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The Dark Knight Rises, critique

posté le 20/07/2012

the dark Knight rises critique

VoilĂ , enfin, Christopher Nolan donne livre la conclusion de son interprĂ©tation de Batman avec The Dark Knight Rises. Un final impressionnant et dense qui manque tout de mĂŞme d’un supplĂ©ment d’âme pour briller de tout son Ă©clat.

Dire que The Dark Knight Rises Ă©tait attendu est un euphĂ©misme. Après le triomphe de The Dark Knight, certainement l’un des films les plus forts intĂ©ressants de ces 10 dernières annĂ©es, l’impatience Ă©tait Ă  son comble au moment de dĂ©couvrir la conclusion de la vision de Christopher Nolan. Allait-il pouvoir faire au moins aussi bien ? Comment dĂ©passer le fantĂ´me du Joker ? Comment Ă©chapper Ă  la fameuse malĂ©diction du 3e volet ? Le pari est des plus risquĂ©s mais le rĂ©alisateur se devait bien d’apporter une rĂ©ponse après avoir laissĂ© le chevalier noir endosser les crimes du dĂ©chu Harvey Dent pour apporter la paix Ă  Gotham City.

[Ă  noter : si j’ai essayĂ© au maximum d’Ă©viter les spoiler, il se peut que certains Ă©vĂ©nements inĂ©dits de l’histoire soient ici rĂ©vĂ©lĂ©s afin de justifier le ressenti exprimĂ© ici]

8 ans plus tard, Gotham a bien Ă©tĂ© nettoyĂ©e de la pègre, mais Ă  quel prix ? Bruce Wayne vit depuis tout ce temps reclus dans son manoir tel un ermite boiteux dont le seul contact avec le monde extĂ©rieur est le fidèle Alfred. Mais la paix ne peut jamais durer Ă©ternellement et l’arrivĂ©e d’un nouveau terroriste, Bane, va l’obliger Ă  endosser Ă  nouveau le costume de Batman … peut-ĂŞtre pour un dernier baroud d’honneur ? Mais il serait bien trop simple de rĂ©duire cette grande conclusion Ă  ce simple affrontement tant attendu par les fans du comics.

Car sur 2h45 de film, Christopher Nolan va imposer un rĂ©cit dense dans lequel une galerie de personnages ne va cesser d’Ă©voluer. Si la première partie peut sembler trainer un peu pour remettre en place tous les pions sur l’Ă©chiquier, nous rappeler le contexte et faire revenir Batman sur le devant de la scène, on ne voit ensuite plus le temps passer tant le rĂ©alisateur a de choses Ă  raconter. Que ce soit les destinĂ©es ou les origines des personnages, la figure du hĂ©ros ou Ă©videmment la menace implacable de Bane sur Gotham. Si Batman Ă©tait la vedette d’un Batman Begins traitant de la peur et Joker la star du chaos dans the Dark Knight, ici c’est Ă  Bane de mener la rĂ©volution Ă  Gotham.

Mais Bane n’est pas forcĂ©ment le personnage principal de cette conclusion. Pas plus que Batman, Gordon ou la nouvelle venue Selina Kyle d’ailleurs. Non, la vĂ©ritable hĂ©roĂŻne de The Dark Knight Rises, c’est bien la citĂ© de Gotham. C’est Ă  travers la ville, les menaces qui l’atteignent, les plaies qu’elle devra panser que Christopher Nolan traite des thèmes de notre sociĂ©tĂ© malade. Et après la paranoĂŻa causĂ©e par le terrorisme dans le prĂ©cĂ©dent volet, c’est de crise Ă©conomique et de rĂ©volution politique dont il est question ici. Ou comment la peur, le dĂ©sespoir, la pauvretĂ© et bien d’autres facteurs de sociĂ©tĂ©s perdant leurs repères peuvent mener de nouveaux leaders Ă  s’octroyer le pouvoir sur un peuple rĂ©duit au silence.
En cela, Nolan poursuit et vient conclure le discours qu’il avait brillamment entamĂ© dans les deux prĂ©cĂ©dents volets. Cependant, c’est ici parfois bancal, souvent traitĂ© de façon assez grossière et si le sujet d’Ă©tude est passionnant, c’est cette fois trop maladroit pour accrocher pleinement.

