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Effets Secondaires, critique

posté le 09/04/2013 FredP

Soderbergh s’attaque encore aux questions pharmaceutiques dans Effets Secondaires et livre un petit  thriller manipulateur assez classe sans ĂŞtre mĂ©morable.

Avant de prendre sa retraite annoncĂ©e, Steven Soderbergh enchaĂ®ne les films Ă  vitesse grand V. Mais ce rythme se fait parfois au dĂ©triment de la qualitĂ© et, grosso modo, on ne peut vraiment compter qu’un film rĂ©ussi sur deux. Après le film d’action et d’espionnage super classieux PiĂ©gĂ©e et le creux et vulgaire Magic Mike, le rĂ©alisateur retourne Ă  ce qu’il aime en laissant tomber le style expĂ©rimental qu’il adopte parfois. Et ce qu’il aime, entre autres, ce sont les histoires tournant autour des dĂ©rives pharmaceutiques et autres questions de santĂ© publique. Car entre, Erin Brokovich et le plus rĂ©cent Contagion, c’est un thème assez rĂ©current.

Il sera donc question dans Effets Secondaires, des consĂ©quences d’un certain traitement anti-dĂ©pression. Mais Soderbergh Ă©tant aussi un rĂ©alisateur qui aime s’attaquer Ă  diffĂ©rents genres, il va encore s’embarquer dans un exercice de style audacieux grâce Ă  un scĂ©nario qui va habilement essayer de nous perdre. Ainsi, le film dĂ©bute comme une nouvelle enquĂŞte sur les dĂ©rives du système de santĂ© que l’on attendait mais très vite le trouble s’installe sur la dĂ©pression de Rooney Mara que doit soigner Jude Law. Nous voilĂ  alors embarquĂ©s dans un thriller psychologique plutĂ´t bien troussĂ©.

On pouvait pourtant se douter assez vite de cette tournure que prendrait l’histoire simplement avec la sĂ©quence d’introduction toute hitchcockienne et mystĂ©rieuse dont la fin sera le miroir. Il n’y a pas de doute, l’exercice de Soderbergh est ici d’adapter le style du maĂ®tre du suspense Ă  ses prĂ©occupations rĂ©currentes. Avec une grande classe, il va donc jouer au manipulateur et il y arrive plutĂ´t bien, installant en permanence le doute sur les vĂ©ritables intensions des diffĂ©rents personnages. Le pire, c’est que le bougre arrive bien Ă  nous perdre dans l’intrigue d’un scĂ©nario Ă©crit avec une certaine astuce et en plus il y glisse un message bien  senti contre le système mĂ©dical bienvenu.

Il faut dire que le rĂ©alisateur peut s’appuyer sur des comĂ©diens particulièrement investis dans des personnages qui ne lâchent rien. Si on oubliera rapidement Channing Tatum, Jude Law et Catherine Zeta-Jones sont particulièrement bons dans la tension qu’ils apportent Ă  l’intriguent et leurs face-Ă -face sont de très bons moments oĂą l’on se demande qui va gagner. Mais c’est surtout Rooney Mara qui se rĂ©vèle encore une fois surprenante ici, Ă  la fois fragile et redoutable. Une chose est certaine, c’est bien l’une des actrice les plus protĂ©iforme de la nouvelle gĂ©nĂ©ration et il faut bien compter sur elle.

Si Effets Secondaires n’est pas forcĂ©ment le film que l’on attendait c’est pour le mieux et le nouvel exercice de style assez hitchcockien de Soderbergh fonctionne assez bien dès qu’on se laisse emporter par l’intrigue est les petits retournements de situation assez efficaces. Mais c’est surtout le casting parfaitement dirigĂ© qui donne tout son cachet et son intĂ©rĂŞt au film.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 09/04/2013 Ă  17:32 | #1

    Oui en effet un bon thriller hitchcockien. Soderbergh signe son meilleur film depuis quelques annĂ©es… 3/4