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Culte du dimanche : Halloween, la nuit des masques

posté le 27/10/2013 FredP

Cette semaine, nous fĂŞterons comme tous les ans la traditionnelle fĂŞte d’Halloween autour d’un bon film d’horreur. L’occasion idĂ©ale pour voir ou revoir le film culte de John Carpenter qui a lancer toute la vague des slashers pour ados.

En 1976, Assaut, le second film de John Carpenter est plutĂ´t bien reçu par le public et la critique. Le film parcourt mĂŞme les festivals oĂą il profite d’un bon bouche-Ă -oreille. Il n’en faudra pas plus pour que le jeune rĂ©alisateur se fasse courtiser par les producteurs Moustapha Akkad et Irwin Yablans qui lui proposent le script d’un film d’horreur Ă  petit budget dans lequel un tueur se met Ă  assassiner des baby-sitters, logiquement intitulĂ© The Babysitter Murders. IntriguĂ©, Carpenter accepte le projet et après quelques retouches de scĂ©nario, le film devient Halloween et mettra en avant un tueur en sĂ©rie charismatique qui se rĂ©vèlera ĂŞtre la personnification du mal.

Sans stars, hormis la prĂ©sence de Donald Pleasence (La Grande Évasion, James Bond), tout le film repose ainsi sur le talent d’Ă©criture et de mise en scène de John Carpenter. Et dès le gĂ©nĂ©rique qu’il compose lui-mĂŞme, le rĂ©alisateur nous immerge dans l’ambiance de ce film d’horreur atypique avant d’enchaĂ®ner avec le cĂ´tĂ© voyeur de sa scène d’ouverture dont la rĂ©vĂ©lation (c’est un enfant qui vient de tuer une femme), est d’autant plus choquante.
C’est donc parti pour un film au rythme lent mais suspense de chaque instant oĂą le rĂ©alisateur donnera une vĂ©ritable consistance au boogeyman qu’est Michael Myers. Travaillant adroitement ses plans pour y faire naitre l’angoisse d’une apparition du malĂ©fique tueur, il ne joue pas la surenchère de violence ou de gore, ici les morts sont montrĂ©es frontalement mais on n’y prend pas vraiment de plaisir. Nous sommes bien plus concernĂ©s par ce qui va arriver Ă  cette jeune fille normale incarnĂ©e par Jamie Lee Curtis.

Pour Halloween, John Carpenter prend parfaitement exemple sur le maĂ®tre du suspense Alfred Hitchcock et en particulier son Psychose et il n’hĂ©site d’ailleurs pas Ă  citer le film Ă  de nombreuses reprises. Ainsi, le dĂ©tective Ă  la poursuite de Myers se nomme Loomis comme le petit ami de Marion Crane de Hitchcock et le couteau est l’arme de prĂ©dilection du tueur. Mais encore plus flagrant, et poussant la filiation des 2 films jusqu’au bout, Jamie Lee Curtis est la fille de Janet Leigh qui Ă©tait donc la mĂ©morable dĂ©funte Marion de Psychose. Dès lors, impossible de ne pas voir dans Halloween une succession rĂ©ussie Ă  Psychose qui Ă©tait, d’une certaine manière le premier slasher (ces films qui mettent des ados un peu bĂŞtes Ă  la merci de serials killers inventifs).

Mais John Carpenter apporte une autre dimension Ă  Halloween, le fantastique. En effet, il dĂ©crit dès le dĂ©but du film son personnage comme l’incarnation du mal, lui confĂ©rant alors une dimension purement malĂ©fique contre laquelle on ne peut se battre et que l’on ne peut que fuir. Michael Myers et son masque blanc, impersonnel, n’est pas un gars aux problèmes psychologiques ou un bad guy qui a subit un trauma et a un besoin de vengeance, c’est un mal bien plus profond, plus ancien, immortel, qui rejoint les peurs ancestrales et notamment la lĂ©gende du croque-mitaine qui Ă©tait faite pour faire peur aux enfants qui n’Ă©taient pas sages. Ici ce sont les baby-sitters, qui racontent d’habitude ce genre d’histoire, qui en font les frais.
Cette dimension fantastique portĂ©e par Loomis chassant le mal fait d’ailleurs de ce dernier l’Ă©quivalent d’un Van Helsing, renforçant alors l’image mythologique du malĂ©fique Michael Myers
et l’ancrant un peu plus dans la culture populaire, légende moderne.

Sorti en 1978, Halloween n’Ă©tait pas le premier slasher (Black Christmas Ă©tait dĂ©jĂ  passĂ© par lĂ ), mais il est celui qui se sera montrĂ© le mieux rĂ©alisĂ© et qui mettait en scène un serial killer vraiment et simplement charismatique. Le succès est immĂ©diat et la suite sera rapidement mise en chantier et cela continuera de manière toujours plus gore, perdant de vue ce qui faisait le succès de l’original jusqu’au dernier film de la saga en 2002 avant un reboot rĂ©ussi par Rob Zombie.
Mais le succès de ce film à petit budget nécessitant juste du sang à défaut de bons acteurs va faire des émules.
Arriveront alors les Vendredi 13, Freddy et autres tueurs divers et variĂ©s suivant les saisons et fantasmes de leurs inventeurs qui, malgrĂ© des morts parfois graphiquement intĂ©ressantes, sadiques et surprenantes, n’arriveront jamais Ă  la cheville de la maitrise de terreur de Carpenter avant que Wes Craven ne boucle la boucle en citant sans cesse Halloween dans Scream.

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