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Hell on Wheels, saison 1

posté le 13/07/2012 FredP

hell on wheels critique saison 1

AMC s’aventure sur le territoire du western avec Hell on Wheels qui vient de sortir en vidéo. Le chemin de fer passe, se perd un peu, mais la destination vaut le coup d’œil.

Après la série dramatique choc et droguée (Breaking Bad), la série dramatique 60′s au whisky et à la lucky strike (Mad Men), la série dramatique et policière (the Killing) et la série dramatique morte-vivante (the Walking Dead), la chaîne câblée américain AMC se lance dans une nouvelle épopée : le western. Le genre qui avait fait les belles heures de la télévision dans les années 60 et connu un regain d’activité avec Deadwood sur HBO revient donc avec la petite chaîne qui n’en finit pas de monter et aligne les projets les plus intéressants.

Juste après la Guerre de Sécession, les États-Unis sont toujours en expansion et la bataille pour rejoindre la côte Est est toujours plus intense. Hell on Wheels est le nom donné au village itinérant abritant ouvriers, prostituées et hommes de main suivant l’avancée du premier chemin de fer en construction et qui permettra de relier la côte Ouest à la côte Est. C’est ici que débarque Cullen Bohannon, ancien soldat sudiste en quête de vengeance et recherché par les forces de l’ordre. Son arrivée nous permet de faire connaissance d’une galerie de personnages hauts en couleurs mais surtout d’être témoins de l’écriture d’une page de l’histoire de l’Amérique.

Soyons clairs, on a au début un peu de mal à entrer dans la série. D’une part car les personnages sont assez antipathiques. De Bohannon (Anson Mount, inconnu mais qui révèle un certain charisme) à l’ancien esclave qui cherche à s’affranchir Ferguson (le rappeur Common qui en fait parfois un peu trop) en passant par Durant (impeccable et détestable Colm Meaney), l’homme d’affaire sans scrupules ou la jolie veuve Lily Bell (Dominique McElligott qui cache bien son jeu), ils sont tous intéressants et fouillés mais ils ne développent pas vraiment de sympathie et de fait, on ne s’attache pas vraiment à deux.
D’autre part, le récit peine à s’installer et à trouver une ligne conductrice sur les premiers épisodes, hésitant entre la quête de vengeance personnelle ou la fresque historique. Cependant, les créateurs du show, Joe et Tony Gayton, arrivent tout de même à capter notre attention en développant une ambiance vraiment attrayante et authentique.

Loin de l’image du western habituel avec saloon et grande rue centrale pour un duel au pistolet, Hell on Wheels est un terrain boueux où les personnages habitent dans des tentes, loin de toute intimité et propreté. On joue avec les figures imposées sans trop trahir l’esprit de l’époque. Ainsi, on retrouve une figure proche du shérif (le suédois, qui évoque d’ailleurs aussi étrangement le croque-mort), des prostituées, deux marchands de spectacle un peu brigands, le prêtre qui manque de foi et évidemment les incontournable indiens (qui, étrangement, parlent anglais entre eux, ce qui nuit un peu à la crédibilité et à la profondeur du récit et c’est bien dommage).

Heureusement, tout s’arrange dans les derniers épisodes de cette première saison (qui en compte 10). Sur la fin, les personnages révèlent enfin des failles et des sentiments qui les rendent plus humains, leurs relations s’en trouvent alors bien plus intéressantes. Que ce soit l’amitié naissante entre Bohannon et Ferguson ou l’étrange triangle amoureux violent qui pourrait avoir lieu entre Lily Bell, Bohannon et Durant. La galerie de personnages (une dizaine au total à avoir des rôles assez consistants) s’étoffe et se met donc à devenir vraiment intéressante.
L’intrigue aussi s’intensifie et se densifie
. Non seulement les rebondissements se font plus percutants et la réalisation se montre plus efficace (les chansons choisies ont rendent d’ailleurs certaines images particulièrement fortes) et rythmée mais surtout les thèmes commencent à prendre de l’ampleur et on commence à entrevoir alors tout le potentiel de la série.

Car à travers la construction du chemin de fer, c’est la construction de l’Amérique elle-même qui est évoquée. Une naissance aux mains des immigrés, hommes d’affaires sans scrupules, esclaves et prostituées au grand dam des natifs américains vus comme des animaux. Un portrait pas vraiment reluisant d’une nation en expansion et du progrès que représente l’arrivée du train. Mais c’est cette facette qui est réellement intéressante et nous permet d’entrevoir de belles choses à venir dans la seconde saison.

Malgré un départ assez poussif, cette première saison de Hell on Wheel met donc en place les pions pour une intrigue qui devrait prendre de l’ampleur dans les épisodes qui suivront et des personnages qui commencent tout juste à se révéler. On est donc prêt à suivre la pose des prochains rails.

A noter que cette première saison vient de sortir en DVD et Bluray avec près de 2h30 de bonus (making of et interviews des équipes) très intéressants chez Wild Side Vidéo.

publié dans :Critiques Séries Séries

  1. 13/07/2012 à 10:35 | #1

    effectivement un western assez particulier avec des personnages hyper charismatiques mais qui se laisse regarder.