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No Pain No Gain, critique

posté le 29/08/2013 FredP

Michael Bay est de retour et laisse tomber les robots pour un film d’auteur bodybuildĂ© ! Et si il est sacrĂ©ment fatiguant, c’est tout de mĂŞme son film le plus intĂ©ressant. Après 20 ans de carrière, il Ă©tait temps.

Michael Bay, c’est toute une histoire mais surtout tout un clichĂ© du blockbuser amĂ©ricain. HĂ©ros indĂ©boulonnables, explosions Ă  profusion, grand spectacles, plans n’excĂ©dant pas la demi-secondes, un rythme d’enfer sur une musique lourde et hĂ©roĂŻque, photographie ultralĂ©chĂ©e et bimbos blondes Ă  profusion. Aussi lorsqu’il dĂ©clare vouloir faire une pause après les 3 Ă©pisodes de Transformers qui n’en finissaient pas de faire dans la surenchère de destruction pour se consacrer Ă  un film Ă  petit budget, un film d’auteur, on Ă©tait sceptique.

Mais malgrĂ© tous les reproches qu’on peut lui faire, on ne peut nier que Bay possède une patte qui lui est propre et on Ă©tait curieux de voir ce qu’il allait faire sur un film plus « personnel» . Mais chassez le naturel, il revient au galop ! No Pain No Gain est bien un film d’auteur mais bourrĂ© de testostĂ©rone et de stupĂ©fiants (pour ceux qui cherchaient un peu de finesse et de subtilitĂ©, c’est ratĂ©, on ne fait pas dans la danseuse Ă©toile mais dans le bodybuilder ici). AdaptĂ© d’une histoire vraie qui s’est dĂ©roulĂ©e dans les annĂ©es 90, le film parle d’un coach sportif qui souhaite Ă  tout prix le rĂŞve amĂ©ricain (c’est Ă  dire du fric, la maison de luxe et la bombasse pour l’accompagner dans la voiture). Pour le mener Ă  bien, il va s’entourer de potes Ă  gros bras et kidnapper l’un de ses plus riches et odieux clients. Le souci, c’est qu’ils sont tout de mĂŞme du connerie hallucinante et les accrocs vont s’enchainer.

Un petit film de braquage sous l’œil de Michael Bay devient donc pour l’occasion une belle manière de pervertir l’image du rĂŞve amĂ©ricain et d’en montrer sa bĂŞtise quand des personnes pas très douĂ©es veulent s’en emparer. Le plan dĂ©rape rĂ©gulièrement pour le meilleur et pour le pire avec 3 bodybuildĂ©s qui ont tout dans les muscles mais plus grand chose dans la tĂŞte sinon leur foi indĂ©fectible envers le fric et les haltères. Pour une fois, le rĂ©alisateur joue clairement la carte du sarcasme pour dĂ©monter le système et entraine avec lui des acteurs qui s’en donnent Ă  cĹ“ur joie. Mark Wahlberg dans le rĂ´le du leader se montre imperturbable, Anthony Mackie joue sur l’image de l’athlète black mais c’est Ă©videmment Dwayne Johnson qui prend le plus de plaisir avec son personnage de bad guy repenti, croyant et sous coke, complètement dĂ©jantĂ©.

LibĂ©rĂ© de toutes contraintes et bĂ©nĂ©ficiant d’un total contrĂ´le sur son film sans grandes exigences de retour sur investissement, Michael Bay peut de son cĂ´tĂ© se faire plaisir et donne Ă  No Pain No Gain une allure aussi musclĂ©e que ses hĂ©ros, n’hĂ©sitant pas Ă  en faire des caisses dans les plans poseurs et effets de son explosifs. Avec un cĂ´tĂ© 100% bling bling, trash et m’as-tu vu complètement revendiquĂ©, multipliant les idĂ©es de narration (chaque personnage Ă  droit Ă  sa voix off) ou purement plastiques, le film est un concentrĂ© de toutes ses dĂ©viances de cinĂ©ma ultra clipesque de Miami.
Il en fait tellement cela devient tout de mĂŞme Ă©reintant au bout d’un moment, d’autant plus que le film film dure 2h10 et souffre tout de mĂŞme de quelques grosses longueurs (on pourrait facilement retirer 40 minutes de film), de gros moments qui auraient pu ĂŞtre raccourcis pour arriver directement Ă  l’essentiel, comme si le « film d’auteur»  avait tout de mĂŞme les yeux plus gros que le ventre.

Dès lors, on aura deux choix devant le film : soit le rejeter furieusement en bloc dès les premiers instants, soit y participer et le prendre alors comme un vrai plaisir coupable de son rĂ©alisateur avec quelques sĂ©quences d’une bĂŞtise assez jouissive tant la connerie assumĂ©e de ses personnages atteint des sommets. Et dire que cette revendication de la connerie du rĂŞve amĂ©ricain est en plus le film le plus aboutit et intĂ©ressant de Michael Bay (tout est relatif, on ne parle tout de mĂŞme que de Michael Bay pas d’un rĂ©alisateur de chefs d’œuvre subtils non plus), on ne s’y attendait pas.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 30/08/2013 Ă  17:14 | #1

    fan de Michael Bay, je l’attends avec impatience celui lĂ  !