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11.6, critique

posté le 07/08/2013 FredP

Un fait divers rĂ©cent, un personnage charismatique qui joue avec les autoritĂ©s, voilĂ  de quoi faire un film oĂą François Cluzet pouvait encore montrer l’Ă©tendue de son talent. Cette fois, il est Toni Musulin dans 11.6.

Fin 2009, un fait divers fait la une des journaux. Le convoyeur de fonds Toni Musulin Ă©tait parti en cavale avec la coquette somme de 11.6 millions d’euros Ă  l’arrière de son fourgon. Après quelques jours de traque, il se rend Ă  la police, l’argent est retrouvĂ© mais il manque toujours 2.5 millions d’euros partis dans la nature. Mais pour son film, le rĂ©alisateur Philippe Godeau ne va pas s’intĂ©resser tant que ça Ă  l’affaire. Au contraire, il va surtout s’attarder sur l’homme.

Ceux qui attendaient alors un vĂ©ritable thriller avec Toni Musulin procĂ©dant Ă  son casse et sa traque mĂ©diatisĂ©e en seront pour leurs frais, il n’y aura rien de tout cela. Cet Ă©pisode se trouve en effet comme une anecdote dans la dernière partie du film, nous laissant alors totalement dans l’interrogation sur cette dĂ©cision de se rendre et n’explorant que rarement les Ă  cĂ´tĂ©s comme l’impact sur ses collègues, sur l’entreprise, ou les mĂ©thodes de la police pour tenter de le retrouver. C’est dommage car le film ne parait alors pas vraiment complet et manque bien de rythme.

Si le film manque de rythme et n’est pas le thriller que l’on pouvait en attendre, le portrait que Philippe Godeau va faire de Toni Musulin, nous amenant Ă  cette dĂ©cision de commettre ce vol, est par contre intĂ©ressant et oriente alors le film vers une dimension plus sociale. A travers un François Cluzet encore une fois très bon, nous comprenons alors la psychologie complexe de ce personnage très intelligent mais avec Ă©galement toutes ses failles (comme cette passion pour les voitures et cette haute estime de soi). Un homme qui s’ennuie dans ce mĂ©tier avec des collègues qui ne semblent pas Ă  son niveau d’exigence. Il a clairement d’autres envies, une volontĂ© de changer de vie, de mĂ©tier mais est d’une certaine manière bloquĂ© par certaines barrières que ce casse vont faire sauter.

Dommage qu’Ă  cotĂ© de ce personnage intriguant, fascinant (et son avocat ne fait qu’ajouter au mystère dans l’interview visible en bonus) le reste ne soit pas plus explorĂ© ou cantonnĂ© Ă  des clichĂ©s sur les convoyeurs que nous avons dĂ©jĂ  pu voir dans d’autres films (n’apportant ici rien de neuf et sans grande personnalitĂ©). MĂŞme du cĂ´tĂ© des acteurs ce sera sans surprise avec Corinne Masiero reprenant son Ă©ternel rĂ´le de femme de classe ouvrière au caractère bien trempĂ© et grande gueule ou Bouli Lanners en collègue benĂŞt plutĂ´t irritant.

Portrait intĂ©ressant, parfois fictif (la guide de haute montagne est une invention), souvent en pilote automatique du cĂ´tĂ© du discours social et sans grand suspense, 11.6 tient surtout au numĂ©ro d’acteur encore une fois sans failles de François Cluzet.

publié dans :Cinéma Critiques ciné DVD

  1. 12/08/2013 Ă  12:08 | #1

    100% d’accord, un film Ă  gros potentiel mais ça reste finalement assez superficiel. Pas de rĂ©elle tension, un cĂ´tĂ© trop dĂ©monstratif (voir invraisemblable) notamment dans les scènes au sein du central. Par contre bravo Cluzet effectivement… 2/4