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Les Crimes de Snowtown, critique

posté le 03/05/2012 FredP

les crimes de snowtown critique

Les Crimes de Snowtown est sorti en vidĂ©o mercredi. PlongĂ©e dans l’horreur d’une banlieue abandonnĂ©e Ă  la tyrannie discrète d’un serial-killer !

Il y a vraiment de bonnes raisons de se pencher sur le cinĂ©ma australien en ce moment. Ses jeunes rĂ©alisateurs sont apparemment très versĂ©s dans le film noir et après David Michod et son fascinant Animal Kingdom, c’est Justin Kurzel qui se penche sur la face sombre du pays favori des surfeurs.

Pour son premier film, Les Crimes de Snowtwon, il nous embarque dans une banlieue mal famĂ©e oĂą le jeune Jamie trouve en John Bunting un père de substitution. Mais plus il apprendra Ă  le connaĂ®tre, plus il prendra conscience de influence qu’il a sur la petite communautĂ© locale et surtout se rendra compte qu’il s’agit d’un dangereux tueur en sĂ©rie.

En lorgnant plus sur le drame social violent que sur le thriller, Justin Kurzel donne tout de suite un visage humain auquel se rattacher. PlutĂ´t que de partir sur une banale enquĂŞte, voir cet ado chercher un père et tomber dans l’horreur devient rapidement aussi poignant qu’Ă©prouvant. Car il s’agit avant tout lĂ  du portrait d’une banlieue dĂ©laissĂ©e et oĂą les habitants enfermĂ©s sans le moindre espoir d’en sortir pour une vie meilleure font la loi, sans l’ombre d’un seul flic en vue. Nous ne sortirons pas du quartier, comme un huis-clos Ă  ciel ouvert et Ă  la chaleur suintante.

Petit Ă  petit, Ă  mesure qu’il rĂ©vèle toutes les intentions du fameux John Bunting, le rĂ©alisateur installe une tension latente sans montrer la violence de face, laissant le soin au spectateur d’imaginer le pire dans les coupes qu’il exerce. Il fait alors de son film un objet Ă©touffant et en mĂŞme temps fascinant devant la complexitĂ© de ses personnages et des rapports qu’ils entretiennent. Car Ă  cĂ´tĂ© de la violence psychologique, le film explore aussi la tendresse d’un père pour son fils de substitution qu’il veut emmener avec lui sur le chemin horrible qu’il parcourt. Basculant ainsi rĂ©gulièrement de moments de tensions intenses en instants plus doux, Kurzel donne un visage humain Ă  l’horreur qui n’en est que plus effrayant.

Pour un premier film, on peut remarquer que Justin Kurzel maĂ®trise parfaitement son rĂ©cit mais aussi l’image. HabillĂ© par une photo naturelle donnant tout son sens Ă  l’aube et au crĂ©puscule et par une musique qui appuie comme il le faut les instants les plus durs qui font basculer la psychologie de Jamie, le film montre bien que son rĂ©alisateur est Ă  suivre de près. Une chose est sĂ»re, l’Australie n’est finalement peut-ĂŞtre pas le paradis que l’on attendait … mais se rĂ©vèle sans doute l’un des meilleurs foyers de rĂ©alisateurs de films noirs.

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