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Culte du dimanche : Les Oiseaux

posté le 21/04/2013 FredP

Retour Ă  Alfred Hitchcock dans le culte du dimanche avec une autre de ses pièces maĂ®tresses qui a marquĂ© de terreur le public autant qu’il l’a dĂ©routĂ© : Les Oiseaux.

La passion pour les oiseaux empaillĂ©s de Norman Bates dans Psychose Ă©tait-elle une prĂ©monition du film suivant d’Alfred Hitchcock ? Une simple coĂŻncidence ou un clin d’œil volontaire ? Nous n’avons pas la rĂ©ponse mais le rĂ©alisateur aura mis trois ans Ă  les animer pour qu’ils deviennent le principal objet de terreur de son nouveau film. C’est encore une fois une nouvelle de DaphnĂ© du Maurier que le maĂ®tre du suspense va adapter Ă  sa sauce toute personnelle et avec la maestria qu’on lui connait. Le dĂ©fi est d’autant plus important qu’il sort d’un succès sans prĂ©cĂ©dent Psychose et que Les Oiseaux va devoir proposer de nouvelles expĂ©rimentations visuelles pour rendre crĂ©dibles les attaques des volatiles.

Mais fidèle Ă  lui-mĂŞme, le rĂ©alisateur s’intĂ©resse avant tout Ă  une blonde. Une beautĂ© toujours aussi froide et mystĂ©rieuse dont on ne sait toujours pas de quel cĂ´tĂ© elle se penche. C’est la mannequin Tipi Hedren qui obtient ici son premier rĂ´le sur grand Ă©cran et le rĂ©alisateur va la façonner telle qu’il souhaite voir toutes ses hĂ©roĂŻnes. La voici donc dans la peau de Melanie Daniels qui va rencontrer un homme dans une animalerie. La curiositĂ© l’amènera Ă  lui apporter un couple d’insĂ©parables jusqu’Ă  Bodega Bay pour lui faire la surprise. Mais une fois sur place, un Ă©trange phĂ©nomène semble atteindre les oiseaux qui commencent Ă  attaquer la population, et plus particulièrement Melanie.

Si dans Psychose, Hitchcock inventait presque le slasher, avec Les Oiseaux, il rĂ©volutionne d’une certaine manière le film de monstres. En effet, c’est ici la première fois que les  crĂ©atures qui s’attaquent aux humains viennent de notre quotidien, loin des monstres classiques d’Universal ou des crĂ©atures radioactives gĂ©antes de l’ère post-nuclĂ©aire. Ici ce sont de simples oiseaux que nous connaissons tous qui s’attaquent de manière inexpliquĂ©e Ă  l’homme. C’est cette violence dans le quotidien qui va alors crĂ©er la peur et nous faire regarder d’un autre Ĺ“il les volatiles que nous avons l’habitude de cĂ´toyer. Mais c’est aussi le manque d’explication qui va perturber le public, jusqu’Ă  la fin très interrogative et presque onirique du film. La question des intentions des oiseaux aura beau avoir Ă©tĂ© posĂ©e dans une scène en huis clos sous tension, jamais nous n’aurons d’explication sur le phĂ©nomène. Revanche de la nature, folie collective, … toutes les interrogations sont encore lĂ .

Mais si les attaques des oiseaux sont aussi violentes et marquent clairement les esprits, c’est aussi parce qu’elles sont parallèles aux tensions qui naissent entre les personnages. Car quand Melanie et Mitch commencent Ă  se rapprocher, c’est la mère de celui-ci et son autre soupirante qui commencent Ă  voir Melanie d’un mauvais Ĺ“il. Il faudra alors les attaques des oiseaux pour exacerber ces sentiments et ramener ensuite le calme. Encore une fois, Hitchcock montre une terreur liĂ©e Ă  l’intime et plus psychologique qu’il n’y parait et sa blonde hĂ©roĂŻne va Ă©galement se rĂ©vĂ©ler de plus en plus complexe.

Mais le maĂ®tre du suspense va aussi faire passer la terreur par sa manière de filmer et de montrer son film. En effet, avec une technique toujours très Ă©laborĂ©e, il fait des attaques des oiseaux de vĂ©ritables moments de bravoure, mais c’est dans la prĂ©paration de ces attaques qu’il se montre particulièrement malicieux en faisant grimper la tension petit Ă  petit avant de la libĂ©rer. L’attaque de l’Ă©cole en est le parfait exemple puisque celle-ci est prĂ©cĂ©dĂ©e du regroupement des corbeaux qui imposent une menace imminente et d’envergure. Mais le rĂ©alisateur crĂ©Ă© aussi une atmosphère bien particulière avec l’absence totale de musique pendant tout le film, donnant alors aux bruitage et en particulier aux cris des oiseaux une grande importance qui crĂ©er l’interrogation et le malaise.

Avec Les Oiseaux, c’est encore un chef d’œuvre de l’horreur qu’impose Hitchcock au cinĂ©ma, une performance Ă  la fois technique et psychologique qui a marquĂ© le genre. Il n’est pas Ă©tonnant alors d’en revoir tous les codes dans les films qui suivront, des Dents de la Mer de Spielberg aux Signes de Shyamalan.

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