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Culte du dimanche : Spartacus

posté le 04/08/2013 FredP

C’est l’Ă©tĂ©, ça sent la sueur, le sable chaud, les sandales et les jupettes. C’est donc le moment idĂ©al pour parler de pĂ©plum et tant qu’Ă  faire, autant combiner ça avec Stanley Kubrick et on obtient Spartacus.

Dans les annĂ©es 50, Kirk Douglas Ă©tait devenu l’un des acteurs les plus puissants d’Hollywood mais il lui manquait encore le grand rĂ´le qui allait faire de lui une lĂ©gende. La mode des pĂ©plums battant son plein, c’est dans l’histoire de Spartacus qu’il se reconnait et dĂ©cide, en tant que producteur, de porter le film Ă  l’Ă©cran avec Anthony Mann derrière la camĂ©ra. C’est donc parti pour un tournage marathon pour mettre en boĂ®te l’histoire du cĂ©lèbre gladiateur qui a menĂ© la rĂ©volte des esclaves contre Rome.

HĂ©las, l’entente entre le rĂ©alisateur et l’acteur-producteur va rapidement se dĂ©tĂ©riorer sur le tournage et Anthony Mann va alors ĂŞtre congĂ©diĂ©. Il prendra toutefois sa revanche dans le pĂ©plum en rĂ©alisant quelques annĂ©es plus tard La Chute de l’Empire Romain qui contribuera Ă  mettre fin au genre. Pour le remplacer, Kirk Douglas dĂ©cide de donner sa chance Ă  Stanley Kubrick avec qui il avait dĂ©jĂ  travaillĂ© sur Les Sentiers de la Gloire et dont il apprĂ©cie de talent. Une occasion unique pour le jeune rĂ©alisateur de se faire connaitre auprès d’un plus large public.

Reprenant le tournage lĂ  oĂą il en Ă©tait, conservant en partie ce qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© tournĂ© par Mann, Kubrick va donc terminer le tournage de cette Ă©popĂ©e de 3 heures en orchestrant de grandes scènes de bataille et en y apposant une certaine violence graphiques avec quelques images crues (les charniers par exemple). Le rĂ©alisateur montre aussi ici sa maĂ®trise graphique tant certains plans, en particulier lorsqu’ils mettent en valeur des paysages ressemble Ă  des tableaux, prĂ©mices de ce que deviendra Barry Lyndon.

Cependant, loin d’avoir les maĂ®trise crĂ©ative totale sur ce projet de commande, Stanley Kubrick a du mal Ă  y imposer sa patte, Ă  emprunter un terrain vraiment sombre. Il sera d’ailleurs le premier Ă  dĂ©savouer le film. Il faut dire que dans la filmographie de l’artiste, Spartacus est sans aucun doute le film qui ressemble le moins Ă  son auteur, trop facilement accessible, loin des prĂ©occupations graphiques et thĂ©matiques qu’il aborde rĂ©gulièrement. D’ailleurs, connaissant son sens du dĂ©tail, s’il avait eu le contrĂ´le total, nul doute que certains anachronismes  et dĂ©tails dans l’histoire du hĂ©ros n’auraient pas Ă©tĂ© omis ici.

Toutefois, malgrĂ© son mĂ©contentement, Spartacus a permis au rĂ©alisateur jusqu’alors cantonnĂ© aux films noirs de montrer qu’il pouvait aussi mettre en scènes des projets beaucoup plus ambitieux de belle manière et surtout d’avoir un succès au box-office lui permettant ensuite de rĂ©aliser des projets plus personnels. Comme attendu, le film est l’occasion pour Kirk Douglas de briller ! L’acteur de presque toutes les scènes du film, magnĂ©tique et humble aux cĂ´tĂ©s d’un casting particulièrement intĂ©ressant (Laurence Olivier, Peter Ustinov, Jean Simmons, Tony Curtis, Charles Laughton) arrive Ă  nous accrocher au destin de cet esclave devenu leader d’une armĂ©e puis martyr, reprĂ©sentant d’une lutte contre le pouvoir despotique et pour la libertĂ©.

Pas dĂ©nuĂ© de dĂ©faut et trainant parfois en longueur avec une love story indispensable au genre et pour que le public accroche, Spartacus n’est donc pas le pĂ©plum le plus rĂ©volutionnaire et impressionnant mais il reste nĂ©anmoins un grand spectacle qui aura dĂ©finitivement lancĂ© l’un des plus grands auteurs cinĂ©matographique du siècle, mĂŞme si celui-ci a dĂ» y sacrifier un peu de lui-mĂŞme.

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