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Homeland, saison 2

posté le 07/01/2013

Après une superbe première saison, Homeland est de retour pour mettre un nouveau coup de pression mais cette fois, le concept commence à se prendre les pieds dans le tapis.

Homeland avait marqu√© la saison 2011/2012 avec une ambiance parano√Įaque comme on en fait rarement et gr√Ęce √† deux personnages charismatiques camp√©s avec talent par Claire Danes et Damian Lewis. Le complot √©tait prenant et jusqu’au dernier moment nous ne savions pas dans quel camp √©tait Brody ni si Carrie devenait vraiment folle. Mais les sc√©naristes ont trouv√© une conclusion qui cl√īturait bien ce chapitre tout en laissant des portes ouvertes pour la suite.

Apr√®s un repos forc√©, Carrie est rappel√©e en renfort par la CIA suite √† de nouvelle pistes sur le terroriste Abu Nazir alors que de son c√īt√©, Brody doit s‚Äôimmiscer dans les arcanes politiques et y faire vivre sa famille dysfonctionnelle. Mais les sc√©naristes changent tr√®s vite leur fusil d’√©paule pour donner un nouveau souffle √† la s√©rie. Ils laissent donc tomber une bonne partie de l‚Äôambigu√Įt√© qui r√©gnait chez les deux h√©ros pour mieux √©tudier leur relation, leurs influences mutuelles et partir ensemble dans la traque au terroriste qui a mis leurs vies √† sac.

Ce qui faisait donc tout l’int√©r√™t de la s√©rie sur la premi√®re saison est donc √©vacu√© au profit de l’efficacit√© et si certains pr√©f√©reront ce rythme, il est tout de m√™me dommage de ne plus ressentir cette parano√Įa, d’autant plus que les personnages deviennent pour le coup plus superficiels et leurs r√©actions de moins en moins logique. Et certains d√©faut que l’on acceptait volontiers dans la 1re saison deviennent ici assez √©nervant.
Il n’y a qu’√† voir la fille de Brody pour se rendre compte de cette √©volution. Elle devient l’ado d√©pressive √† probl√®me qu’on a seulement envie de baffer et son intrigue √† base d’accident de voiture sent le gros clich√© utilis√© depuis 20 ans pour mettre √† mal une carri√®re politique et des relations familiales et ce n’est finalement m√™me pas exploit√©.

D’une certaine mani√®re, Homeland s’engage sur le m√™me chemin que 24 avec des intrigues √† base de menace terroriste, de torture, de suspicion mais aussi d’intrigues personnelles sans int√©r√™t et de ficelles et rebondissements de moins en moins cr√©dibles mais qui donnent tout leur seul √† la s√©rie. Ainsi, on imagine ais√©ment Jack Bauer pointer le bout de son nez dans les derniers √©pisodes explosifs de la saison. Et compte tenu des √©v√©nements qui se d√©roulent dans le final, cette orientation devrait se faire encore ressentir dans la 3e saison tout en prenant encore une tonalit√© l√©g√®rement diff√©rente.

De par son concept, Homeland √©tait parfait pour une mini-s√©rie ou une saison unique et nous voyons donc d√©j√† dans cette seconde saison les limites que cela entraine pour les sc√©naristes qui sont d√©j√† partis dans une surench√®re. Mais l√† o√Ļ 24 finissait par jouer avec ce c√īt√© ¬ę¬†too much¬†¬Ľ, Homeland se prend pour le moment bien trop au s√©rieux et cela entraine parfois une certaine exasp√©ration devant certaines situations. Sans √™tre honteuse, cette saison montre donc bien la difficult√© de tenir¬† la route pour des s√©ries aux concepts aussi forts et dont les personnages peuvent vite devenir des caricatures d’eux-m√™me. On esp√®re donc que les sc√©naristes s’en rendront compte √† temps pour ne pas faire la saison de trop.

publié dans :Critiques Séries Séries

  1. roger felbow
    07/01/2013 à 16:02 | #1

    Tout √† fait d’accord concernant la petite d√©ception qu’√† procurer la saison. La fille de Brody est √† peu pr√™t aussi agr√©able que Kim Bauer dans les saisons 2 et 3 de 24h.
    Chaque acteur d√©roule son personnage (Claire Danes faisant ses roulements de yeux qui peuvent √™tre aga√ßant…)
    Malheureusement la parodie faite par Saturday Night Live a un peu brisé le concept.

  2. 07/01/2013 à 16:18 | #2

    Si je suis bien d’accord dans l’ensemble, je commence √† m’agacer des critiques exasp√©r√©es par la fille Brody : outre la partie effectivement balourde √† souhait qu’est l’accident de voiture, le personnage me semble √™tre celui qui, et ce d√©j√† en saison 1, a une des relations √† Brody les plus int√©ressantes, peut-√™tre pas justement trait√©e de fa√ßon trop superficielle par la s√©rie. Les facilit√©s de cette saison concernant son personnage (l’√©criture clich√© qui insiste plus sur le c√īt√© ado-en-crise) n’emp√™chent pas quelques belles sc√®nes d’√©changes entre elle et Brody, avec finalement plus l’ambigu√Įt√© qu’on ne trouve plus ailleurs, √† savoir, ¬ę¬†que sait-elle¬†¬Ľ, ¬ę¬†que comprend-elle¬†¬Ľ, ¬ę¬†qu’accepte-t-elle¬†¬Ľ etc (puisque c’est finalement elle qui, √† chaque fois, dans la famille, en sait plus que tous les autres).

    Bref, pas non plus de quoi crier au g√©nie certes, mais les ¬ę¬†anti¬†¬Ľ de ce personnage me semblent souvent disproportionn√©s (et la comparaison avec E. Cuthbert, sous l’angle physique franchement √©nervant √† la longue).

  3. FredP
    07/01/2013 à 16:22 | #3

    A noter que je n’√©voque le personnage de la fille de Brody dans cette critique qu’une seule fois pour son rapport √† l’intrigue (assez mince). La comparaison avec la fille de Jack Bauer n’√©tait que dans un petit tweet √† prendre au second degr√©

  4. 07/01/2013 à 19:32 | #4

    Oui oui bien s√Ľr, √ßa ne visait pas personnellement, c’√©tait en l’occurrence une r√©action √† quelque chose que je vois souvent passer (second degr√© ou non) ūüėČ
    Par rapport √† la critique, c’√©tait surtout pour nuancer √ßa : ¬ę¬†Elle devient l‚Äôado d√©pressive √† probl√®me qu‚Äôon a seulement envie de baffer¬†¬Ľ.

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