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Wrong, critique

posté le 28/08/2012 FredP

Quentin Dupieux a perdu son chien et part dans un nouveau délire absurde avec émotions. Wrong est une curiosité à découvrir.

Avec Rubber, Quentin Dupieux avait fait de la dĂ©monstration du non-sens un vĂ©ritable crĂ©do et il continue aujourd’hui avec Wrong sans toutefois aller aussi loin pour questionner le spectateur. Car plutĂ´t qu’un film concept, Wrong est avant tout une histoire qui se veut touchante, celle d’un homme qui a perdu son chien et va tout faire pour le retrouver. Mais en connaissant le sens de l’absurde Ă©tonnant de Dupieux, l’aventure prend un ton bien particulier.

En lançant des indices dès le dĂ©part, en commençant le film Ă  7h60, on a l’impression de se retrouver dans un monde Ă©trange, Ă  la fois proche du quotidien et mais aussi irrĂ©el, bref, le monde si personnel de Dupieux, toujours filmĂ© avec une grande claretĂ©, une lumière Ă©purĂ©e qui donne le sentiment d’ĂŞtre dans un rĂŞve. Et c’est bien ce qu’il se passe, entre un bureau noyĂ© sous l’eau, cette voiture en plein dĂ©sert, ces personnages Ă©tranges aux buts louables mais pas de la bonne manière, … on se retrouve dans un temps suspendu oĂą règne l’absurde.

Pourtant, pour peu que l’on accepte cet univers toujours aussi barrĂ© et malgrĂ© quelques carences sur le rythme, l’histoire de Dolph et de sa recherche dĂ©sespĂ©rĂ©e de son chien perdu devient plutĂ´t touchante. Jack Lotnick y est bien pour quelque chose, jouant habilement entre le mec dĂ©sespĂ©rĂ©, un brin naĂŻf et complètement en dĂ©calage avec le monde dans lequel il vit. Il faut dire qu’il est aussi entourĂ© de pointures adeptes de Dupieux, que ce soit Eric Judor assez drĂ´le en jardinier Ă  deux balles ou surtout William Fichtner en Ă©crivain Ă  succès un lĂ©gèrement mafieux et au pouvoir Ă©trange. Dupieux construit ainsi une galaxie de personnages qui sortent totalement du rĂ©el. D’ailleurs, ils entraĂ®nent non pas des Ă©clats de rires faciles mais un sourire permanent devant les nombreuses petites trouvailles et drĂ´les idĂ©es du rĂ©alisateur.


Évidemment, Ă  ces personnages et cette manière de filmer ce rĂŞve Ă©trange qui n’a pas la prĂ©tention d’ĂŞtre un film rĂ©flexif sur le cinĂ©ma comme l’Ă©tait Rubber, vient s’ajouter une BO Ă©lĂ©ctro comme seul Mr Oizo peut nous la proposer, ajoutant un supplĂ©ment de poĂ©sie dĂ©calĂ©e Ă  tout cela.

Quentin Dupieux a fait des OFNI (Objet filmique non identifiĂ©) sa spĂ©cialitĂ© et ce Wrong s’ajoute sans prĂ©tention Ă  la liste, avec un rĂ©cit plus personnel mais toujours en dĂ©calage avec la rĂ©alitĂ© pour nous offrir un moment dans un Ă©trange ailleurs. A dĂ©couvrir.

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