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Culte du dimanche : West Side Story

posté le 30/09/2012 FredP

Aujourd’hui, place Ă  l’une des comĂ©dies musicales les plus importantes du cinĂ©ma amĂ©ricain. Discours sur l’immigration et l’acceptation de la diffĂ©rence dans une grande histoire d’amour avec des personnages forts, des chansons marquantes et  des chorĂ©graphies endiablĂ©es, voilĂ  les composantes de West Side Story.

Comme beaucoup de comĂ©dies musicales, West Side Story est nĂ©e Ă  Broadway en 1957 grâce Ă  Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein mais aussi et surtout avec la mise en scène de l’exigeant Jerome Robbins. Succès modĂ©rĂ© sur les planches, le spectacle est tout de mĂŞme largement applaudit et surtout très apprĂ©ciĂ© par la critique. Assez vite finalement, des producteurs sentent que le sujet pourrait très bien faire un bon film, mĂŞme si le genre de la comĂ©die musicale n’Ă©tait plus au sommet Ă  Hollywood.

Il faut dire que l’histoire de West Side Story a bien tout du grand film populaire avec son histoire d’amour largement inspirĂ©e de RomĂ©o & Juliette transposĂ©e dans les quartiers populaires de New-York oĂą deux gangs rivaux se disputent le contrĂ´le des rues. D’un cĂ´tĂ© nous avons donc les Jets, jeunes blancs de la classe ouvrière, tandis que de l’autre on trouve les Sharks, immigrĂ©s porto-ricains qui rĂŞvent de trouver une place en AmĂ©rique. Et lorsque la sĹ“ur du gang des Sharks tombe amoureux de l’un des leaders des Jets, tout va Ă©videmment mal tourner. Ainsi, West Side Story contraste dĂ©jĂ  avec l’esprit du genre Ă  l’Ă©poque en adoptant un ton plutĂ´t tragique et social, laissant parler la frustration d’une gĂ©nĂ©ration.

Après avoir dĂ©jĂ  abordĂ© plusieurs genres (dont la SF avec le Jour oĂą la terre s’arrĂŞta), le cinĂ©aste Robert Wise s’attelle donc Ă  l’adaptation cinĂ©matographique du spectacle musicale en s’accordant les services de ses crĂ©ateurs et en particulier de Jerome Robbins, chargĂ© de filmer toutes les sĂ©quences dansĂ©es parfois d’une complexitĂ© ahurissante, Ă  l’image de l’introduction ou de la sĂ©quence de « Cool» . Évidemment, les deux rĂ©alisateurs ayant un Ă©go assez important mais dĂ©sirant chacun dĂ©livrer le meilleur film possible, de nombreuses tensions vont perturber le tournage (Robbins quittant la camĂ©ra pour retrouver le rĂ©alisateur plus tard au montage, assurant ainsi au film une chance aux oscars).

Le film dĂ©bute ainsi sur une sĂ©quence de 10 minutes sans la moindre parole. Après des vues aĂ©riennes vertigineuses de New-York, nous entrons sur le territoire des Jets et toute la chorĂ©graphie filmĂ©e dans les rues de la ville (et non en studio comme cela se fait habituellement) nous permet faire le connaissance et par lĂ -mĂŞme de comprendre leur rivalitĂ© avec les Sharks. Une sĂ©quence qui laisse bouche bĂ©e et annonce le meilleur Ă  suivre. Et effectivement, la suite sera toute aussi enivrante, de l’affrontement durant le bal Ă  « cool»  dans le garage sans oubier Ă©videmment l’exaltant « America» , le film regorge de sĂ©quences cultes, inventives, rythmĂ©es et filmĂ©es avec un vĂ©ritable savoir-faire Ă©voquant un pur plaisir de cinĂ©ma qu’ont su capter Wise et Robbins.

Mais le film n’est pas qu’un enchaĂ®nement de sĂ©quences chantĂ©es et dansĂ©es et va bien plus loin en proposant, en plus d’une histoire d’amour romantique Ă  souhait, assez mielleuse au dĂ©but avant de rĂ©vĂ©ler toute sa profondeur dans le final, une vĂ©ritable rĂ©flexion sur la jeunesse amĂ©ricaine, sur l’immigration et l’acceptation des Ă©trangers et la vie difficile dans les quartiers populaires. Autant de thèmes sociaux qui commencent Ă  se faire lourdement ressentir dans le cinĂ©ma des annĂ©es 50 et 60 et qui trouvent ici leur incarnation dans des personnages forts et en particulier Anita qui reprĂ©sente bien cette envie de vivre le rĂŞve amĂ©ricain (Ă©clipsant mĂŞme alors la star du film Natalie Wood).

Avec un film aussi rĂ©ussi, le public se dĂ©place en masse et permettra Ă©galement Ă  la pièce de Broadway de connaitre l’affluence. Mais, dĂ©passant son cĂ´tĂ© populaire, la profession aussi y voit un grand film de cinĂ©ma sur l’AmĂ©rique, ses rĂŞves et ses dĂ©mons. C’est donc un triomphe aux oscars oĂą West Side Story rĂ©colte 10 oscars dont ceux de meilleur film, rĂ©alisateurs, acteur et actrice dans un rĂ´le secondaire (il ne pouvait en ĂŞtre autrement pour les performances de George Chakiris et Rita Moreno) mais aussi pour sa direction artistique, ses costumes, sa musique, … de quoi faire alors entrer cette comĂ©die musique au panthĂ©on du cinĂ©ma amĂ©ricain pour des dizaines d’annĂ©es et ça fonctionne encore aujourd’hui avec le mĂŞme succès.

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