A cĂ´tĂ© de Gotham qui prend autant de coups que Batman (le second Ă©tant d’ailleurs l’esprit de la première, leurs destins ne peuvent ĂŞtre que liĂ©s), Nolan nous montre toutefois un certain espoir au travers de Gordon et du jeune flic John Blake. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont simples. Au contraire, entre dilemme moral et secrets enfouis, ils se rĂ©vèlent plus complexes qu’il n’y parait. C’est d’ailleurs aussi et surtout le cas de Bane ou Selina Kyle.
En ce sens, les personnages sont particulièrement bien Ă©crits et passionnants, Catwoman la première (mention spĂ©ciale Ă  Anne Hathaway particulièrement Ă  l’aise dans la combinaison de la voleuse faisant taire toutes les rumeurs et montrant un investissement physique et psychologique Ă©tonnant) mais aussi Alfred (Michael Caine sacrĂ©ment touchant) et Ă©videmment Bruce Wayne (Christian Bale dans une sobriĂ©tĂ© et en mĂŞme temps une intensitĂ© qui lui vont particulièrement bien).

Avec une telle ambition et une galerie de personnages foisonnante, Nolan s’est donnĂ© les moyens de mettre en place sa vision, l’ampleur du rĂ©cit qu’il a imaginĂ©. En cela le film est vraiment impressionnant, de l’ouverture aux poursuites en passant par la destruction d’un stade comme on a pu le voir dans la bande-annonce. Le rĂ©alisateur, avec l’appui de la musique d’Hans Zimmer maintient une tension Ă  tout instant, pendant 2h45 dont on ne dĂ©croche pas. Pourtant quelque chose ne colle pas et nous empĂŞche d’apprĂ©cier le spectacle et la destinĂ©e du hĂ©ros.
En effet, on savait Nolan peu Ă  l’aise avec les scènes de bagarre mano Ă  mano et ce dĂ©faut nuit ici grandement au choc qu’imposait l’un des tournants du film et qui ne se produit que moyennement. De mĂŞme, l’utilisation de facilitĂ©s scĂ©naristiques, d’ellipses temporelles mal gĂ©rĂ©es, de flashbacks sans intĂ©rĂŞt, de lourdes allusions pour les fans et surtout de recettes ramenant la profondeur du rĂ©cit Ă  une histoire dĂ©jĂ  vue dans mille blockbusters dans la dernière partie déçoivent.En effet, alors que le rĂ©alisateur avait amenĂ© ses films dans des terres presque inexplorĂ©es du blockbuster, il y revient d’un seul coup et c’est bien dommage.

Du coup, the Dark Knight Rises n’atteint pas le niveau de son prĂ©dĂ©cesseur. Il lui manque pour ça cette âme chaotique qui le caractĂ©risait et une construction narrative vraiment aboutie. Mais mĂŞme sans cela, Nolan arrive tout de mĂŞme Ă  conclure une histoire ambitieuse qu’il dĂ©roule avec panache depuis Batman Begins, nous offrant l’une des trilogies hĂ©roĂŻques les plus fascinantes du cinĂ©ma.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. Reiben
    26/07/2012 Ă  14:37 | #1

    En effet moins bon que The Dark Knight mais tout de mĂŞme spectaculaire et Ă©mouvant!
    Une des meilleurs trilogie du cinéma.

  2. 28/07/2012 Ă  18:17 | #2

    Moi je prĂ©fère celui-ci malgrĂ© quelques incohĂ©rences (que je prĂ©cise dans ma critique) mais ça reste une belle apothĂ©ose… 3/4

  3. 02/08/2012 Ă  00:00 | #3

    Très belle critique, bien argumentée !
    FacilitĂ©s scĂ©naristiques, d’ellipses temporelles mal gĂ©rĂ©es : d’accord avec vous.
    Combats mal filmĂ©s, flashbacks sans intĂ©rĂŞt : pas d’accord !
    Sans ĂŞtre parfait, TDKR est pour moi la conclusion brillante d’une trilogie qui aura redonnĂ© Ă  Batman ses lettres de noblesse cinĂ©matographiques ! Et rien que pour cela, l’Histoire s’en souviendra.
    Ma critique est ici : http://entre-deux-films.over-blog.com/article-the-dark-knight-rises-ma-critique-du-film-108650443.html
    Une petite analyse personnelle de la fin de la trilogie Nolan : http://entre-deux-films.over-blog.com/article-le-batman-demasque-explications-et-reflexions-sur-la-fin-de-the-dark-knight-rises-108715524.html
    Au plaisir de vous lire !