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Culte du dimanche : A l’Est d’Eden

posté le 18/08/2013 FredP

Retour dans les annĂ©es 50 avec la rĂ©vĂ©lation d’un Ă©corchĂ© vif par un grand directeur d’acteur avec A l’Est d’Eden. La lĂ©gende James Dean est en marche.

Après avoir rĂ©vĂ©lĂ© au monde Marlon Brando et avoir alors rĂ©volutionnĂ© le mâle hollywoodien tout en ayant imposĂ© la nouvelle dĂ©marche de l’actor’s studio, le rĂ©alisateur Elia Kazan s’apprĂŞte Ă  mettre un nouveau jeune talent dans la lumière. En adaptant A l’Est d’Eden de John Steinbeck en 1955 il doit en effet chercher deux acteurs aux caractère diamĂ©tralement opposĂ©s pour camper les frères Trask, l’un aimĂ© par son père, l’autre peinant Ă  trouver sa place dans une AmĂ©rique qui s’apprĂŞte Ă  partir pour la première guerre mondiale.

Après avoir envisagĂ© quelques stars montantes et confirmĂ©es comme Brando, Paul Newman ou Montgomery Clift, le rĂ©alisateur va se tourner vers des acteurs inconnus du grand public. C’est ainsi qu’il repère Ă  Broadway un jeune acteur particulièrement douĂ©, Ă  fleur de peau du nom de James Dean et qu’il voit alors directement dans le rĂ´le de l’effrontĂ© Cal. Face Ă  lui on retrouvera des acteurs au jeu plus traditionnel Julie Harris, Raymond Massey et Richard Davalos, ce qui vaudra alors de nombreuses tensions entre les acteurs dont les mĂ©thodes ne sont pas les mĂŞmes.

DĂ©jĂ  James Dean montre un sacrĂ© caractère sur le plateau mais aussi en dehors et il faudra toute la force de volontĂ© d’Elia Kazan pour bien le diriger et le ramener rĂ©gulièrement dans le droit chemin. Mais ces frasques commencent dĂ©jĂ  Ă  alimenter les tabloĂŻds. Ce cĂ´tĂ© people rĂ©vèle alors avant mĂŞme la sortie du film un acteur Ă  fort caractère mais surtout dans lequel la jeunesse pourrait dĂ©jĂ  se reconnaitre. Attendu au tournant, James Dean ne dĂ©cevra pas, livrant une performance Ă  fleur de peau, animale et dĂ©sespĂ©rĂ©e dans le rĂ´le de ce gamin apprenant la vĂ©ritĂ© sur sa mère et cherchant Ă  tout prix Ă  gagner l’amour de son père.

Évidemment, l’acteur est servi par un rĂ´le et une histoire familiale poignante (sa dĂ©sillusion devant sa mère, son dĂ©sespoir devant son père, la jalousie pour son frère), se dĂ©roulant dans un contexte complexe et dans une AmĂ©rique qui se cherche encore, Ă  l’aube de sa domination Ă©conomique. Il en ressort alors un film particulièrement fort. Les autres acteurs apparaissent alors plus effacĂ©s mais  chaque scène devient un vĂ©ritable moment de tension ou d’Ă©motion. Ainsi, impossible d’oublier cette danse de James Dean dans le champs de haricots, ou ses larmes face Ă  son père refusant son cadeau et donc son amour.

Particulièrement touchant jusque dans son final loin du happy end, construisant une once de bonheur sur nombre de malheurs qui viennent de se dĂ©rouler, A l’Est d’Eden est l’un de ces films qui restent alors intemporels et peuvent nous atteindre autant maintenant qu’Ă  l’Ă©poque, en particulier grâce au magnĂ©tisme de James Dean. La suite, on la connait, l’acteur enchaĂ®ne avec la Fureur de Vivre puis GĂ©ant avant de disparaitre, laissant alors derrière lui une lĂ©gende et une jeunesse Ă©ternelle. La profession ne s’y est d’ailleurs pas trompĂ©e en nommant l’acteur Ă  titre posthume pour ce rĂ´le dans A l’Est d’Eden et en lui dĂ©cernant mĂŞme le Golden Golden Globe.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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