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Inside llewyn Davis, critique

posté le 14/11/2013

R√©compens√© du grand prix √† Cannes, voici que le nouveau film des fr√®res Coen d√©barque au cin√© pour r√©chauffer les cŇďurs √† l’approche des f√™tes. A vous de tomber sous le charme d’Inside Llewyn Davis.

Apr√®s leur western True Grit, les fr√®res Coen reviennent √† une √©poque plus contemporaine, celle des 60’s o√Ļ la folk n’allait pas tarder √† repartir du bon pied avec un certain Bob Dylan. Mais fid√®les √† eux-m√™mes, ils n’allaient pas r√©aliser un biopic avec success story. Non, ce qui int√©resse les Coen, ce sont avant tout les personnages de losers qu’ils savent rendre attachants comme personne et cr√©er un atmosph√®re autour de ces perdants.

C’est ainsi qu’il vont s’inspirer du destin du chanteur folk new-yorkaisde Greenwich village Dave Van Ronk pour raconter l’histoire de Llewyn Davis, musicien qui vient de perdre son partenaire de duo et qui squatte les canap√©s de ses amis en attendant de trouver peut-√™tre le succ√®s. Mais le destin ne veut d√©finitivement pas qu’il perce.

D√®s les premi√®res images et notes de musique qui ouvrent le film, le ton est donn√©. Ce n’est pas vraiment l’histoire qui va nous int√©resser mais plus l’esprit folk et l’esprit de ce personnage perdu qu’est Llewyn Davis. Les fr√®res Coen montrent tout de suite qu’ils ont tout compris √† la musique folk, c’est une balade qui parle avant tout de la vie des gens et c’est tout ce que pr√©sente le film. Ici, on se r√©veille avec Llewyn et nous le suivront jusqu’au bout malgr√© la spirale maudite sans fin qui l’entoure. Le film reste tout de m√™me dur avec des personnages loin d’√™tre tendres avec notre anti-h√©ros mais la musique folk adouci tout cela pour n’avoir qu’une envie, le serrer dans nos bras et lui dire que tout va bien se passer.

Cette sensation est aussi due √† la performance d’Oscar Isaac, d’une tendresse d√©sarmante en musicien talentueux mais sacr√©ment poissard. Il lui suffira d’entonner quelques paroles accompagn√© de sa guitare pour tomber sous le charme du personnage, tout simplement parfait dans sa m√©lancolie. Accompagn√© d’excellents seconds r√īles (Carey Mulligan, Justin Timberlake, Garrett Hedlund et √©videmment l’immanquable John Goodman) qui vont et viennent dans le r√©cit pour l’accompagner dans sa qu√™te d’insucc√®s.

Non contents d’ouvrir le cŇďur de leur personnage au public, les fr√®res Coen nous plongent √©galement une ambiance folk l√©g√®rement d√©pressive et en m√™me temps chaleureuse √† travers la musique (qui n’a jamais √©t√© aussi importante depuis O’Brother) mais aussi l’image. Car si pour la premi√®re fois depuis l’excellent Barton Fink (avec lequel ce Llewyn Davis a un certain lien de parent√© dans son malheur) ils ont chang√© de directeur photo, cela ne se ressent pas et le film se regarde comme un songe embrum√© avec un humour noir attendrit par la douceur de la neige. La lumi√®re est l√† pour magnifier Llewyn Davis dans sa d√©faite tournant en boucle.

Ne tournant jamais le même film mais tournant toujours autour des mêmes obsessions, les frères Coen nous offrent avec Inside Llewyn Davis un nouveau portrait de perdant magnifique. Il suffit de se laisser porter par la musique pour accompagner avec tendresse et une douce mélancolie ce personnage profondément attachant.

publié dans :Cinéma Coup de Coeur Critiques ciné

  1. 17/11/2013 à 20:25 | #1

    Bonsoir, j’ai beaucoup aim√© l’atmosph√®re qui se d√©gage du film, New-York sous la neige et dans le froid, les chats roux, la musique folk. Llewyn est peut-√™tre un perdant mais on ne le plains pas. Bonne soir√©e.

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