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Vercingétorix, film pas très bon du jeudi

posté le 23/02/2012

Quand Christophe Lambert incarne le grand héros gaulois Vercingétorix, toute la Gaule tremble.

Nanar culte, Vercingétorix est un chef d’œuvre… de film moisi. Interprétation fantomatique de Christophe Lambert mais aussi réalisation molle, scènes d’exposition beaucoup trop longues, scénar et dialogues confus, seconds rôles ricanant dans leur moustache, Vercingétorix, la légende du druide roi (le nom complet) cumule une tripotée de faux pas qui le font passer pour une saynète sous champis de C’est Pas Sorcier ! A côté, toute reconstitution de documentaire historique le ferait passer pour un spectacle de fin d’année de 6ème, moustachus ! Et en 2001 vous me direz c’était pas évident de faire une belle reconstitution ! Nenni, un seul mot : Gladiator (2000) !

Mais dressons le décor quand même car les efforts français de monter une histoire inspirée de faits réels mêlés de romantisme (dans le sens d’élan nationaliste du 19ème siècle) sont forts louables.

Fils d’un chef gaulois brulé vif parce qu’il refusait de pactiser avec les romains, Vercingétorix grandit chez les druides, sortes d’ewoks de la forêt d’Auvergne portant des robes de bure et se battant avec des bâtons (des ewoks quoi).

Plus grand, il décide d’aller à la poursuite de son destin (un message pseudo mystique new age de développement personnel pour trentenaire au bord de la crise de nerfs est distillé à travers tout le film). Suite à une entourloupe par le Grand petit César (les vrais méchants tyrans sont souvent petits vous remarquerez ; Christophe Lambert n’est pas très grand mais n’est pas pour autant un méchant, il est simplement mauvais. C’est pour ça qu’il compense avec une tignasse d’homme des cavernes mais on y reviendra) Vercingétorix comprendra que servir l’oppresseur, c’est pas bon pour son épitaphe. L’idée d’inscrire son nom dans la légende est ici proéminente, ce qui paraît philosophiquement légèrement anachronique.

Et hop, il retourne sa tunique carroyée, la change d’épaule ainsi que son pilum et part faire une vendetta désarticulée en Gaule (de là à dire que ça part en couilles, il n’y a qu’un pas).

La bonne idée c’est donc de rassembler les gaulois qui comme les ewoks sont juste de grosses barriques poilues ne pensant qu’à faire la fête et des cabanes, pour aller bruler les champs et les villes sur le chemin des romains, leur coupant les vivres. C’est donc une armée affamée qui arrive à Gergovie (anagramme d’Ergovieg, qui veut également rien dire).


Les gaulois dégomment les romains (à ne pas confondre avec les roumains qui se vêtent uniquement de k-way bleu ciel et nettoient vos pare-brises) qui se font avoir par les jets de bouffe et par les gauloises qui leur montrent leur tétés, dans une scène mémorable de liesse alcoolisé digne des blaireaux défilant sur les Champs Élysées à l’été 98 (2nde victoire française figurant dans les manuels d’histoire, oui j’écoutais à l’école). Après forcément, César vu que c’est le plus fort et qu’il s’y connaît en géopolitique, il s’allie aux allemands, et défoncent les gaulois rigolards…

L’incarnation possédée de Christophe Lambert en chef gaulois est à la fois sans âme et marquante. Si l’intention de départ était de montrer un chef sans peur (ni émotion) et plein de contenance, c’est réussi ; si l’idée était de montrer un type paumé qui se retrouve patron malgré lui et pense sa stratégie sur un bout de table, on touche aussi au but.

Coiffé comme Nicola Sirkis (pas Andy « Gollum », je parle de son frère, marionnettiste du groupe Indochine), Christophe nous fait le regard vitreux le plus dénué d’émotions, même lorsqu’il croisera son oncle qui a fait condamner son père au bucher. Il n’est pas aidé en cela qu’on le jette dans une amourette forcée (Christophe Lambert est pour moi asexué, ce qui explique le manque total d’attirance pour la jeune femme, Inès Sastre) avec sa copine d’enfance qui avec le temps à gagner en taille mais aussi un accent espagnol. A part papillonner des cils, elle n’apportera pas grand chose hormis le couplet habituel de « mais les femmes aussi peuvent se battre« . Et c’est vrai que les gauloises tuent, c’est écrit sur le paquet de 20 !

