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Yves Saint-Laurent, critique

posté le 06/01/2014 FredP

Dans la série des biopics français plutôt réussis, voici celui sur Yves Saint Laurent, valant le coup d’œil en particulier pour la performance du duo Pierre Niney et Guillaume Gallienne.

Cette annĂ©e, ils sont deux Ă  s’ĂŞtre intĂ©ressĂ©s Ă  la figure incontournable de la mode, Yves Saint Laurent. Alors que le film de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel a la prĂ©tention de vouloir ĂŞtre prĂ©sentĂ© Ă  Cannes, c’est Jalil Lespert qui dĂ©file en premier dès janvier avec Pierre Niney dans le rĂ´le du crĂ©ateur de mode adoubĂ© par l’ancien compagnon Pierre BergĂ©. Le rĂ©alisateur nous replonge donc dans les annĂ©es 50 pour vivre une vingtaine d’annĂ©es de la vie d’Yves Saint Laurent, de sa reprise de la Maison Dior Ă  ses collections plus personnelles qui ont participĂ© Ă  donner le pouvoir au femme Ă  travers le vĂŞtement, en passant par sa rencontre avec Pierre BergĂ© et la crĂ©ation de sa propre maison de haute couture.

Ainsi, le film ne va pas de la naissance Ă  la mort du personnage mais s’attache Ă  une pĂ©riode en particulier, sans doute la plus intĂ©ressante puisque qu’il s’agit de l’ascension d’Yves Saint Laurent faite d’embĂ»ches et qui permettent de comprendre sa personnalitĂ© avant son dĂ©clin personnel (qui ne reflète en rien le dĂ©clin de sa crĂ©ativitĂ© et de sa maison). En s’attachant Ă  cette pĂ©riode, le film ne donne pourtant pas l’impression qu’il s’agit d’une anecdote mais, au contraire, en profite pour nous montrer le crĂ©ateur sous de nombreuses facettes avec ses joies, ses peines mais aussi ses points forts comme ses grandes failles tout en parlant d’amour et de crĂ©ation sans tabou.

Jalil Lespert est loin du portrait complaisant puisque nous avons bien ici, en plus de la timiditĂ© maladive d’Yves Saint Laurent, ses tromperies, son addiction progressive Ă  la drogue e une certaine descente aux enfers d’un homme qui a besoin de crĂ©er pour vivre. Plus qu’un simple artisan de haute couture, le rĂ©alisateur s’intĂ©resse aussi Ă  l’artiste et ses contradictions et obsessions, celle de vivre pour crĂ©er et l’envie de mourir qui en dĂ©coule lorsque cela lui est impossible. Mais en plus, il y a une vĂ©ritable histoire d’amour entre Yves Saint-Laurent et les femmes qui est dĂ©veloppĂ©e, autant que l’histoire du couple Saint Laurent & BergĂ©.
Évidemment, tout cela aurait pu ĂŞtre plus approfondi, notamment sur l’influence du crĂ©ateur mais aussi sur son travail quotidien, mais c’est dĂ©jĂ  traitĂ© de manière suffisamment intĂ©ressante pour approfondir soi-mĂŞme la rĂ©flexion ensuite.

Si le rĂ©alisateur ne fait pas de grands effets de mise en scène (de ce cĂ´tĂ©, nous ne sommes pas encore Ă  la maitrise de Florent Emilio Siri sur Cloclo), il reste tout de mĂŞme d’une grande Ă©lĂ©gance, si bien que mĂŞme lorsque le personnage tombe, il garde la tĂŞte haute car il reste toujours passionnant Ă  suivre, mais sans ĂŞtre non plus dans sa glorification. En fait, Lespert est surtout lĂ  pour donner de la matière Ă  ses deux comĂ©diens principaux qui sont exceptionnels.
En effet, Pierre Niney trouve dans Saint-Laurent un certain parallèle avec la carrière qu’il est en train de construire et rend son personnage passionnant avec un jeu diablement prenant. C’est bien simple, il est Yves Saint Laurent, Ă  la fois physiquement mais aussi dans sa façon d’ĂŞtre et sa manière de penser, rendant le personnage plus palpable que jamais.
Face Ă  lui, Guillaume Gallienne, solide comme un roc, seule ancre de Saint Laurent dans le rĂ´le de Pierre BergĂ© est tout aussi parfait et mĂŞme les secondes rĂ´les Ă  l’image de Charlotte Le Bon se rĂ©vèlent surprenants.

Avec ce premier biopic sur Yves Saint Laurent, Lespert rend donc un bel hommage au crĂ©ateur autant qu’Ă  la personne. Le portrait est juste et prenant tout en Ă©tant un Ă©crin parfait pour faire briller le jeu de Pierre Niney et Guillaume Gallienne.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. FormelyFRED
    07/04/2014 Ă  18:55 | #1

    c’est Bertrand Bonello non Laurent

  2. FredP
    12/04/2014 Ă  11:33 | #2

    en effet, merci pour cette correction