtre l’un des sommets de Scorsese et De Niro qui n’ont jamais Ă©tĂ© aussi fusionnels que sur ce film et cela se ressent Ă  chaque scène, chacun se donnant Ă  l’autre devant ou derrière la camĂ©ra. Et leur collaboration n’est pas prĂŞte de s’arrĂŞter puisqu’ils se retrouveront pour le film suivant du rĂ©alisateur, la satire de la Valse des Pantins.

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