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Culte du dimanche : The Dark Knight

posté le 22/07/2012 FredP

Avec  la sortie de the Dark Knight Rises, impossible de ne pas revenir sur le précédent volet de la trilogie de Christopher Nolan. Après avoir parlé de Batman Begins, reparlons de The Dark Knight, du légendaire Joker et de cette parabole dense sur la paranoïa américaine.

A l’ouverture de ce blog, le premier film de cette rubrique Ă©tait dĂ©jĂ  The Dark Knight. Mais l’article de l’Ă©poque revenait plus sur le succès et les qualitĂ©s basiques du film (jeu des acteur, mise en scène, premier niveau intense de l’histoire …). Chemin faisant sur le blog, cette chronique ne me parait plus aujourd’hui assez complète et Ă  la hauteur du film. Avec l’arrivĂ©e de the Dark Knight Rises, il Ă©tait donc temps d’y revenir et d’y apporter plus de profondeur.

Après avoir relancĂ© avec un succès modeste le personnage de Batman en installant un ton rĂ©aliste et en faisant de la pègre la menace principale de Gotham City, Christopher Nolan a pris son temps pour rĂ©aliser une suite Ă  la hauteur. En poursuivant le schĂ©ma initial prĂ©vu par le scĂ©nariste David S. Goyer (inspirĂ© par le rĂ©cit A Long Halloween que l’on retrouve particulièrement dans la relation entre Batman, Dent et Gordon) et avec son frère Johnathan Nolan, il va explorer davantage Gotham et mettre le hĂ©ros face Ă  son pire ennemi. Ainsi, alors que le film commence sous les meilleurs auspices lorsque Batman aide le nouveau procureur Harvey Dent Ă  coffrer toute la pègre de Gotham, l’espoir renait. Mais tout de suite, un Ă©lĂ©ment perturbateur va venir tout dĂ©rĂ©gler, un personnage imprĂ©visible, sans autre but que celui de crĂ©er la panique et semer le chaos.

Si Batman Begins Ă©tait complètement centrĂ© sur son hĂ©ros, ses peurs et la quĂŞte de vengeance se transformant en quĂŞte de justice, cette suite est directement centrĂ©e sur le Joker. Figure insaisissable, il est l’exact opposĂ© de Batman. Ainsi, nous ne connaitrons pas ses origines exactes mais seulement son but qui est de voir le monde brĂ»ler. Sa quĂŞte de chaos s’oppose ainsi Ă  la soif de contrĂ´le que dĂ©veloppent Dent et Batman pour restaurer la justice et la libertĂ© à  Gotham. Figure du terroriste fou, il entraine Batman dans ses derniers retranchements et va lui imposer de franchir les limites qu’il s’Ă©tait fixer pour l’arrĂŞter, le forçant alors lui aussi Ă  devenir le monstre auquel il s’oppose.
Le Joker dĂ©veloppĂ© par Nolan et Heath Ledger est donc un personnage fascinant qui va changer le destin que pensaient avoir des hommes justes et va aller jusqu’Ă  infecter leurs propres pensĂ©es. Le plus flagrant est ainsi sa manipulation de Dent, chevalier blanc de Gotham, justicier Ă  visage dĂ©couvert, pour en faire un homme dĂ©chu et dĂ©sespĂ©rĂ©, reniant tous ses idĂ©aux au nom de la vengeance. Mais il va aussi forcer Gordon et Batman Ă  cacher la vĂ©ritĂ©, Ă  crĂ©er un martyr pour avoir ne serait-ce qu’un espoir pour que la ville se relève et voit un jour la lumière. Alors Batman prend conscience de son rĂ´le et accepte la part sombre de son travail pour devenir le chevalier noir, celui qui doit agir dans l’ombre et faire le sale boulot pour que le peuple puisse vivre en paix.

A très vers la menace du Joker sur Gotham, Nolan dresse dans the Dark Knight un portrait fascinant d’une AmĂ©rique post-11 septembre en proie Ă  la paranoĂŻa. Ici, les habitants restent cloitrĂ©s chez eux, les rues sont presque dĂ©sertes et ne servent qu’aux dĂ©filĂ©s pour rendre hommage aux disparus ou aux règlements de comptes. La peur habite Gotham et le rĂ©alisateur le montre avec une tension qui habite chaque minute du film. Mais en plus de montrer cette peur, il va aussi montrer que les moyens employĂ©s pour l’apaiser ne sont pas forcĂ©ment les plus Ă©thiques. Du simple fait de faire justice en dehors du cadre de la loi, de violer les juridictions en allant chercher un criminel Ă  Hong-Kong jusqu’Ă  la surveillance de chacun via les tĂ©lĂ©phones portables, tous les moyens les plus dĂ©sespĂ©rĂ©s sont utilisĂ© pour tenter de ramener l’ordre. Le rĂ©alisateur donne donc ici une vision pessimiste des forces de l’ordre aux Etats-Unis après le 11 septembre et va jusqu’Ă  tuer la femme pour le montrer.
Mais au milieu de tout cela, il y a une lueur d’espoir. Car si la justice, la police et mĂŞme les hĂ©ros ont Ă©chouĂ© face au chaos (Dent, Gordon et Batman on chacun perdu face au Joker), au travers des la tension qui s’inscrit dans la sĂ©quence opposant les passagers des deux ferries, le peuple Ă  montrĂ© qu’il ne s’y soumettrait pas, qu’il ne s’autodĂ©truirait pas et qu’il valait donc la peine d’ĂŞtre sauvĂ© et de se battre pour lui.

Si the Dark Knight est en tout point rĂ©ussi dans le genre du thriller et du film de gangster dans la lignĂ©e de Heat (rĂ©fĂ©rence assumĂ©e par son rĂ©alisateur) qui donnerai presque Ă  Batman sa place dans notre monde, il est donc aussi un film d’une densitĂ©, d’une richesse et d’une profondeur incroyable qui n’hĂ©site pas Ă  montrer la noirceur de l’AmĂ©rique et de ses hĂ©ros. Il ne nous reste donc maintenant plus qu’Ă  savoir de quelle manière Nolan conclura sa trilogie pour connaitre a destinĂ©e du hĂ©ros mais aussi et surtout de Gotham.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 22/07/2012 Ă  14:02 | #1

    Il restera le meilleur opus de la trilogie, mĂŞme si le 3e a un final assez grandiose ^^

    http://www.lebleudumiroir.fr/?p=504