Niveau mise en scène, on se marre pas mal ! La connerie humaine est en cela bien symbolisé. Entre ces romains qui n’acceptent pas qu’on leur manque de respect et ces gaulois trop soudards pour s’organiser, on assiste désespéré à ce spectacle crétin que même tout la discographie de musique d’ambiance New Age qu’on trouve généralement à côté de l’infusion 7 herbes de chez Nature & Découvertes, diffusée pendant tout le film, ne parviendra à apaiser.

Cela servi par des plans qui s’attardent sur l’avancée des légions romaines qui peinent à former des carrés (tous mes souvenirs de l’organisation géométrique des bataillons romains tirée d’Astérix périssent) ou encore sur les constructions « Copains des Bois » des gaulois baba-cools, qui s’ils ne forniquent pas tous entre eux se mettent sur la tronche (ce qui est physiquement pareil en définitive).

On se poilera pas mal également lors de la grande bataille qui ressemble plus à un défilé CGT qui aurait mal tourné : affamés et sans slogan, ils arrachent leurs tee-shirts, les mettent au bout de bâtons de bois et courent ventre à terre dans un grand élan de male-bonding !

On rigole pas mal lors des discours d’harangue de Vercingétorix « Vous voulez vivre ? Vous allez mourir… » ou les courtes phrases assénées par les figurants en arrière-plan pour donner du poids au trip hippie belliqueux de Vercingétorix. Nan, franchement, Vercingétorix illustre bien à lui tout seul les erreurs de management de base pour mener un projet à bien ! La stratégie ça vient avant la mise en place des outils !

publié dans :Cinéma Film pas très bon du jeudi

  1. 23/02/2012 à 13:03 | #1

    On me l’a offert à mon dernier anniversaire en m’assurant qu’un cinéphile ne pouvait pas passer à côté de ça…
    J’avoue que j’ai toujours pas eu le courage de le déballer…

  2. 23/02/2012 à 22:40 | #2

    Encore un film à oublier ou à conserver uniquement pour les soirées entre amis et Nanarland 😉 … merci Christophe Lambert !

  3. 24/02/2012 à 13:15 | #3

    Je l’ai vu au cinéma monsieur, à l’époque, parce que déjà, les nanars avec Christophe Lambert, je trouvais ça immanquable, et quel pied nanaresque ce film fut ! J’en ris encore…

  4. 28/02/2012 à 00:38 | #4

    A peu près 100% d’accord avec cette critique bien sentie même si j’ai tendance à me hérisser à chaque fois que quelqu’un sous entend que Gladiator pourrait être un chef d’oeuvre (un des plus gros ratages de Ridley Scott)…mais bon, là n’est pas le sujet 😉

  5. ChrisC
    28/02/2012 à 12:33 | #5

    Merci @screenblaster ! Vercingetorix est vraiment débile, il faut le voir pour le croire.
    aie aie aie, attention, FredP va fulminer si tu dis du mal Gladiator http://myscreens.fr/2010/cinema/culte-du-dimanche-gladiator/ 🙂 !!

  6. Anderton
    03/03/2012 à 22:44 | #6

    Je vais me faire l’avocat du diable… L’idée originale était tout à fait louable et… Non vraiment, je ne peux décidément pas essayer de défendre un tel film !

    J’ai vu cette catastrophe cinématographique en salle et je n’arrive toujours pas à me pardonner ma faute de goût ! Je préfère de loin me repasser « Beowulf » ou « Forteress 2 », deux chefs-d’oeuvre où le talent de Christophe Lambert explose… Désolé, je fais ce que je peux pour défendre sa filmographie mais depuis sa prestation de Lord Greystoke, il n’y a plus grand chose à dire de l’acteur !